Il ne subsiste 350 à 450 phoques-moines de Méditerranée. © Zoea/CENEAM-MMADès 2010, la vente des produits dérivés du phoque devrait être interdite au sein de l'Union européenne, selon un projet de règlement définitivement adopté mardi par le Parlement européen à la suite d'un accord avec le Conseil. Le vote a été acquis par 543 voix contre 56 et 39 abstentions. A l'heure actuelle, selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments, près de 750.000 phoques d'au moins quinze espèces sont abattus et dépecés chaque année à des fins commerciales, le Canada, le Groenland et la Namibie comptant pour environ 60% de la totalité des phoques abattus en 2006.
Le Canada prêt à déclarer la guerre aux phoques gris
Les autorités canadiennes envisagent de tuer en cinq ans plus de 200.000 phoques gris, accusés de décimer les stocks de morue.
Publié le 29/05/2010
Le texte, qui concerne notamment la viande, l'huile, la graisse, les organes ou la peau de ces mammifères marins, autorise deux exceptions. La première concerne les produits issus des formes de chasse traditionnellement pratiquées par les Inuits, peuple des régions arctiques de la Sibérie et de l'Amérique du Nord, et dont la vente est nécessaire à leur subsistance. La seconde est relative aux produits résultant d'une chasse autorisée par les autorités nationales pour réguler les stocks de poissons, dont les phoques sont friands, à condition que cette mise sur le marché n'ait pas de finalité commerciale.
Les phoques, des animaux "sensibles"
Bien que les populations de phoques concernées ne soient pas en danger, cette interdiction vise à empêcher les méthodes de chasse jugées cruelles et ne garantissant pas une mort instantanée. Les phoques, des animaux "sensibles" et qui "peuvent ressentir la douleur, la détresse et la peur", rappelle le règlement dans ses attendus, sont souvent assommés et écorchés sans garantie qu'ils ne soient plus conscients.
Le Canada, l'un des principaux pays exportateurs de produits dérivés du phoque, a menacé de contester la décision européenne devant l'Organisation mondiale du commerce. Il est vrai que ce pays est l'un des plus concernés parmi ceux qui sont visés par ce projet de directive, puisque 275.000 phoques sont tués entre la mi-mars et la mi-mai par les chasseurs canadiens. Il est vrai aussi que l'embargo décidé mardi par l'UE s'ajoute aux embargos décrétés par les Etats-Unis et le Mexique, deux des principaux partenaires commerciaux du Canada.
Les relations Canada-UE n'ont rien à craindre
Il est vrai enfin que cette préoccupation manifestée envers la souffrance d'animaux non menacés d'extinction pourrait, en toute logique, être étendue à toutes les formes de souffrances animales - à commencer par celles qu'endurent tous les animaux d'élevage qui passent chaque année dans les abattoirs. A titre d'exemple, il est assez fréquent que les poulets, qui sont censés être assommés lors de leur passage à l'abattoir avant d'être ébouillantés pour être plumés, restent en fait vivants et conscients durant une bonne partie du processus. Ce qui rappelle finalement le sort des phoques, assommés mais toujours conscients lors de leur dépeçage. Or, il n'existe pas de projet d'interdiction de vente des produits dérivés de poulet. Un type d'argument que pourrait légitimement brandir le Canada pour contester devant l'OMC l'interdiction dans l'UE des produits dérivés du phoque.
Néanmoins, si la décision européenne "aura un impact économique pour le Canada", elle ne "devrait pas avoir de conséquences sur les relations entre l'UE et le Canada", estime l'eurodéputé socialiste britannique Arlène McCarty. "Les relations économiques entre le Canada et l'UE représentent 25 milliards d'euros et le commerce des produits dérivés des phoques seulement 4,2 millions d'euros", rappelle-t-elle.
D'après agence
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