© sxc.huL'étape est symbolique et elle marque l'ouverture officielle de la grande bataille pour le contrôle de l'eau courante en région parisienne : trois groupes, Veolia, Suez Environnement et Derichebourg ont déposé vendredi une offre auprès du Syndicat des eaux d'Ile-de-France (Sedif) pour l'énorme contrat de distribution d'eau dans 144 communes de la région. Quatrième candidat présélectionné par le Sedif en avril, la Saur semblait pour sa part absente vendredi soir. Les plis comportant les offres doivent être ouverts la semaine prochaine par la commission de délégation de service public du Sedif, qui comprend cinq élus. Celle-ci rendra à la mi-janvier un avis sur les offres et sur leur admission à la phase de négociations, qui débutera en février. Le prochain contrat sera ensuite définitivement attribué après un vote des élus du Sedif qui doit avoir lieu au printemps. L'appel d'offres porte sur un contrat d'une durée de 10 ans, éventuellement prolongeable à 12 ans.
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Le marché suscite les appétits. Le Sedif fournit en eau potable quatre millions de Franciliens. Veolia (ex-Générale des Eaux), numéro un mondial de l'eau, et qui se partage avec Suez l'essentiel du marché de la distribution d'eau en France, gère ce service francilien depuis 1923, sous forme d'une délégation de service public. D'un montant de 371 millions d'euros annuels, le dernier contrat, signé en 1962, expire fin 2010. Et à l'heure du renouvellement, le numéro un voit son challenger Suez tenté de chasser sur ses terres. L'outsider Derichebourg, spécialiste notamment de la collecte et de la valorisation des déchets, a, quant à lui, créé pour cet appel d'offres une entreprise commune baptisée Dedis avec l'allemand Remondis (eau et recyclage).
Veolia se battra "jusqu'au bout"
Ce marché - le plus important dans la distribution d'eau en Europe - constituant une de ses plus belles vitrines mondiales, Veolia a déjà prévenu que le groupe se battrait "jusqu'au bout" pour le conserver. Ses concurrents, eux, dénoncent à mots à peine couverts l'avantage déjà acquis par le sortant, qui gère le service depuis 87 ans. Suez Environnement avait en particulier défendu en vain la division du marché en lots, jugeant qu'un appel d'offres portant sur tout le marché avantageait Veolia qui connaît parfaitement le réseau.
Outre la question d'un éventuel allotissement, le renouvellement du contrat a donné lieu depuis plusieurs mois à d'autres polémiques, notamment sur le prix de l'eau distribuée ou le choix d'une régie publique ou d'une délégation de service public. Une dizaine de membres d'un collectif d'usagers ont brièvement occupé le siège parisien du Sedif vendredi matin pour dénoncer "l'opacité" du syndicat et les "surfacturations". L'UFC Que Choisir avait pour sa part évalué la "surfacturation" de l'eau francilienne à 90 millions d'euros par an. Une étude commandée par le Sedif lui-même avait ensuite suggéré que des économies de 35 à 42 millions d'euros par an pouvaient être réalisées en rénovant le mode de gestion actuel. L'appel d'offres évoque désormais clairement la mise en place de garde-fous, notamment l'instauration d'une "tarification sociale" et une rémunération "plafonnée" du délégataire.
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