Image d'archives © LCIIl ne fait pas bon être fumeur aujourd'hui. Campagnes de publicité appelant à arrêter de fumer, messages culpabilisants à destination des fumeurs accusés de donner le mauvais exemple, d'être vecteurs de tabagisme passif et désormais peut-être... de nuire à l'environnement. Car c'est bien en arguant de la protection de l'environnement que trois députés Verts ont déposé une proposition de loi, révélée par Le Parisien, et visant à interdire le chauffage des terrasses des bars et restaurants, symbole selon eux d'un "gaspillage énergétique considérable". Ces fameuses terrasses sur lesquelles les fumeurs se sont réfugiés depuis l'interdiction de la cigarette dans les restaurants...
L'article unique de cette proposition de loi, déposée le 29 octobre par Yves Cochet et ses collègues Martine Billard et Noël Mamère, vise "l'interdiction pour les maires d'autoriser les terrasses qui sont chauffées". Dans le détail, il précise que "le maire ne peut ni octroyer ni renouveler, pour les activités commerciales en terrasse pour le compte de personnes physiques ou morales, un permis de stationnement sur la voie publique ou une autorisation de voirie, si cette occupation est accompagnée d'une installation de chauffage contrevenant aux normes de déperdition thermique (...)".
Avis aux fumeurs : qu'ils gardent leur manteau
"On n'est pas contre les terrasses, mais (on refuse) les terrasses où il y a des braseros électriques ou à gaz", parce que cette façon de "chauffer la rue" est "symbolique" d'un "gaspillage occidental bête", a expliqué Yves Cochet. "Pour une petite terrasse de 12 m2, il faut deux radiateurs", a précisé le député Vert de la 11e circonscription de Paris. Or, "pour un seul radiateur à gaz, la dépense énergétique est d'environ 1 kg de propane à l'heure, et les émissions en gaz à effet de serre sont de 3kg de CO2 à l'heure".
Dans un communiqué publié vendredi, le groupe de tabac britannique British American Tobacco, numéro deux mondial, critique "l'initiative" des trois députés écologistes, soulignant qu'elle fait suite à l'adoption par les députés européens, fin janvier 2008, d'un "rapport demandant à la Commission européenne le retrait des chauffages extérieurs". Dans une lettre au Premier ministre datée de jeudi, la filiale française du groupe appelle François Fillon à "rejeter ces demandes d'interdiction, au nom de la pérennité économique" des "quelque 250.000 lieux de convivialité (bars-tabac, cafés, hôtels, restaurants, discothèques, casinos) que compte la France".
"Une étude de l'assureur-crédit Euler Hermes SFAC fait état d'une nette augmentation des faillites sur les six premiers mois de l'année. Les débits de boisson (bars-tabac, cafés) sont les plus touchés par ces fermetures. Au premier semestre, 610 de ces établissements auraient mis la clef sous la porte, soit une augmentation de 56% sur un an, selon cette étude", affirme BAT France. La filiale française précise avoir lancé une "pétition" pour obtenir que les projets européen et français sur le chauffage des terrasses n'aboutissent pas. Argument irrecevable pour Yves Cochet : il a fait valoir "qu'il y a 10 ans il n'y avait pas de braseros et (que) le commerce se portait aussi bien, sinon mieux". Aussi, une telle interdiction "ne détruira pas de l'emploi", a-t-il justifié, proposant aux fumeurs de "garder leur manteau" en terrasse, ou de recourir aux "plaids et couvertures".
D'après agence
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