Algues vertes : un cheval mort et des inquiétudes

le 03 août 2009 à 18h37 , mis à jour le 26 juillet 2011 à 18h36

Dossier : Algues vertes

Un cavalier a porté plainte après la mort de son cheval sur une plage bretonne envahie par les algues vertes. Selon un médecin local, les algues ont dégagé de l'hydrogène sulfuré, un poison brutal.

Algues vertes : le fléau des côtes bretonnesImage d'archives © TF1

La mort d'un cheval la semaine dernière sur une plage bretonne a relancé en plein coeur de l'été les inquiétudes sur les algues vertes, accusées de constituer une menace sérieuse pour la santé publique.

Plus d'infos

Mardi, un cheval est mort "empoisonné" après s'être enlisé dans une zone mouvante proche de la plage de Saint-Michel-en-Grève, près de Lannion (Côtes d'Armor), fortement touchée par les algues vertes. Son cavalier qui se trouvait à côté de lui a été sauvé de justesse après avoir perdu connaissance, selon l'avocat de ce dernier Me Vincent Le Luyer. Le cavalier, Vincent Petit, vétérinaire de formation, qui s'était enlisé lui aussi avant de s'évanouir, n'eu la vie sauve que grâce à la présence sur les lieux d'un tractopelle chargé de ramasser les algues vertes, dont le conducteur avait assisté à la scène et a pu l'extraire de la vase.

Selon la préfecture, le cavalier de 27 ans et sa monture se sont simplement "envasés dans une zone mouvante". De leur côté, les gendarmes ont imputé la mort du cheval à un étouffement provoqué par la vase. Mais au vu des symptômes du vétérinaire et de son cheval, le médecin de Lannion qui a soigné Vincent Petit et les associations de protection de l'environnement ont mis en cause le dégagement d'hydrogène sulfuré que peuvent produire des accumulations d'algues vertes en décomposition.

Hypothèse et autopsie 

Pour le docteur Pierre Philippe, c'est l'hypothèse la plus probable pour expliquer une double malaise "fulgurant", puisque que le cheval et "mort en une minute", a-t-il indiqué lundi. "L'hydrogène sulfuré, un poison brutal, bien connu au niveau professionnel, est à l'origine d'accident dans des fosses à vidange ou à lisier", a-t-il rappelé. Habituellement, ces accidents surviennent dans des lieux confinés, alors que là, il s'agit d'"un lieu extérieur, non confiné. Ca veut dire qu'il y avait des concentrations extrêmes" pour entraîner ces intoxications en milieu ouvert, estime le Dr Philippe.

Les premiers résultats de l'autopsie pratiquée sur le cheval à l'initiative de son propriétaire confirment qu'il est mort d'un "oedème pulmonaire", et qu'il n'avait pas d'eau ni de vase dans les poumons, a indiqué Me Le Luyer lundi. "Les poumons étaient gorgés de sang et le tableau clinique présente tous les signes d'un empoisonnement", a-t-il précisé. Les analyses toxicologiques en cours devraient apporter des précisions sur la nature de la substance à l'origine du décès de l'animal.

Aucune preuve

Interrogée lundi sur une autopsie du cheval qu'aurait pu diligenter la Direction des services vétérinaires, la préfecture a indiqué "ne pas être destinataire des résultats" puisque "les examens se sont faits à la demande du propriétaire" du cheval. Le cavalier va déposer une plainte dans les prochains jours pour faire toute la lumière sur cette affaire, a indiqué son avocat. 

Le phénomène des "algues vertes", constaté notamment en Bretagne, est lié au rejet de nitrates dans l'eau par l'agriculture intensive. Il a été accusé régulièrement de présenter des risques pour la santé, sans qu'aucune preuve n'ait encore été apportée. Habitant la région depuis de longues années, le Dr Philippe affirme avoir été témoin de cas de même nature dans le passé: un employé d'une société de ramassage d'algues vertes il y a 10 ans, "tombé dans un coma brutal", et la mort de deux chiens l'an dernier sur une plage en baie de Saint-Brieuc. Le Dr Philippe rappelle aussi qu'en 1989, le corps d'un joggeur de 27 ans avait été retrouvé à l'endroit exact où le cavalier a failli mourir.

le 03 août 2009 à 18:37
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14 Commentaires

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  • Baci, le 07/08/2009 à 19h45

    Je trouve cela inacceptable depuis des années que cela dure, personne ne reagit ! Il faut qu'il y est un accident ou voir dans ce cas la mort d'un cheval pour qu'on sans inquiete. Je suis originaire de ce village j'y est vecu 21 ans et je peux vous en dire. Je trouve assez fou aussi que les conducteurs d'engins qui ramassent les algues ne portent aucunes protections contre ces gaz, alors que tout le monde connait la toxicite de ce gaz. Je trouve aussi etrange que comme par hazard le lendemain de ce drame l'endroi etait propre et des barrieres installees pour prevenir du danger. Ne croyez vous pas qu'il faut agir avant et non apres.

  • Djos, le 05/08/2009 à 01h42

    Si un cheval n'a pas tenu le choc, c'est qu'il doit y avoir un réel danger. Je trouve cette info plutôt cocasse malgré tout. djos

  • Marie, le 04/08/2009 à 22h58

    Originaire de la région, je connais bien les lieux. Les algues à cet endroit ne datent pas d'aujourd'hui, il y a 40 ans ma grand-mère nous recommandait déjà, d'éviter ce lieu et nous interdisait, bien entendu de nous y baigner. L'odeur y était pestilancielle : quand on y pasait en voiture, il fallait fermer les vitres .Quant aux touristes, il y a bien longtemps, hélas, qu'ils ont déserté cette plage. D'années en années cette situation n'a fait que s'amplifier : la cause est connue, on panse la blessure, mais elle ne guérit jamais, car personne ne s'attaque aux causes de ce mal, trop d'enjeux certainement.C'est dommage, le site était d'une indescriptible beauté.

  • Marc, le 04/08/2009 à 15h07

    Encore un exemple d'une application à 2 vitesses du principe de précaution. Cette plage devrait être interdite au public depuis belle lurette (mais l'économie prime...).

  • Jamesogram, le 04/08/2009 à 13h35

    Dimanche dernier je suis allé naviguer sur le plan d'eau de St Nicolas de la Grave formé par le confluent du Tarn et de la Garonne. Il y a une base nautique trés fréquenté et on y voit des voiliers, des dériveurs, des kayaks et des pedalos se promener au gré des vents, trés changeants, probablement à cause du relief autour. Dimanche j'ai eu un choc en constatant qu'une bonne partie du lac n'est plus navigable du tout à cause des algues. En quittant la base nautique il faut désormais contourner carrément un banc d'algues sous peine d'être pris au piège. Si les autorités ne font rien pour draguer le lac puis imposer un réglement contre les pollueurs, il est probable que ce lac va être étouffer dans peu de temps. Rien à voir avec la Bretagne? Pas si sûr. En tout cas un même problème écologique.

  • Toundra, le 04/08/2009 à 13h33

    Sur l'ile de ré c'est une puanteur avec presence d 'algues il ya meme des mouettes qui sont mortes

  • Noémie, le 04/08/2009 à 08h28

    Eh bien où est la question ? Il faut limiter les émissions de nitrates de l'agriculture. Soit les agriculteurs se mettent à l'agriculture raisonnée, soit au bio, soit ils sont soumis à des taxes énormes qui serviront au nettoyage des plages et de la mer en continu, ce qui, j'espère, les découragera. S'il faut des aides publiques pour contrer la concurrence des pays qui polluent à tout va sans se poser de questions, il faut le faire. Mais ça devient ridicule...

  • Tipoussy, le 04/08/2009 à 07h27

    On peut constater que les pouvoirs publics refusent de constater la réalité et la dangerosité de cette pollution. On a l'impression que les autorités souhaitent etouffer la réalité de ce problème. Mais dans quel but, qui souhaite t'on protéger au détriment de la vie d'animaux et d'êtres humains??

  • Stef, le 04/08/2009 à 07h03

    Et dix ans c'est si on a de la chance Maxnas. Tout les signes semblent faire dire ceci a la terre "Vous me détruisez, vous êtes trop nombreux, je vais vous réduire bientôt". Des algues, de nouvelles maladies par dizaines, l'eau de plus en plus polluée, du "plastique" dans les aliments et des catastrophes naturelles en chaine partout dans le monde, la mort des abeilles, et j'en passe. On attribut, sans preuves d'ailleurs, a Einstein la phrase suivante: « Si l'abeille disparaissait de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre ». Qui que ce soit qui est dit cette phrase, il n'a peut être pas tort...

  • JMA, le 04/08/2009 à 00h27

    De par sa formation de vétérinaire, de par sa connaissance (supposée, quand même) des risques liés à ces algues et des lieux où il se rendait, on comprend mal pourquoi cet homme sans doute avisé s'est aventuré au-milieu de ce biotope. Alors, porter plainte, pourquoi pas, mais contre qui, contre quoi ? Prévenir et chercher un danger potentiel, cela est nécessaire. Mais que dire de son imprudence qui l'a conduit dans des zones mouvantes à l'évidence dangereuses. Faut-il aussi porter plainte contre les vases meurtrières et non suffisamment signalées ? Cela dit je comprends la douleur de perdre un animal auquel on est attaché, mais ne va-t-on pas un peu loin ?

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