Bientôt un 3e réacteur EPR en France ?

le 06 février 2009 à 14h10 , mis à jour le 06 février 2009 à 15h39

En visite à Flamanville vendredi, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il réfléchissait à la possibilité de construire un troisième réacteur nucléaire de type EPR dans les années à venir.

nicolas sarkozy flamanvilleNicolas Sarkozy à Flamanville, le 6 février 2009 © TF1/LCI

Après Flamanville et Penly, la France pourrait se doter d'un troisième réacteur nucléaire de type EPR dans les années à venir. C'est ce qu'a annoncé Nicolas Sarkozy vendredi, en visite sur le chantier de la première centrale nucléaire de nouvelle génération à Flamanville. Des déclarations qui interviennent une semaine après que le chef de l'Etat a annoncé la construction d'un deuxième réacteur de ce type à Penly, en Seine-Maritime.

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"Notre pays a besoin de cet investissement", a-t-il plaidé, évoquant le vieillissement du parc nucléaire français, la nécessité de "maintenir au meilleur niveau" le savoir-faire national en la matière et sa volonté de faire de la France "une exportatrice d'électricité". "Notre stratégie, c'est le developpement du nucléaire avec l'EPR et la 3e génération, on en a deux de signés, je réfléchis à la possibilité d'un troisième dans les années à venir", a insisté Nicolas Sarkozy.

"Que l'on travaille tous ensemble"

Le chef de l'Etat a également insisté sur sa volonté d'"investir massivement dans les énergies renouvelables", comme l'impose l'ambitieux plan de lutte contre le réchauffement climatique adopté en décembre par les 27 pays de l'Union européenne. Un "paquet" qui impose à la France 23% d'énergies renouvelables dans sa consommation en 2020. "Franchement, on a les moyens de faire les deux, même les trois", a insisté Nicolas Sarkozy en y ajoutant les "économies d'énergie".

Mais pour y parvenir, le chef de l'Etat a demandé la collaboration de tous les groupes français du secteur, parfois concurrents à l'étranger, citant EDF, Areva, le groupe privé GDF-Suez, le fabricant de turbines Alstom, le pétrolier Total et Bouygues, actionnaire à 30% d'Alstom. "Il faut maintenant que l'on travaille tous ensemble", a-t-il dit. "Il y a le monde à conquérir en matière d'énergie et la France, qui n'a pas de pétrole et qui n'a pas de gaz, doit devenir exportatrice", a-t-il souligné.

S'agissant plus particulièrement du spécialiste du nucléaire Areva, Nicolas Sarkozy a déclaré que l'Etat devait réfléchir aux partenariats industriels qui lui seraient les plus profitables. "C'est une réflexion qui ne s'improvise pas, qui prendra quelque temps, mais je souhaite qu'elle aboutisse prochainement parce qu'elle est désormais nécessaire", d'autant que l'allemand Siemens vient de décider de mettre un terme à son alliance avec le groupe public français, a-t-il dit. Selon lui, tout l'enjeu est que le groupe dirigé par Anne Lauvergeon ne perde pas l'"avance considérable" que lui donnent sur ses concurrents les deux premiers chantiers EPR en cours.

Petite manifestation et haute surveillance policière

Une trentaine de personnes, militants antinucléaires ou élus locaux Verts, ont manifesté vendredi matin à un kilomètre du chantier de l'EPR à Flamanville, placé sous haute surveillance policière pour la visite du président Sarkozy. Le rassemblement des écologistes a eu lieu dans le calme, aux sons des tambours, sur le port de Dielette, à côté de la centrale nucléaire de Flamanville. Les militants ont jeté une gerbe à la mer au son du clairon, en hommage "à l'irradié inconnu" afin d'attirer l'attention sur les "dangers" du nucléaire.

(D'après agence)

le 06 février 2009 à 14:10
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