Le gendarme européen accusé de "charlatanisme"

le 29 juillet 2009 à 17h54 , mis à jour le 29 juillet 2009 à 19h18

Deux organisations écologistes s'en prennent à l'Autorité européenne de la sécurité alimentaire, qui a rendu un avis favorable à la culture du maïs MON810 de Monsanto.

[Expiré] [Expiré] Maïs OGM © sxc.hu
Greenpeace et Friends of the Earth Europe ne décolèrent pas. Ces deux organisations écologistes accusent l'Autorité européenne de la sécurité alimentaire (EFSA) de "charlatanisme". La raison de leur colère : l'avis favorable rendu par l'EFSA à la culture du maïs génétiquement modifié produit par la firme Monsanto. Dans un communiqué commun, Greenpeace et Friends of the Earth Europe alertent la Commission européenne et les gouvernements de l'Union européenne contre le renouvellement de l'autorisation de la culture du MON810 - seul maïs génétiquement modifié cultivé dans l'UE depuis 1998 - car l'avis de l'EFSA comporte de "graves erreurs et omissions".
Six pays - France, Allemagne, Grèce, Autriche, Hongrie et Luxembourg - ont suspendu la culture de cette variété de maïs conçue pour résister à un papillon nuisible, la pyrale, en raison des incertitudes pour la santé et l'environnement de sa dissémination. Or fin juin, l'EFSA avait jugé que "le MON810 était sans risques pour la santé humaine et animale et ne constituait pas une menace pour l'environnement, si des mesures appropriées étaient prises pour éviter une contamination des lépidoptères (papillons)". Cet avis a été salué par le semencier américain qui a jugé que rien ne s'opposait plus désormais au renouvellement de l'autorisation de culture pour son OGM.
Les accusations des écologistes
Les deux organisations écologistes soutiennent que l'EFSA a "ignoré ou minimisé des recherches démontrant que l'insecticide développé dans le MON810 pourrait être une menace pour les papillons et d'autres insectes". Elles accusent en outre l'agence d'avoir "utilisé des recherches menées sur une tout autre variété de maïs OGM pour déclarer le MON810 sans risques pour la santé".
"L'EFSA souffre d'un sérieux manque d'expertise scientifique ou alors elle joue un jeu politique très risqué avec notre santé et avec l'environnement", estime Adrian Bebb, un des responsables de Friends of the Earth. Plus virulente, l'experte en OGM de Greenpeace, Marta Vétier, a conseillé aux Européens de "rejeter l'avis de l'EFSA, d'interdire la culture du MON810 et de rechercher un autre organisme qui soit capable de délivrer des avis non biaisés et fondés sur la science".
La France a déjà rejeté l'avis de l'EFSA en contestant la méthode employée. Les gouvernements européens ont réclamé la révision et le renforcement des méthodes d'évaluation de l'agence. "Les méthodologies ainsi demandées étant en cours de révision pour aboutissement en 2010, l'avis rendu par l'EFSA n'a pas pu encore en tenir  compte", ont affirmé récemment les ministres français du Développement durable Jean-Louis Borloo et de l'Agriculture Bruno Le Maire.
 
D'après agence
le 29 juillet 2009 à 17:54
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8 Commentaires

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  • Richard, le 31/07/2009 à 10h58

    Pour Tipoussy de Montpellier, Monsanto est peut être propriétaire de la marque déposée "round up", mais la molécule active du "round up" n'est plus sous brevet et il existe un nombre très important de formulations contenant cette molécule qui fut découverte en... 1970

  • Benoit, le 30/07/2009 à 12h30

    A Vincent de Troyes : Sans remettre en cause ce que tu écris, j'ai été regardé sur le site de l'EFSA et les membres du conseil d'administration sont avant tout des scientifiques universitaires et/ou ayant eu des fonctions ministérielles... Mais bon, leur décision est si surprenante qu'on ne peut que s'en étonner.

  • Benoit, le 30/07/2009 à 12h28

    A Tipoussy de Montpellier : Merci pour l'info. J'ai lu le livre "le monde selon Mosanto" il y a déjà quelques mois et ça fait vraiment froid dans le dos. Je suis encore candide et j'aime à croire que nous autres, européens, ne sommes pas comme nos cousins américains et leur FDA. ça paraît tellement gros, tellement évident qu'en acceptant leurs plants transgéniques on scie une des dernières branches de notre arbre que je me dis : "on va se réveiller, c'est un mauvais rêve". Sinon, je conseille ce livre, juste pour sa culture personnelle et pour ne plus jamais regarder l'industrie agroalimentaire de la même façon...

  • Henri, le 30/07/2009 à 12h24

    Les responsables, c'est aussi ceux qui achéteront ces semences empoisonnées . Pourvu que nos agriculteurs sachent dire " NON ", et que notre belle terre de France ne soit pas irrémédiablement souillée...

  • Vincent, le 30/07/2009 à 00h06

    Il ne fait aucun doute que l'agence européenne est à la botte des lobbys. Il est du ressort de la population de réagir vigoureusement, pour un futur "sain".

  • Tipoussy, le 29/07/2009 à 20h35

    La question des intérêts financiers de Mosanto se pose. La plus grosse société ensemencière du monde qui est propriétaire du désherbant Roundup est prête à tout pour imposer ses semences. Qu'importe l'écologie, seul le profit à court terme compte. Après nous le déluge dit clairement cette société. Donc effectivement le rapport de l'agence européenne est plus que douteux.

  • Tipoussy, le 29/07/2009 à 20h33

    A Benoit de Paris: recherche sur Internet le reportage intitulé "Le monde selon Mosanto" et tu comprendras mieux les enjeux pour la planète et le coup de colère de ces 2 organisations écologiste. Ma réaction à l'époque où l'article sur l'autorisation accordé à Mosanto par l'agence Européenne rejoint totalement celle que les 2 organisations écologistes expriment aujourd'hui.

  • Benoit, le 29/07/2009 à 18h38

    Si cela est vrai, alors nous sommes mal engagés pour sauver la planète.

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