© CNRS Images/IPEVLa fonte des glaces arctiques s'accélère. Ce qui se traduit par une réduction de leur superficie mais aussi, chose longtemps passée inaperçue, par une banquise qui s'affine. Toutes les observations des scientifiques relèvent régulièrement une aggravation de la situation que nul n'avait anticipée. Dernières en date, de nouvelles mesures effectuées par un satellite de la Nasa, ICEsat, montrent que l'épaisseur des glaces arctiques permanentes a fortement diminué entre les hivers 2004 et 2008. Elle s'est réduite de 1,54 million de kilomètres carré, soit environ trois fois la superficie de la France.
Jusqu'alors les chercheurs dépendaient des mesures établies uniquement en certains endroits, pour déterminer l'étendue et l'épaisseur de la couche de glace de l'océan Arctique. Ces mesures faites par satellite apportent donc une vision globale, et inquiétante, de l'état de la banquise. Elles montrent que le volume des glaces dites de première année, qui se reforment après la fonte de l'été arctique, sont désormais, et pour la première fois depuis que ces mesures sont effectuées, plus importantes que les glaces plus permanentes ou multi-annuelles. Des résultats analysés par Ron Kwok, un chercheur du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, dans une étude publiée dans le Journal of Geophysical Research-Oceans.
Le cercle vicieux de la fonte des glaces
En 2003, 62% du volume des glaces arctiques était formé de glaces multi-annuelles et 38% de glaces de première année. En 2008, 68% de ces glaces étaient de première année et 32% multi-annuelles. Avec une conséquence inévitable relevée par Ron Kwok : "Même durant les années où l'étendue de glace de l'océan reste stable ou s'étend légèrement, l'épaisseur et le volume de la calotte glaciaire continuent à diminuer".
La couche de glace arctique s'est ainsi réduite de 17 centimètres par an de 2004 à 2008 ou de 68 cm au total au cours des quatre derniers hivers, selon les mesures faites par ICEsat. La superficie totale des glaces plus anciennes, dites "multi-annuelles" ou ayant survécu plusieurs étés, a diminué de 42% depuis 2008, selon cette recherche. Au final, ces dernières années, le volume des glaces se reformant en hiver n'a pas été suffisant pour reconstituer les pertes subies durant la fonte estivale, avec comme résultat davantage d'eaux libérées. Des eaux plus chaudes qui, à leur tour, réchauffent l'ensemble de l'océan ce qui fait fondre davantage la glace.
D'après agence
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