Bruxelles relance la guerre des OGM

le 02 mars 2009 à 06h30 , mis à jour le 01 mars 2009 à 16h44

Une nouvelle fois, le maïs MON 810 est au coeur de la controverse. Bruxelles pourrait contraindre Autriche et Hongrie, qui ont interdit sa culture, à faire machine arrière. En attendant la France.

Maïs OGM © TF1/LCI

Il ne s'agit pas encore de contraindre la France. Mais elle est dans le viseur, tout comme la Grèce, autre récalcitrante aux cultures d'OGM. En attendant, la Commission européenne s'attaque ce lundi à deux pays : l'Autriche et la Hongrie. Et Bruxelles va s'efforcer, à l'occasion d'une réunion des ministres de l'Environnement, de contraindre les "mauvais élèves" à lever l'interdiction de cultiver le maïs génétiquement modifié MON 810, commercialisé par la multinationale américaine Monsanto. Quant à Paris et Athènes, leur tour viendra au printemps.

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Plus d'infos

La décision de forcer la main à ces quatre pays émane du président de la Commission, José Manuel Barroso. Elle intrigue et irrite plusieurs Etats. "Cette démarche est contreproductive. Beaucoup d'Etats le disent", confie un diplomate français. "L'objectif est difficile à discerner et cela risque de crisper l'opinion à quelques mois des élections européennes. Cela devrait amener la Commission à une certaine prudence".

"Ça se jouera à quelques voix près"

Le renouvellement de l'autorisation accordée en 1998 pour l'importation et la culture du MON 810 est en effet en cours d'examen et l'Autorité européenne pour la sécurité des aliments a demandé à la multinationale des "informations supplémentaires concernant l'impact environnemental". Mais, invoquant une possible plainte contre l'UE à l'OMC, Barroso ne veut pas attendre. Face aux divisions des pays membres, très fortes sur le dossier OGM, il compte sur un mécanisme de décision complexe pour imposer la levée des interdictions.

Les ministres de l'Environnement vont donc voter ce lundi pour ou contre les interdictions autrichienne et hongroise. La décision sera prise à la majorité qualifiée - chaque pays dispose d'un nombre de voix proportionnel à sa population - qui impose de réunir 255 des 345 suffrages. "Ça se jouera à quelques voix près", prédisent plusieurs délégations. Quatre pays - Royaume-Uni, Suède, Finlande et Pays-Bas - ont indiqué leur intention de voter la levée des interdictions en Autriche et en Hongrie. Ils réunissent 59 voix. Dix-neuf pays doivent voter contre. Ils totalisent 214 voix, loin de la majorité qualifiée. Et quatre pays n'ont pas encore pris leur décision : l'Allemagne, l'Espagne, la Belgique et l'Estonie.

Si la majorité qualifiée n'était pas atteinte, la Commission aurait malgré tout le droit de faire lever les clauses autrichienne et hongroise. Mais il serait difficile de justifier une décision prise contre une majorité de pays. Si au contraire une majorité qualifiée votait contre la Commission, ce serait un désaveu pour Barroso, candidat à un nouveau mandat à la tête de la Commission.

D'après agence

le 02 mars 2009 à 06:30
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8 Commentaires

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  • Cverlet, le 02/03/2009 à 11h38

    La population n'en veut pas des OGM. Stop à ce lobbying sur la Commission Européenne. Baroso doit partir

  • Bibiderosny, le 02/03/2009 à 11h17

    Non aux produits modifiés, nous en voulons pas, que les Américains gardent leurs saloperies, il est prouvé par plusieurs scientifiques que le MON 810 est nocif pour la santé, alors pourquoi irions nous en manger.

  • LANTONNAIS, le 02/03/2009 à 10h38

    Tous les sondages prouvent que 70 à 75 % des français sont opposés aux cultures OGM en plein champ et ne veulent pas d' OGM dans leurs assiettes.Le dernier salon de l'agriculture a été placé sous le signe du développement durable dont les OGM sont exclus.Vouloir passer outre à une volonté populaire est extrémement dangereux à quelques mois des élections européennes.

  • Els, le 02/03/2009 à 10h31

    Il est incroyable que l'on persiste à vouloir imposer à certains pays, contre l'avis d'une grande majorité de leurs habitants, la culture de maïs OGM. Qu'on argumente comme on le voudra, les gens n'en veulent pas. Bien des agriculteurs dans le monde font un bilan mitigés de leurs cultures OGM, après plusieurs années de pratique. Il y a également des études scientifiques sérieuses qui sont en cours sur leur intérêt réel. Les OGM semblent ne pas répondre à toutes leurs promesses. Attendons avant de nous lancer dans des cultures potentiellement dangereuses. Quant aux arguments "scientifiques" avancées par maints chercheurs, comme par les fabricants, il suffit de prendre l'exemple d'un célèbre désherbant présenté comme étant biodégradable, chose attestée par maintes études "scientifiques" et dont le producteur a été condamné à plusieurs reprises pour publicité mensongère... Certains laboratoires commencent même à penser que ce produit est dangereux pour la santé, si cela s'avère être exact, on ne devrait pas en rester à ces condamnations. Il s'agit souvent des mêmes fabricants pour les OGM, pourquoi les études scientifiques qu'ils nous présentent devraient-elles être plus exactes ? Il est urgent d'attendre.

  • Alain, le 02/03/2009 à 10h20

    Le problème est simple : la critique des OGM sous le couvert de la santé est exclusivement centrée sur le monopole de Monsanto, firme américiane. Cette critique est donc purement idéologique et on peut la comprendre. Mais alors, si, en France, le moustachu Bové n'avait pas détruit les cultures transgéniques nécessaires à l'étude de ces plantes nouvelles, des firmes françaises publiques ou privées auraient pu contrer le monopole de Monsanto. Hélas à cause de la calamité Bové, la France ne pourra pas dans un avenir proche réaliser cet objectif ; pendant ce temps, l'Inde, la Chine et le Brésil ont la voie royale pour mettre au point ces OGM. Navrant !

  • Saturnin44, le 02/03/2009 à 10h16

    Et Monsieur BARROSO, est-ce qu'il va en manger des OGM. Je compte sur lui pour nous montrer l'exemple. Cela dit, s'il veut manger de la M...., qu'il le fasse, mais qu'il ne nous y oblige pas. Il y a déjà bien assez de contraintes de BRUXELLES sur l'alimentaire, en particulier le fromage ou la commission veut uniformiser le goût. Nos enfants et petits enfants ne pourront bientôt plus savoir ce que c'était les bons produits fermier.

  • Tipoussy, le 02/03/2009 à 09h18

    Des documents diffusés à la télé montrent clairement que les cultures de Mosanto sont nocives pour les sols et l'environnement ainsi que pour la santé. Je m'étonne donc de l'obstination du Président de la commission Européenne de contraindre certains pays à cultiver ces cultures. Y aurait-il des pots de vin qui trainerait du côté de Bruxelles, fort possible à mon avis. Il faut remettre en question ce fonctionnement de la Commission.

  • Jean-Marc, le 02/03/2009 à 07h52

    214 contre 59 pour, dans tout les cas, le pour sera battu.... et le choix revient donc a un seul homme : baroso intringuant en effet, on se demande ce qu'il a a y gagner? on se demande pourquoi d'ailleurs, le choix dun pays, se retrouve dans les mains d'un homme qui n'en a meme pas la nationalité d'ailleurs

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