Guerre de tranchées en vue à la Commission baleinière

le 22 juin 2009 à 05h35 , mis à jour le 21 juin 2009 à 12h09

Face aux positions irréconciliables des pro et anti chasse à la baleine, la réunion de Madère, cette semaine, peut tout au plus espérer un maintien du statu quo.

[Expiré] baleine cétacé © sxc.hu

Au fil des années, la Commission baleinière internationale, unique organisation mondiale de régulation de la pêche à la baleine, est devenue le théâtre d'affrontements récurrents entre pro et antichasse. La réunion qui se tient cette semaine sur l'île portugaise de Madère ne devrait pas faire exception. Les pays chasseurs contestent un moratoire interdisant depuis 1986 la pêche commerciale, arguant qu'il ne s'agissait que d'une mesure temporaire. Ceux qui militent pour la protection des grands cétacés veulent au contraire pérenniser le moratoire et le durcir. Ni les uns, ni les autres ne croient à l'émergence d'un nouveau compromis, tant paraissent irréductibles les positions de chaque camp.

Pour éviter la rupture qui menace l'existence même de l'organisation, les pays membres devraient tenter de maintenir l'équilibre actuel afin de poursuivre leurs âpres négociations. "A court terme, il ne serait pas mauvais que les choses restent comme elles sont", reconnaît Jorge Palmeirim, commissaire du Portugal, pays hôte.

Chasse scientifique et chasse traditionnelle

Créée en 1946 par 15 pays baleiniers afin d'assurer la conservation des populations, l'organisation, dont le secrétariat permanent est basé à Cambridge, au Royaume-Uni, réunit ainsi chaque année dans un pays différent ses pays membres, aujourd'hui au nombre de 85, pour dresser un état des lieux de la ressource et adapter la réglementation, à travers la création de sanctuaires marins, la protection de nouvelles espèces ou l'établissement de quotas et de dates de pêche. Une trentaine d'associations environnementales dont Greenpeace y ont un statut d'observateur sans droit de vote. Les compétences de la Commission se sont élargies au fil des ans avec la prise en compte des problèmes environnementaux, l'observation des baleines et des petits cétacés.

Face aux menaces d'extinction des baleines (la plupart des espèces ont vu leurs populations réduire de plus de 80% durant l'ère de la chasse industrielle), la Commission baleinière a progressivement adopté une attitude plus protectrice. D'où le fameux moratoire de 1986 interdisant la chasse commerciale, mais autorisant, selon des quotas précis, la chasse à des fins scientifiques, que pratique notamment le Japon, et la chasse traditionnelle de subsistance, pratiquée par des peuples autochtones (Sibérie, Alaska, Groenland, Saint-Vincent-et-les-Grenadines). Outre ces entorses autorisées au moratoire, les décisions de la Commission peuvent être contournées par les Etats-membres qui disposent d'un "droit d'objection". Ainsi la Norvège et l'Islande, qui a repris la chasse en 2006, continuent de tuer des cétacés à des fins commerciales.

Lors de son dernier sommet en 2008 à Santiago du Chili, la Commission baleinière avait constitué un "groupe de travail réduit", chargé de négocier un accord intérimaire sur les questions jugées les plus urgentes, parmi lesquelles la pêche scientifique. Faute de progrès suffisant dans les discussions, ce groupe a publié le mois dernier son rapport dans lequel il propose de "poursuivre ses efforts pour une année de plus" et de différer toute décision à 2010, lors du 62e sommet. Pas de décision attendue, donc, sur un projet d'accord qui permettrait au Japon de reprendre la chasse commerciale au large de ses côtes, en échange d'une réduction de ses prises "scientifiques" en Antarctique. Les autres points de crispation aiguë étant l'intention prêtée au Danemark de relancer la pêche à la baleine à bosse, espèce très protégée, au Groenland. Ou encore le cas de l'Islande, qui a décidé cette année d'augmenter très fortement ses quotas. Une décision condamnée par sept pays, dont la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Allemagne.

D'après agence

le 22 juin 2009 à 05:35
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5 Commentaires

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  • Vttiste95, le 23/06/2009 à 15h29

    Honte a ces pays . j'avais l'intention d allez en ISLANDE en septembre/octobre avec des amis, eh bien ce pays se passera de ma présence . je sais bien que ce n 'est pas grand chose mais comme ça ma conscience sera tranquille .

  • KM, le 23/06/2009 à 09h47

    Je me souviens des efforts et des sommes pharaoniques engagées par certains pays de l'ONU pour sauver des baleines prises dans les glaces du pôle pour que quelques jours plus tard , elles soient harponnées par d'autres pays de l'ONU. Ce truc ubuesque qui , aujourd'hui et tout le monde s'en rend compte, ne sert à rien dans plus rien

  • Karine, le 22/06/2009 à 15h46

    A l'heure actuelle, as t on besoin de baleines pour se nourrir ou se chauffer? La réponse est non. Quelle est la raison pour laquelle le Danemark souhaite relancer la pêche à la baleine? Ils n'en ont aucune utilité. Quand au fait d'avancer l'argument de la pêche traditionnelle, cet argument n'a plus court. Cela était bon il y a 100 ans.

  • Martina, le 22/06/2009 à 14h26

    HONTE au Japon qui depuis des années traque sans relâche les baleines pour des pseudos études scientifiques ! alors que l'on sait très bien que la baleine est une viande que l'on retrouve dans les restaurants au Japon. HONTE au Danemark qui vient de décider de reprendre la pêche PAUVRES BALEINES PAUVRE MONDE pour ceux qui n'ont encore rien compris, regarder attentivement le film HOME !

  • Rozenn, le 22/06/2009 à 10h31

    Laissez donc les baleines tranquilles ! C'est une honte que cette chasse lamentable continue, est-ce qu'il va falloir attendre qu'il n'existe plus de baleine pour réagir ?

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