Les dégâts de la tempête Klaus sur la forêt dans la commune de Saint-Avit, près de Mont-de-Marsan (25 janvier 2009) © Jacques Lefebvre-BilliezActuellement, les forêts absorbent plus de carbone qu'elles n'en émettent, grâce à l'utilisation du CO2 par la végétation en croissance. Mais ces gardiennes du climat risquent de ne plus pouvoir jouer leur rôle de "puits de carbone" et la tendance risque au contraire de s'inverser si la température moyenne augmente, avertissent des scientifiques dans un rapport. "D'ici quelques dizaines d'années, avec les dégâts causés par le changement climatique, les forêts pourraient relâcher de grandes quantités de carbone, contribuant ainsi à accélérer le phénomène plutôt qu'à le freiner", estime ainsi Risto Seppala, professeur à l'institut finlandais de recherche sur les forêts, dans ce rapport. Le document, auquel ont contribué 35 experts de différents pays, sera présenté à un forum des Nations unies sur les forêts à New York, qui se déroule du 20 avril au 1er mai.
"Avec un réchauffement mondial de 2,5 degrés celsius par rapport à la période pré-industrielle, les écosystèmes des forêts devraient devenir une source d'émissions nettes et non plus un puits de carbone, augmentant de façon significative les émissions dues aux combustibles fossiles et à la déforestation", explique Alexander Buck, directeur adjoint de l'Union internationale des organismes de recherche sur la forêt dont le siège est en Autriche, à Vienne. "On risque de perdre complètement les services actuels rendus par les forêts si le niveau actuel des émissions de CO2 ne diminue pas fortement".
Une hausse prévisible de 1,1 à 6,4°C
Or, selon le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), la température moyenne mondiale pourrait grimper de 1,1 à 6,4°C d'ici à 2100 par rapport à la fin du XXe siècle. Certes, le réchauffement pourrait contribuer à accélérer la croissance des forêts boréales et à amplifier leur rôle dans l'absorption du CO2. "Mais ces effets positifs seront clairement dépassés par l'impact négatif sur les écosystèmes des forêts - changement d'espèces d'arbres, modification des taux de régénération, augmentation des feux de forêt et invasion d'insectes nuisibles", souligne Alexander Buck.
Jusqu'alors, les experts des négociations sur le climat, dans les discussions sur la forêt, se préoccupent essentiellement de la façon dont on pourrait réduire les émissions dues à la déforestation, fait-il remarquer. "Mais il est également important de garder à l'esprit que les forêts qui resteront seront affectées par le changement climatique d'une façon qui pourrait bien dépasser leur capacité d'adaptation", ajoute-t-il.
D'après agence
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