© AFP| François Fillon : l'Etat va prendre à sa charge le nettoyage" |
"Le gaz émis par les sédiments contenant notamment des algues vertes en décomposition [peut] être dangereux". Dans le rapport de l'Ineris que la Secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, vient de recevoir, les experts confirment que la présence des algues vertes sur les plages bretonnes pose un problème de santé publique. Un problème de santé qui a même poussé le Premier ministre à anticiper sa rentrée, initialement prévue pour lundi, en se rendant ce jeudi avec les ministres concernés sur une rive des Côtes d'Armor envahie par ces algues, à Saint-Michel-en-Grève.
C'est sur des mesures faites sur cette plage que s'appuie le rapport de l'Ineris, Institut spécialiste au niveau français et européen en matière de qualité de l'air. François Fillon a assuré dans Ouest-France que "l'Etat aidera les communes" concernées par ce phénomène.
"Nous allons expérimenter le ramassage en mer"
Lors de son déplacement, il a ensuite promis que l'Etat allait "prendre toutes ses responsabilités et prendre à sa charge le nettoyage des plages qui sont les plus touchées et sur lesquelles il peut y avoir un risque de santé publique", soulignant un "danger pour la santé". Il a aussi confirmé la mise en place d'une mission interministérielle qui "dans les trois mois" devra "bâtir un plan d'action pour lutter contre la prolifération des algues vertes et proposer des solutions efficaces de ramassage et de protection de la population". Enfin, "nous allons expérimenter le ramassage des algues à la fin de l'hiver, en mer, afin, nous l'espérons, d'éviter des proliférations comme celle que nous avons connues cet été".
Il faut dire que le rapport commandé par le gouvernement évoque un risque "mortel en quelques minutes". "Le principal composé mis en évidence, l'hydrogène sulfuré, est toxique par inhalation", confirment les experts. Ajoutant : "l'étude a mesuré des valeurs très localisées [1.000 ppm (parties par million), NDLR] présentant un risque mortel en cas d'exposition pendant une durée de quelques minutes". La prolifération de ces algues est associée aux engrais (nitrates) utilisés dans l'agriculture mais aussi à certaines activités urbaines et industrielles.
Recommandations de l'Ineris
Les analyses ont été effectuées le 13 août à Saint-Michel-en-Grève. Là même où un cheval était mort et son cavalier avait été victime d'un malaise le 28 juillet. Un accident attribué aux émanations de gaz contenu dans les sédiments d'algues. C'est "un secteur vaseux" situé à l'embouchure d'un cours d'eau, le Roscoat. Selon les experts, les engins de ramassage ne peuvent pas s'approcher de cette zone, "irriguée en permanence par le cours d'eau".
Des appareils de mesure ont été placés à différents endroits, sur des tas d'algues fraîches, amenées par la dernière marée, et des tas plus anciens. De l'hydrogène sulfuré (H2S) a été trouvé ainsi que d'autres composés soufrés. La dangerosité des émanations est donc confirmée.
L'Ineris recommande donc d'interdire l'accès à la "zone investiguée" et "d'identifier d'autres zones similaires". Le personnel de ramassage des algues devra par ailleurs être équipé de "systèmes de détection portables". L'institut estime également nécessaire "de réaliser une évaluation des risques sur la filière complète du ramassage au traitement des algues vertes".
La fédération France Nature Environnement (FNE) a pour sa part souligné jeudi soir la nécessité de réduire les pollutions à la source et de ne pas s'en tenir qu'à l'information des touristes et au ramassage des algues. Selon Jean-Claude Bévillard, du réseau agriculture de FNE, "la responsabilité du modèle agricole intensif est évidente, tant en matière d'élevage que de cultures, mais aussi celle de l'industrie agro-alimentaire et de l'agro-business en général".
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