Un incident nucléaire s'est produit en Belgique © TF1/LCI
Découvrez le témoignage de Michel Boland,
de l'Institut des radioéléments de Fleurus
Les autorités belges ont déjà été vivement critiquées pour leur gestion de l'incident nucléaire de Fleurus, minimisé dans un premier temps, avant que sa gravité réelle ne soit révélée. La fuite d'iode radioactif, que l'Institut des radioéléments (IRE) produit pour l'industrie médicale, avait été présentée initialement par les autorités comme totalement sans conséquence pour la population. Mais jeudi soir, lorsque de nouvelles analyses ont révélé des taux de contamination plus élevés que les premiers tests réalisés, les autorités belges ont recommandé aux habitants de Fleurus et des villages situés dans un rayon de 5 kilomètres alentour de ne plus consommer les fruits et légumes de leur potager et de s'abstenir de boire l'eau de sources ou de pluie.
L'Agence fédérale belge de contrôle nucléaire reconnaît désormais que l'incident, qui s'est produit le week-end dernier, était "sérieux" et l'a placé au niveau 3 sur l'échelle Ines de classement des incidents nucléaires, qui compte sept degrés. Il apparaît donc comme le plus grave qu'ait connu la Belgique. Mais les révélations faites ce week-end par la presse de Belgique posent en outre de nouvelles questions, gênantes, sur la sécurité du site.
Erreur humaine ou défaillance technique ?
Alors qu'une réunion consacrée à l'analyse des causes de l'accident est prévue ce lundi, les quotidiens Le Soir et La Libre Belgique évoquent ainsi les conclusions d'un audit de l'Agence de contrôle nucléaire qui pointait, plusieurs mois avant la fuite radioactive, "l'absence d'exigences de sûreté et de documents écrits". Dans les colonnes de La Libre Belgique, le président de l'Institut des radioéléments, Philippe Busquin, reconnaît : "On ne sait pas encore si l'incident est dû à un manquement dans le comportement de l'humain ou s'il s'agit d'une défaillance technique". Pour sa part, l'organisation écologiste Greenpeace dénonce : "Le désinvestissement politique que nous observons en Belgique est parfaitement irresponsable".
En attendant les explications, c'est toujours l'inquiétude dans les environs de Fleurus. Les recommandations faites vendredi par la police à grand renfort de haut-parleurs sont toujours d'actualité, même si le périmètre concerné a été réduit à la suite d'une réunion de crise qui s'est tenue samedi matin. Selon le ministère de l'Intérieur, les prélèvements effectués vendredi ne détectaient plus de radioactivité, ni dans l'air, ni dans l'eau.
Mais "que fait-on des gens qui ont mangé des légumes ? Pourquoi avoir attendu autant de jours avant d'annoncer des mesures ?", s'interroge le député Vert Jean-Marc Nollet, qui a réclamé l'ouverture d'une enquête indépendante. Des craintes et des interrogations partagées par la riverains : "Samedi dernier, on nous disait que ce n'était rien, mardi c'était déjà plus grave et aujourd'hui, c'est la catastrophe", peste Richard Charlier, un plombier qui travaille dans un quartier situé à quelques centaines de mètres seulement de l'Institut des radioéléments. Quant à l'IRE lui-même, interdiction est faite aux journalistes de photographier les bâtiments, hauts de deux étages et surplombés par une grande cheminée, installés dans une vaste zone industrielle au nord de Charleroi, la grande ville industrielle wallonne.
Avec agences
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