Image d'archives © Abacapress"L'avenir, ce n'est pas le vent. Je ne sais pas qui a trouvé ça", a déclaré Valéry Giscard d'Estaing devant les 500 personnes rassemblées mercredi à Paris, pour le colloque "Eoliennes : nouveau souffle ou vent de folie ?". L'ancien président, qui a déjà pris position contre cette énergie dans la préface du livre de Jean-Louis Butré L'imposture (1), était l'invité de cette réunion organisée par l'Institut Montaigne. Devant un public acquis à sa cause, VGE a pris, cette fois, la parole pour dénoncer ces moulins à vent modernes qu'il juge trop coûteux pour le contribuable et surtout qui "agressent notre paysage".
VGE en porte-parole anti-éolien, on pouvait s'y attendre. En effet, c'est lui qui a créé, lors de son mandat présidentiel, le Conservatoire du Littoral pour protéger les côtes françaises de la multiplication des constructions. Le paysage de la France lui est cher. Déjà, dans la préface de L'imposture, il s'adressait à Nicolas Sarkozy, lui demandant "de préserver les paysages de France " et avertissant que "notre littoral est menacé lui aussi".
Une énergie trop coûteuse
Mais le respect du paysage n'est son seul argument contre l'énergie éolienne. "Les éoliennes représentent pour la politique énergétique de la France une option inutile et trop coûteuse", a-t-il martelé lors du colloque. VGE dénonce un "puissant lobby qui a imposé un régime d'aides financières abusif". Selon lui, la France n'a pas besoin d'électricité supplémentaire. Il rappelle, d'ailleurs, que la France est l'un des premiers exportateurs d'électricité au monde précisément grâce au nucléaire. Or le coût de revient du kilowattheure éolien est largement supérieur à celui du nucléaire. Et qui règle la facture ? L'Etat, donc les contribuables.
Pour VGE, l'objectif initial est mauvais et une renégociation au niveau européen est indispensable. Selon lui, pour lutter contre le changement climatique, l'Union Européenne devrait fixer des objectifs en termes d'énergies non émettrices de CO2 - ce qui inclut de fait le nucléaire qui représente environ 80% de l'électricité française - et non en termes d'énergie renouvelable.
Après le vent, vient le soleil
Enfin, Valéry Giscard d'Estaing réclame l'organisation de référendums "non pas dans la commune mais dans l'espace où l'éolien apporte une perturbation", avant de se lancer dans un vibrant plaidoyer pour l'énergie solaire. "L'avenir, c'est le soleil ! Si on fait des progrès, les éoliennes disparaîtront d'un seul coup de vent", a-t-il ajouté en riant devant un public conquis.
(1) L'imposture, Pourquoi l'éolien est un danger pour la France de Jean-Louis Butré, Editions du Toucan.
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