Voyage au pays des glaces

Par Mathieu Benoist / Mise en page DjS, le 17 août 2009 à 09h40 , mis à jour le 17 septembre 2009 à 10h49

Carnet - Suivez pas à pas l'équipe de TF1 au Groenland. Dix jours de reportage au coeur d'une île directement frappée par le réchauffement climatique.

Ammasalik, au GroenlandAmmasalik, au Groenland © TF1/LCI
 
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Lundi 24 août
La course des glaciers
Le survol du Fjord de Sermilik est un moment magique. Une vingtaine de minutes de trajet au ras des icebergs avant de repérer l'Arctic Sunrise. Atterrissage en douceur sur ce brise-glace de 50 mètres au destin ironique : l'ancien bateau spécialisé dans la chasse aux phoques a été racheté par les écologistes de Greenpeace. L'équipage, une vingtaine de personnes venues du monde entier, longe les côtes du Groenland depuis le début de l'été.
Un scientifique s'aprête à imerger un capteur sur l'Artic Sunrise de Greenpeace au Groenland en août 2009
Immersion d'un capteur sur l'Artic Sunrise
A bord, deux équipes de scientifiques américains tentent de comprendre pourquoi certains glaciers groenlandais accélèrent. Car même si elles paraissent immobiles, ces majestueuses langues de glace de plusieurs kilomètres de large avancent parfois de plus de 20 mètres par jour jusqu'à la mer. C'est là que les glaciers se disloquent et que les icebergs se forment.
Relevés GPS pour déterminer la vitesse de progression des glaciers, mesures de la température et du degré de salinité de l'eau de mer, relevés satellites... les glaciers sont désormais sous haute surveillance. Mais ils recèlent encore de nombreux mystères pour les scientifiques.
le glacier Helheim au Groenland
Le glacier Helheim (TF1/LCI)
Nous profitons de l'hélicoptère pour nous poser au bord du glacier Helheim surveillé par les scientifiques. Le panorama au-dessus de cette gigantesque mer de glace est d'une incroyable beauté. Nous resterons une journée et une nuit à bord de l'Arctic Sunrise. D'autres journalistes arrivent d'un peu partout dans le monde, il faut leur laisser la place.
Notre périple arctique touche à sa fin. Encore un trajet en bateau et deux vols avant d'arriver à Paris. Nous repartons avec des disques durs remplis d'images magnifiques et une certitude. Le destin de cette île glacée qui nous paraît si loin vu de métropole, est intimement lié au nôtre.
Par Mathieu Benoist
avec Iker ZABALA (caméra)
et Alain SIMONET (son et monatge)
Samedi 22 août
Le pays sans routes
Ammasalik, au Groenland

 

Imaginez un pays trois fois plus grand que la France sans aucune route reliant une ville à une autre. Bienvenue au Groenland. En hiver, le traîneau permet parfois de couper par la mer recouverte de banquise. Mais en été, pour se déplacer de ville en ville, vous avez le choix entre le bateau, l’avion ou l’hélicoptère.

 

Aujourd’hui pour rallier Ammasalik en partant de Nuuk, ce sera avion plus bateau. Avec en prime une petite panne de moteur au départ et un atterrissage original sur une piste en gravier. Au terme de cette mission de dix jours, nous aurons effectué 10 trajets en avion, 4 en hélicoptères et 5 en bateau. Pas terrible le bilan carbone…

 

Aujourd’hui nous arrivons sur la cote Est. Les montages qui plongent dans la mer constellée d’icebergs offrent des paysages fabuleux. Demain nous embarquons (encore) dans un hélicoptère pour rejoindre l’Artic Sunrise, un brise-glace de Greenpeace. A son bord, une dizaine de scientifiques étudient les effets du réchauffement climatique au Groenland.

 

Vendredi 21 août
On a marché sur un iceberg !
Sur le voilier de Charles Hedrich, au milieu des icebergs, près d'Ilulisat au Groenland
Sur le voilier de Charles Hedrich, au milieu des icebergs, près d'Ilulisat au Groenland
 
Nous l’avions rencontré par hasard quelques jours plus tôt dans le hall de l’aéroport de Kangerlussuaq. Tout juste le temps de se présenter et d’échanger quelques mots. Charles Hedrich, 51 ans, aventurier,  allait rejoindre son voilier pour tenter une expédition inédite : le tour du monde par les deux pôles.

Hier soir,  vu qu’il passait dans le coin d’Ilulisat, il nous a passé un petit coup de fil pour nous inviter à bord de son voilier de 50 pieds spécialement conçu pour naviguer entre les glaçons. Invitation acceptée.      

A bord nous discutons avec  ce grand échalas aux allures de doux dingue mais qui a déjà un sacré palmarès derrière lui : sixième place au Paris Dakar en moto, tour du monde à la voile en solitaire, ascension de l’Everest par la voie tibétaine, record de la traversée de l’Atlantique à la rame, expéditions en Antarctique, et au Pôle nord…

 

"Je resterais à bord neuf mois"

 

Pour ce nouveau voyage de 50 000 kilomètres, Charles veut réaliser une autre première : partir du Groenland et rallier le détroit de Béring  par la route du nord. "C’est devenu envisageable avec le réchauffement climatique mais on n’est pas sûrs de passer." Et si ça ne passe pas, l’aventure pourrait durer bien plus longtemps. "Si le glory of the seas était bloqué par la banquise, Charles serait évacué par hélico, mais moi je resterais à bord pendant les neufs mois d’hiver en attendant que ça fonde", nous explique sereinement Yoann Pageaud, le skipper de 34 ans . 

 

Pour nous prouver la fiabilité de leur bateau, les deux hommes accostent le long d’un Iceberg. "Vous voulez qu’on aille faire l’interview dessus ?"  Charles n’as pas eu à nous le demander deux fois. Nous aussi nous avons eu droit à notre petit morceau d’aventure.

 

Jeudi 20 août

Avec l'accent !

Vers Rodbay, un village inuit au Groenland cerné par les icebergs
Vers Rodbay, au Groenland (TF1/LCI)

Aujourd´hui, je dois faire rapide, la journee est chargee. Je n'ai pas d'accent sur le clavier groenlandais. J'ai demande aux equipes de LCI.fr de bien vouloir les ajouter pour vous rendre mon post quotidien plus lisible.
 
Alors voilà (ça marche, il y a un accent sur le a !). Loin, très loin de la canicule hexagonale, nous embarquons sous la pluie pour aller voir ces icebergs de plus près. La baie d'Ilulissat a été classée au patrimoine de l'Unesco. A quelques kilomètres d'ici, un gigantesque glacier avance chaque jour de plusieurs dizaines de mètres et rejette ces montagnes de glace sur l'océan. Le spectacle est saisissant.
 
Le pilote groenlandais nous explique qu'il est dangereux de s'approcher trop près car les icebergs sont instables. Une partie qui se détache peut produire une vague capable de retourner notre bateau. Nous faisons escale dans le petit village inuit de Rodbay. Cinquante habitants y vivent de chasse et de pêche dans un décor de bout du monde. Loin, très loin...

 

Mercredi 19 août

"L'hiver arrive"

Ilulisat, petit port de 5000 habitants au Groenland cerné par de majestueux icebergs 

Journée de transit vers Ilulisat, petit port de 5000 habitants cerné par de majestueux icebergs. Nous arrivons en fin d'après midi avec Alain, monteur et  preneur de son, qui vient de nous rejoindre.  Première constatation : le Groenland sous la pluie c'est définitivement beaucoup moins joli.

La complainte des 4000 chiens de traîneau de la ville résonne un peu partout. "L'hiver arrive, nous confie notre guide Silver, après la pluie, c'est la neige qui va bientôt tout recouvrir, ici en hiver, tout est blanc, c'est pour cela que les Groenlandais peignent leurs maisons de couleur vives c'est pour garder le moral en hiver."

En ce qui nous concerne le moral est bon. Au programme demain : petit tour de bateau entre les icebergs, ces gigantesques morceaux de glace d´eau douce detaches des glaciers, et repas traditionnel dans un petit village inuit.

 

Mardi 18 août

Peut-on lire l'avenir dans les carottes ?

7h30 du matin sur le tarmac de Kangerlussuaq. Le quadrimoteur Hercule C130 de L'US Air Force est prêt à décoller. L'équipage est venu spécialement de New York avec cet appareil capable de se poser sur la neige. A l'intérieur le confort est spartiate et le vacarme assourdissant. C'est donc avec des boules Quies bien calées au fond des oreilles que nous découvrons peu à peu l'inlandsis. Une gigantesque calotte glaciaire qui s'étale sur 2400 kilomètres de long et 1100 kilomètres de large. Epaisseur moyenne de la couche de glace : 2 kilomètres !
 
Deux heures trente de vol plus tard, de minuscules points noirs se détachent sur l'immensité blanche. Le Camp Neem. Perché sur cette montagne de glace de 2542 mètres d'épaisseur, 34 scientifiques de 14 pays différents creusent... Et  tentent d'extraire les carottes de glace les plus anciennes possibles.

J.-P. Steffenson
 
A notre arrivée, le thermomètre affiche moins 18 degrés, mais nous n'aurons pas le temps d'avoir froid car il faut faire vite. Nous ne disposons que d'une petite heure, le temps de l'escale de l'avion pour visiter les installations de la base.   Emilie Capron, une jeune chercheuse Française qui vient de passer trois semaines nous décrit une vie quotidienne très organisée. Chaque jour la foreuse remonte de nouvelles carottes de glace qu'il faut découper, analyser, puis empaqueter. Les échantillons partiront ensuite dans des laboratoires scientifiques au quatre coins de la planète.
 
La calotte glaciaire du Grœnland  est composée d'une multitude de couches : les chutes de neige qui se sont accumulées année après année, se sont progressivement transformées en glace. Ainsi, plus les carottages sont profonds et plus on remonte dans le temps. A NEEM Les scientifiques espèrent reconstituer l'histoire du climat il y a 125 000 ans. A l'époque la température du Groenland était 5 degrés plus chaude qu'aujourd'hui et le niveau moyen des océans était plus élevé de 4 à 6 mètres.

Comment s'est produit ce réchauffement ? L'augmentation des niveaux de gaz à effet de serre nous conduit-il vers ce même scénario à brève échéance ? Les réponses à ces questions se trouvent peut être dans les carottes de glace.

 

 

Lundi 17 août

Quelle star peut bien faire du tourisme à Kangerlussuaq ?

Quelques maisons posées au milieu de nulle part. Kangerlussuaq petit village de 400 habitants situé à 60 kilomètres au nord du cercle polaire a définitivement un air de bout du monde. Pourtant, le petit hall de l'aéroport est bondé, et l'on entend partout parler en français. Les passagers d'un paquebot de croisière ont fait ici leur dernière escale avant de rentrer en avion pour Paris.

Ancienne base militaire américaine jusqu'en 1992, l'aéroport est devenu l'un des passages obligés du tourisme des glaces. Nous y croisons l'actrice Marthe Villalonga "surprise qu'il fasse aussi chaud" et "déçue de ne pas voir vu plus d'icebergs". La tentation est trop forte nous lui demandons une photo souvenir sous un soleil de plomb. Mais nous reparlerons du tourisme plus tard, l'objectif de notre visite à Kangerlussuaq se trouve 1200 kilomètres plus au nord.

Des duvets au cas où...

Demain à l'aube, un avion de l'armée américaine partira ravitailler  la base scientifique NEEM, située au cœur de la calotte glaciaire et nous comptons bien en profiter pour leur faire une petite visite. Nous avons donc rendez vous avec J.-P. Steffenson, coordinateur de la mission pour fixer les derniers détails.

Rassurant, ce professeur de mathématiques qui effectue sa 24e mission au Groenland nous distribue des duvets "au cas ou l'avion devrait se poser en urgence sur la glace et que vous deviez y passer la nuit ". Le scientifique nous explique les conditions de vie difficiles dans cette base ou la température oscille entre moins 15 et moins 30 degrés. Un coin idéal pour faire du camping. En forant la glace, qui a cet endroit fait plus de 2500 mètres d'épaisseur, les scientifiques tentent de reconstituer le climat qui régnait il y a plus de 130 000 ans. Ils nous expliqueront ça demain...
 

Dimanche 16 août 


Une chute de température de soixante degrés ! 
 

avion transports décollage
Image d'archives

"5h30 du matin dans l'aérogare de Roissy. Les voyageurs regardent nos anoraks avec étonnement. Difficile d'imaginer dans la torpeur hexagonale du mois d'août que l'on va perdre soixante degrés d'ici quelques heures.  Dans nos sacs de voyages gants et bonnets ont remplacé les maillots de bain, et l'optique de la caméra a été spécialement regraissée pour résister aux grands froids qui nous attendent.

Les icebergs d'Illulisat à l'Ouest, les glaciers de la région de Kulusuk à l'Est et la visite de l'expédition de forage scientifique Neem dans le Grand nord, notre mission au Groenland doit durer 10 jours. Dix jours de reportage dans cette île glacée, grande comme trois fois la France, qui fond chaque année un peu plus.

Avec ses 2,7 millions de kilomètres cubes d'eau glacée le Groenland est le deuxième plus grand château d'eau du monde derrière l'antarctique. Là bas le réchauffement climatique est une réalité : la fonte progressive des glaciers est responsable d'une élévation du niveau des océans de 0,3 mm par an. C'est l'équivalent de la totalité des glaciers alpins qui fond chaque année. Depuis le milieu des années 90, la calotte polaire groenlandaise est sous haute surveillance.

Aujourd'hui nous partons à la découverte de cette contrée fragile, à la rencontre de ses habitants et des scientifiques qui travaillent sur place. Vous retrouverez bientôt nos reportages dans les différentes éditions des journaux de TF1, sur LCI Radio, et dans notre carnet sur LCI.fr où nous tenterons de vous faire partager notre quotidien de reporter du Grand Nord."

Par Mathieu Benoist
avec Iker ZABALA (caméra)
et Alain SIMONET (son et monatge)

Par Mathieu Benoist / Mise en page DjS le 17 août 2009 à 09:40
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15 Commentaires

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  • WIND BERNARD, le 09/09/2009 à 14h24

    Le plus important c'est d'y ètre allé...car les reportages se ressemblent...plus nous aurons de détails...vus par des yeux différends ...et mieux nous serons avertis...de l'urgence a protéger notre chère terre...merci la lecture est instructive et agréable...a quand la suite...

  • Roalpin, le 08/09/2009 à 07h24

    Et si l'abération était d'avoir de la glace aux poles? les vikings cultivaient le groenland ( blé , élevage ) en l'espace de 2 siècles il a été recouvert de glave et a poussé les vikings a envahir leur voisin ... nous avons tout intérêt à ce que la terre se réchauffe pour libérer des terres cultivables et nourrir tout le monde ...nos soitdisant scientifiques se trompent de priorité ...

  • Piedec, le 22/08/2009 à 19h14

    Non, non, le réchauffement doit exister! Il représente un des piliers de l'économie du 21ème siècle. Supposons que nous décidions subitement que le réchauffement n'existe pas, faites le compte rapide des sommes astronomiques d'une économie qui n'est plus négligeable qui disparaitraient d'un seul coup. Nos décideurs en sont tous conscients, c'est une évidence. Et ils ont opté pour faire de ce business un des piliers de notre économie. On ne peut y échapper. Piedec

  • Martin Brigitte, le 22/08/2009 à 14h55

    Vive la Science et les scientifiques.

  • Domi, le 21/08/2009 à 16h53

    Cool l'article , pourriez vous creer votre parcours sur google map qu'on voit exactement ou vous vous situez merci

  • GP, le 21/08/2009 à 16h23

    Merci de nous transmettre tes impressions.. On vit avec toi. Mais ici pas de glace!!! Bisous

  • Marcel, le 21/08/2009 à 13h40

    Thomas, Paris et autres ....MDR Source « Des changements dans le climat de la France », paru en 1845 de Labruyère-Champier et Fernel .Les arbres refleurirent au mois de juillet 585 ; ils refleurirent encore au mois de septembre 586, et un grand nombre de ces derniers, qui avaient déjà porté des fruits, en produisirent une seconde fois jusqu'aux fêtes de Noël. Au mois d'octobre 587, après la vendange, les vignes présentèrent de nouveaux jets avec des raisins bien formés. La chaleur de l'année 582 fit fleurir les arbres au mois de janvier. En 584, on eut des roses en janvier .Les arbres refleurirent pendant l'automne de 589, et ils donnèrent ensuite d'autres fruits : on eut aussi des roses au mois de novembre. En 994, la disette des pluies tarit les fleuves, fit périr les poissons dans la plupart des étangs, dessécha beaucoup d'arbres, brûla les prairies et les moissons. Il ne plut pas ou presque pas pendant les mois de février, mars et avril 1204 : de fortes chaleurs succédèrent à ces trois mois de sécheresse. L'année 1212 fut très sèche. L'extrême sécheresse de l'année 1226 entraîna la ruine de presque toutes les récoltes d'été Etc (....)L'été de 1778 eut aussi des chaleurs fortes, longues et constantes. Sous leur influence, plusieurs arbres fruitiers fleurirent une seconde fois ; deux ceps de vigne en espalier contre le mur de l'ancien corps de garde du quai Malaquais, à Paris, offrirent même le 10 octobre, après avoir refleuri, des grappes assez grosses. Mourgue et Lamanon ont signalé les mêmes chaleurs, l'un à Montpellier et l'autre à Salon.Etc ...Source « Des changements dans le climat de la France », paru en 1845 de Labruyère-Champier et Fernel

  • Thomas, le 21/08/2009 à 09h01

    Très belle expedition. Merci de nous en faire profiter. C'est très agréable. J'espère que ceci va maintenant, faire réfléchir certaine personnes qui sont dù en majorité au réchauffement climatique !

  • Jeje, le 20/08/2009 à 15h37

    Bonjour, moi j'était a archipel du svalbard qui se trouve a l'est du groenland et je peut vous dire qu'il y a un vrai réchauffement climatique. car nous avions eux des température de 0 à 15° selon les jour a la lattitude 78° n ; on pouvait etre en t-shirt dans le grand nord , mais des jour il peut y avoir des température négative et du mauvais temps. nous avoin fait des recheche sur une mousse rouge qui aime le froid, mais elle commence a disparaitre

  • Carlino95, le 20/08/2009 à 12h39

    Superbe expédition! Profitez bien et faites nous encore rêver tant que cette île peut exister telle que nous la connaissons.

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