Le lâcher de l'ours Balou en Ariège en 2006 © TF1/LCIUn ours a été blessé dimanche par un chasseur dans l'Ariège. Les faits se sont produits au cours de la matinée, lors d'une battue au sanglier sur la commune de Prades. L'un des chasseurs, voyant un animal passer, a fait "un tir d'instinct" et a réalisé ensuite qu'il s'agissait d'un ours, selon la préfecture du département. L'homme a immédiatement prévenu la gendarmerie, qui est venue sur place avec une équipe de suivi technique de l'ours. Dimanche soir, l'animal a été localisé vivant à un vingtaine de kilomètres du lieu de l'accident. Selon la préfecture, il "a été repéré, grâce à son collier-émetteur", mais il n'a pas été retrouvé. Le chasseur est lui toujours entendu par la gendarmerie d'Ax-les-Thermes.
Deux équipes de suivi technique ont entrepris des recherches pour retrouver l'animal et évaluer la gravité de ses blessures. Des traces de sang ont été trouvées à l'endroit du tir. Le préfet de l'Ariège, Jean-François Valette, s'est rendu sur les lieux, situés à la limite des départements de l'Ariège et de l'Aude. Il y a une "forte probabilité" que l'animal blessé soit l'ours Balou, a indiqué la préfecture.
Déjà deux ours morts
L'ours Balou, un mâle de 6 ans, a été relâché dans les Pyrénées le 2 juin 2006 dans le cadre d'un plan de réintroduction de cinq ours slovènes. Deux de ces plantigrades sont depuis lors morts accidentellement : l'ourse Palouma, qui avait fait une chute mortelle fin août 2006 (son corps avait été découvert au bas d'une barre rocheuse, dans un endroit très escarpé) et l'ourse Franska, percutée en août 2007 près de Lourdes sur une 2x2 voies. Cette femelle cristallisait depuis son arrivée une bonne partie du mécontentement des éleveurs en raison de ses nombreuses attaques d'ovins.
Actuellement, la population d'ours dans les Pyrénées est estimée entre 8 et 20 individus, répartis sur l'Ariège, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, l'Aude et le versant espagnol. Et la réintroduction de plantigrades slovènes divise l'opinion publique dans le massif pyrénéen. L'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (ASPAP), à la tête des opposants, dénonce "une écologie de salon" faisant fi des réalités agropastorales, et met en garde contre le danger des ours pour les touristes, les éleveurs et les troupeaux. De son côté, l'Association Pays de l'Ours-ADET (association pour le développement durable des Pyrénées centrales) soutient la réintroduction au nom de la biodiversité. Elle estime également que l'ours est l'une des images de marque des Pyrénées, et génère à ce titre un potentiel touristique.
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