La dangerosité confirmée, l'Etat va aider

le 20 août 2009 à 12h39 , mis à jour le 20 août 2009 à 22h01

Venu jeudi en Bretagne, François Fillon a promis la "prise en charge" du nettoyage des plages envahies d'algues vertes, dont la toxicité est officiellement confirmée.

[Expiré] [Expiré] algues vertes © AFP

François Fillon : l'Etat va prendre à sa charge le nettoyage"


"Le gaz émis par les sédiments contenant notamment des algues vertes en décomposition [peut] être dangereux". Dans le rapport de l'Ineris que la Secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, vient de recevoir, les experts confirment que la présence des algues vertes sur les plages bretonnes pose un problème de santé publique. Un problème de santé qui a même poussé le Premier ministre à anticiper sa rentrée, initialement prévue pour lundi, en se rendant ce jeudi avec les ministres concernés sur une rive des Côtes d'Armor envahie par ces algues, à Saint-Michel-en-Grève.

C'est sur des mesures faites sur cette plage que s'appuie le rapport de l'Ineris, Institut spécialiste au niveau français et européen en matière de qualité de l'air. François Fillon a assuré dans Ouest-France que "l'Etat aidera les communes" concernées par ce phénomène.

"Nous allons expérimenter le ramassage en mer"

Lors de son déplacement, il a ensuite promis que l'Etat allait "prendre toutes ses responsabilités et prendre à sa charge le nettoyage des plages qui sont les plus touchées et sur lesquelles il peut y avoir un risque de santé publique", soulignant un "danger pour la santé". Il a aussi confirmé la mise en place d'une mission interministérielle qui "dans les trois mois" devra "bâtir un plan d'action pour lutter contre la prolifération des algues vertes et proposer des solutions efficaces de ramassage et de protection de la population". Enfin, "nous allons expérimenter le ramassage des algues à la fin de l'hiver, en mer, afin, nous l'espérons, d'éviter des proliférations comme celle que nous avons connues cet été".

Il faut dire que le rapport commandé par le gouvernement évoque un risque "mortel en quelques minutes". "Le principal composé mis en évidence, l'hydrogène sulfuré, est toxique par inhalation", confirment les experts. Ajoutant : "l'étude a mesuré des valeurs très localisées [1.000 ppm (parties par million), NDLR] présentant un risque mortel en cas d'exposition pendant une durée de quelques minutes". La prolifération de ces algues est associée aux engrais (nitrates) utilisés dans l'agriculture mais aussi à certaines activités urbaines et industrielles.

Recommandations de l'Ineris 

Les analyses ont été effectuées le 13 août à Saint-Michel-en-Grève. Là même où un cheval était mort et son cavalier avait été victime d'un malaise le 28 juillet. Un accident attribué aux émanations de gaz contenu dans les sédiments d'algues. C'est "un secteur vaseux" situé à l'embouchure d'un cours d'eau, le Roscoat. Selon les experts, les engins de ramassage ne peuvent pas s'approcher de cette zone, "irriguée en permanence par le cours d'eau".

Des appareils de mesure ont été placés à différents endroits, sur des tas d'algues fraîches, amenées par la dernière marée, et des tas plus anciens. De l'hydrogène sulfuré (H2S) a été trouvé ainsi que d'autres composés soufrés. La dangerosité des émanations est donc confirmée.

L'Ineris recommande donc d'interdire l'accès à la "zone investiguée" et "d'identifier d'autres zones similaires". Le personnel de ramassage des algues devra par ailleurs être équipé de "systèmes de détection portables". L'institut estime également nécessaire "de réaliser une évaluation des risques sur la filière complète du ramassage au traitement des algues vertes".

La fédération France Nature Environnement (FNE) a pour sa part souligné jeudi soir la nécessité de réduire les pollutions à la source et de ne pas s'en tenir qu'à l'information des touristes et au ramassage des algues. Selon Jean-Claude Bévillard, du réseau agriculture de FNE, "la responsabilité du modèle agricole intensif est évidente, tant en matière d'élevage que de cultures, mais aussi celle de l'industrie agro-alimentaire et de l'agro-business en général".

le 20 août 2009 à 12:39
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21 Commentaires

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  • Vincent, le 21/08/2009 à 15h43

    Les pouvoirs publics et les gens en général vont-ils un jour prendre conscience que l'agriculture bio permettrait d'éviter ce genre de chose ?!! Quand à ceux, mal renseigné, qui disent qu'avec le bio on ne peut pas nourrir tout le monde, C'EST FAUX ! ON PEUT, ENCORE FAUT-IL LE VOULOIR...

  • Vera, le 21/08/2009 à 07h11

    Visiblement les Français sont plus logiques que les hommes politiques: 1. il faut s'attaquer a la cause pas seulement a la consequence 2. Pourquoi n'y t'il pas une enquete correcte pour determiner les responsables de cette pollution et pouquoi serait-ce ceux qui en sont vicitmes qui devraient payer? 3. Ou est Cohn Bendit?

  • Louison, le 20/08/2009 à 21h56

    On soutien l'agriculture intensive française, On laisse faire les industriels de la chimie, et on dépollue en prenant un air affecté...En France, "prévention" est un terme trop abstrait pour être bien compris. La sécurité sociales'en mord un peu les doigts..Dans certain pays on considère que le médecin est bon quand son patient ne tombe pas malade..Mais en France on ne sait que prendre des airs affectés...

  • MitchDap, le 20/08/2009 à 17h18

    Ben voilà! "On" ne veut pas de l'usine de retraitement du lisier, mais maintenant que les plages deja impraticcable sont devenues toxiques, ce sont les contribuables qui devront financer le nettoyage! Ecoeurant!

  • Pasdac, le 20/08/2009 à 15h59

    L'Etat va aider ! L'Etat, se sont les contribuables ! Je ne suis pas de cet avis, les pollueurs doivent payer. Les cultivateurs et les éleveurs doivent cesser d'utiliser de manière intensive les nitrates qui polluent les rivières et les éleveurs leur lisier. POLLEURS PAYEURS !

  • Suzaza, le 20/08/2009 à 15h51

    Le ramassage, c'est bien, mais faudrait peut-être s'attaquer aux causes.

  • Gaël, le 20/08/2009 à 15h28

    Malheureusement les algues envahissent de plus en plus le littoral breton. Le résultat de la surproduction décidée après guerre.

  • Bon, le 20/08/2009 à 15h27

    L'etat c'est a dire notre argent va aider a regler un probleme generé par une agriculture intensive finanacée par notre argent. Encore mieux nous payaons deja la depolution de cette 'eau dans nos factures ! Par contre le principe polueur payeur ce sera pour d'autre ......

  • Bernard, le 20/08/2009 à 15h26

    Allez hop on va tous payer avec nos impôts pour nettoyer les saletés des usines à cochon qui déversent du lisier en quantité astronomique dans les rivières bretonnes. A quand l'application réelle du principe 'pollueur=payeur'? L'industrie agro-alimentaire semble être le seul secteur ou l'on a le droit de faire n'importe quoi en ignorant les effets secondaires sur l'environnement. Ca fait des lustres qu'il est établi que le lisier est à l'origine de ces algues, les producteurs sont censés nettoyer les rejets, mais vu le résultat ca n'a pas l'air très efficace. Au lieu de se demander quel est le vrai cochon dans la ferme on nous transforme tous en cochons payeurs. Grouirk-Grouirk.

  • Marcel, le 20/08/2009 à 15h17

    Hydrogène sulfuré (H2S) .Ce gaz peut s'accumuler dans les réseaux d'assainissement et corroder les tuyaux qu'ils soient en béton ou en métal. Il peut faire suffoquer les égoutiers. Le sulfure d'hydrogène est produit par la dégradation des protéines contenant du soufre et est responsable d'une grande partie de l'odeur fétide des excréments et des flatulences. Le sulfure d'hydrogène est naturellement présent dans le pétrole, le gaz naturel, les gaz volcaniques et les sources chaudes. Il peut résulter de décomposition bactérienne de la matière organique. Il est également produit par les déchets humains et animaux. Le sulfure d'hydrogène peut également provenir des activités industrielles, telles que la transformation des produits alimentaires, du traitement des eaux usées, des hauts-fourneaux, des papeteries, des tanneries et des raffineries de pétrole. Des communautés bactériennes dégradant le méthane en condition anaérobie peuvent aussi en produire.Début 2008, le sulfure d'hydrogène est utilisé dans beaucoup de cas de suicides au Japon. De janvier à fin mai 2008, 517 personnes se sont données la mort grâce à une recette trouvée sur internet, mélangeant détergents et produits pour le bain.Ce mélange donnerait du sulfure d'hydrogène en forte quantité. Les études sur des animaux ont prouvé que les porcs ayant mangé de la nourriture contenant du sulfure d'hydrogène ont eu des diarrhées après quelques jours et une perte de poids après environ 105 jours.

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