Image d'archives © TF1Sur certaines plages des Côtes d'Armor, les algues vertes en décomposition peuvent laisser échapper des gaz toxiques, ont alerté jeudi un médecin et un toxicochimiste du CNRS. Des mesures effectuées par le Centre d'études et de valorisation des algues (CEVA) en 2008 ont notamment montré que les concentrations de sulfure de dihydrogène (SH2), particulièrement toxique, "peuvent dépasser 500 ppm (partie par million) lors d'un dégagement gazeux provoqué par la rupture des croûtes d'algues en décomposition", indiquent Claude Lesnée, médecin au CNRS et au Département de santé publique de l'université de Rennes 1, et André Picot, toxicochimiste, directeur de recherche honoraire au CNRS.
134 millions contre les algues vertes, élus et écolos sceptiques
Le Conseil des ministres a entériné mercredi un plan quinquennal de 134 millions d'euros pour enrayer la prolifération des algues vertes sur les côtes bretonnes. Elus et écologistes sont dubitatifs, voire déçus.
Publié le 03/02/2010
"A ce niveau, des troubles graves - notamment une perte de connaissance brutale - susceptibles d'entraîner rapidement la mort peuvent survenir chez l'homme", indiquent les deux scientifiques. Ce communiqué intervient après la mort fulgurante, le 28 juillet, d'un cheval par asphyxie sur une plage de Saint-Michel-en-Grève (Côtes d'Armor), particulièrement touchée par les algues vertes. Cet incident, minimisé par les autorités mais lors duquel le cavalier a également failli mourir, a relancé les inquiétudes sur le danger de l'accumulation de ces algues, liée à la pollution des eaux par l'agriculture intensive.
"Avérée et mesurée"
"La présence de sulfure de dihydrogène (SH2) dans les amas d'algues vertes en décomposition est avérée et mesurée en bord de plage", rappellent les deux scientifiques qui font également référence à plusieurs autres études menées par Air Breizh, organisme agréé pour la surveillance de la qualité de l'air en Bretagne, à Saint-Michel-en-Grève ainsi qu'à Hillion, dans la baie de Saint-Brieuc, depuis 2005. Dans son étude sur Hillion, Air Breizh souligne notamment que "des dépassements des valeurs-guides de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) sont régulièrement observés pour le sulfure d'hydrogène".
De son côté, la préfecture des Côtes d'Armor a estimé vendredi qu'"il n'y a pas lieu de prendre des mesures particulières". "Au vu de ce que nous savons, il n'y a pas lieu de prendre de mesures particulières", a déclaré le secrétaire général de la préfecture, Philippe de Gestas, lors d'une conférence de presse.
Deux chiens sont morts en juillet 2008 d'"asphyxie avec cyanose" sur des amas d'algues vertes sur la grève d'Hillion. Selon les deux chercheurs, les autopsies ont confirmé une intoxication respiratoire par des gaz "à des doses assez élevées pour tuer simultanément deux chiens, en très peu de temps".
D'après agence
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