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Bonus-malus : l'avenir du Grenelle en jeu ?

Edité par
le 19 septembre 2008 à 17h13
Temps de lecture
3min
Nathalie Kosciusko-Morizet Jean-Louis Borloo Grenelle

Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Louis Borloo lors de la présentation des conclusions du Grenelle de l'environnement / Crédits : TF1/LCI

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EnvironnementLe bras-de-fer intergouvernemental provoqué par l'extension du bonus-malus écologique incite les ONG à monter au créneau. Le Grenelle de l'environnement risque de rester lettre morte, craignent les associations écologistes.

L'application du Grenelle de l'environnement se joue-t-il en ce moment ? Franck Laval, président d'Ecologie sans Frontières, en est persuadé. "Les opposants au bonus-malus s'attaquent à la logique économique du Grenelle, dénonce-t-il. Ce sont l'emploi et la croissance de demain que défend Borloo !"

Mesure phare du dispositif, le bonus-malus écologique donne lieu à un bras-de-fer musclé au sein même du gouvernement : alors que le ministère de l'Ecologie étudie l'extension de l'écopastille à différents produits de grande consommation, le ministère du Budget et Matignon, soutenus par une partie de la majorité, freinent des quatre fers, dénonçant une mesure coûteuse pour les finances publiques (140 millions d'euros, selon le Budget) et mal perçue par l'opinion publique.

Face à cette cacophonie gouvernementale sur fond de guerre des chefs, Nicolas Sarkozy a décidé de reprendre les choses en main : après Jean-François Copé, le chef de file des députés UMP, ce sont Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet qui ont été reçus vendredi par le président de la République. Selon son entourage, le chef de l'Etat devait rappeler le ministre de l'Ecologie et sa secrétaire d'Etat au respect de la procédure d'arbitrage. "On n'a pas à faire d'annonces tant que les arbitrages n'ont pas été faits", dit-on de source proche du président. "Toute décision d'une telle importance doit être arbitrée à l'Elysée."

"Atermoiements gouvernementaux"

Dans ce climat houleux, selon Franck Laval, Jean-Louis Borloo mobilise tout son réseau, au premier rang duquel se trouvent les ONG. L'Alliance pour la planète -80 associations dont Greenpeace, les Amis de la Terre, le WWF- a ainsi exprimé vendredi ses préoccupations "devant la tournure que prend le processus Grenelle de l'environnement", citant notamment les "atermoiements gouvernementaux sur la fiscalité verte". Et d'affirmer : "Il est plus que temps que le chef de l'Etat fasse respecter par son gouvernement les engagements qu'il a pris publiquement devant la nation le 25 octobre 2007", à l'issue des deux jours de travaux du Grenelle de l'environnement.

"Demander de la concertation à propos de mesures fiscales qui ont fait l'objet l'an dernier, lors du Grenelle, de milliers d'heures de négociations et de bien des nuits blanches est tout simplement ubuesque ! La concertation entre acteurs doit aujourd'hui faire place à un débat parlementaire serein", a déclaré pour sa part Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement (FNE). Pour Sébastien Genest, président de cette fédération d'associations écologistes, "la question n'est pas de savoir qui va gagner la bataille de la communication ou aller à Matignon, (mais) comment faire en sorte que le Grenelle change la vie des Français".

Ségolène Royal est également intervenue dans le débat : "C'est très ennuyeux de voir le gouvernement reculer sur l'exigence environnementale, alors que la France a les moyens d'atteindre l'excellence" dans ce domaine, a-t-elle déclaré. La présidente de la région Poitou-Charente a estimé que les projets de Jean-Louis Borloo allaient "dans la bonne direction" mais que le gouvernement était en train de "céder aux lobbies d'un certain patronat".

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