Huîtres et moules d'Arcachon bannies des tables

le 29 mai 2009 à 10h35 , mis à jour le 29 mai 2009 à 11h13

Transport, stockage, expédition et vente des huîtres et des moules sont interdits dans le bassin d'Arcachon, à la suite de tests sanitaires défavorables.

Les barques d'ostréiculteurs dans le bassin d'Arcachon (TF1/LCI)Les barques d'ostréiculteurs dans le bassin d'Arcachon (TF1/LCI) © TF1/LCI

Mauvaise nouvelle pour les ostréiculteurs du bassin d'Arcachon. En raison de tests sanitaires défavorables, la préfecture de la Gironde a interdit jeudi la consommation de la plupart des huîtres et moules du bassin. "Les tests biologiques effectués ce jour par le réseau de surveillance sanitaire de l'Ifremer (...) se sont révélés positifs (...) à l'exception du test réalisé sur l'échantillon d'huîtres prélevé sur la zone de production du banc d'Arguin", a détaillé la préfecture.

Cette nouvelle interdiction survient alors que le secteur, déjà très fortement touché par la tempête Klaus et qui a dû faire face à d'importantes pertes de coquillages, compte sur la consommation pour se relever. Et l'annonce de ces tests défavorables fait aussi suite à une succession d'interdictions semblables, qui provoquent chaque année difficultés et colère des conchyliculteurs, dont certains ont dû mettre la clé sous la porte. Car les tests pratiqués par l'Ifremer sont contestés depuis longtemps, mais aucune procédure de remplacement n'existe à l'heure actuelle.

Par quoi remplacer les "tests de la souris" ?

Les "tests de la souris" consistent à injecter des extraits d'huîtres à des souris pour déceler la présence éventuelle dans les huîtres et les moules de micro-algues toxiques pour l'homme. Ils sont effectués de façon systématique, au moins une fois par semaine, pendant la "période à risque", du 1er avril au 31 août. Mais ces tests présentent des failles : ainsi en 2006, les rongeurs mouraient alors que les analyses chimiques ne montraient pas de traces de dinophysis, la micro-algue toxique la plus commune en France.

Précisément, des propositions lancées par le Comité National de la Conchyliculture pour d'autres types de tests restent pour l'heure sans réponse. Les conchyliculteurs proposent des tests sur une durée plus réduite (cinq heures) et mettant en parallèle tests biologiques et chimiques, et prélèvements dans l'eau du bassin d'Arcachon. Problème : le test de l'Ifremer est à l'heure actuelle le seul réglementaire au niveau européen.

En attendant, la préfecture s'en tient donc au principe de précaution. "La consommation de coquillages non conformes peut entraîner des désagréments gastriques dans la majeure partie des cas, mais également des troubles plus importants chez les personnes fragilisées. La cuisson ne détruit pas la toxine", rappelle la préfecture. En conséquence, "la pêche, le ramassage, le transport, le stockage, l'expédition, la vente et la consommation des moules et des huîtres" du bassin a été interdite, "à l'exception des huîtres provenant de la zone de production d'Arguin, sous réserve de la mise en oeuvre de mesures de traçabilité rigoureuses". Une interdiction qui "reste valable tant que deux analyses consécutives ne se seront pas révélées négatives". Date prévue du prochain prélèvement : le 1er juin. Les résultats seront connus le 4 juin.

le 29 mai 2009 à 10:35
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