Autorité environnementale : avant les travaux, les avis

Par M. D., le 06 mai 2009 à 05h30 , mis à jour le 06 mai 2009 à 10h26

Cette instance, installée dans ses fonctions ce mercredi, rendra des avis publics avant la mise en oeuvre de grands projets. Elle évaluera leur impact environnemental dans des avis rendus publics.

autoroute a89Le nouveau tronçon de l'A89 © TF1/LCI

Un tracé d'autoroute, la construction d'une ligne TGV, l'installation d'une ligne à haute tension... Autant de grands projets qui ont un impact sur l'environnement. Désormais, avant de se lancer dans de tels travaux, il faudra compter avec les avis émis en amont par l'Autorité environnementale.

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Cette nouvelle instance est lancée dans ses fonctions ce mercredi par Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie. Son rôle, souligne le ministère du Développement durable, sera d'évaluer les "impacts environnementaux des grandes opérations", nationales ou locales : infrastructures d'énergie, de transport, de télécommunications, de tourisme ; schémas nationaux de transports, orientations de l'État en matière d'urbanisme... Les avis de l'autorité permettront autant d'informer le grand public que d'améliorer la qualité des projets avant leur mise en œuvre.

Avis consultatifs

"L'Autorité environnementale n'est pas une ‘autorité indépendante' au sens juridique et ses avis sont consultatifs", souligne le ministère. Cependant, ajoute-t-il, "le caractère public des avis qu'elle émet, qui sont joints aux dossiers d'enquête publique, leur donne un poids certain vis-à-vis du public, des maîtres d'ouvrage, et des autorités chargés de décider".

Présidée par Michel Badré, l'Autorité environnementale se compose de 15 personnes, dont 10 issues du conseil général de l'Environnement et du Développement durable, l'instance de conseil et d'inspection du ministère. Les 5 autres membres sont "des personnalités qualifiées externes, choisies pour leurs compétences en environnement".

Haro sur les enquêtes publiques 

L'installation de l'Autorité intervient alors que les associations écologistes s'inquiètent pour l'avenir des enquêtes publiques. "Patrick Devedjian a annoncé avoir soumis à la consultation interministérielle un texte visant à relever le seuil de déclenchement des enquêtes publiques", selon France Nature Environnement (FNE). "Le but est de permettre l'autorisation d'un maximum de projets à risques sans concertation et information du public (riverains, associations, élus, etc...)", s'indigne mercredi la fédération d'associations écologistes.

"Cette annonce, réalisée sans aucune consultation préalable, n'a aucun intérêt ni économique ni écologique, souligne Sébastien Genest, Président de FNE. Pire, elle sous-entend que l'écologie ne rime pas avec économie, cette vieille erreur que les acteurs du Grenelle [de l'environnement, NDLR] avaient pourtant enterré."

Les propos du ministre de la relance interviennent après la réforme dite du "3e régime". "La loi portant plan de relance votée le 17 janvier dernier prévoit en effet un assouplissement des conditions d'autorisation de la plupart des installations classées soumises à autorisation au détriment de l'évaluation environnementale, de la concertation etc...", indique la FNE, qui précise combattre cette réforme "avec acharnement".  

Par M. D. le 06 mai 2009 à 05:30
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3 Commentaires

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  • Agnes cartron, le 16/05/2009 à 11h46

    Il était temps, on aurait dû y penser peut-être avant? C'est fait tant mieux, maintenant puisqu'il est question du Grenelle de la Mer, alors que cette instance anticipe le Grenelle pour tout nouveau projet maritime, parce que là il y a urgence.

  • Yann, le 06/05/2009 à 11h58

    Si les projets sont déclarés d'utilité publique, qu'il y ait impact environnemental ou pas, les projets se feront et ce n'est pas une commission qui n'émet que des avis consultatifs qui y changera grand chose. Encore une fois on nous berce d'illusion pour masquer le fait que le seuil des enquêtes public sera relevé et que de fait plus de projets destructeurs pour l'environnement pourront se faire sans avoir de compte à rendre. C'est une honte!! l'environnement et le développement durable sont un domaine économique porteur, générateur d'emploi et en france nous préférons encore une fois ne pas nous en soucier creusant encore un peu plus notre retard dans ce domaine...

  • Trigger, le 06/05/2009 à 08h58

    Une nouvelle autorité qui n'est pas indépendante n'apportera rien de plus, car c'est déjà l'état qui décide la mise en place d'autoroute.

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