Ammasalik, au Groenland © TF1/LCI
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| Immersion d'un capteur sur l'Artic Sunrise |
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| Le glacier Helheim (TF1/LCI) |
Imaginez un pays trois fois plus grand que la France sans aucune route reliant une ville à une autre. Bienvenue au Groenland. En hiver, le traîneau permet parfois de couper par la mer recouverte de banquise. Mais en été, pour se déplacer de ville en ville, vous avez le choix entre le bateau, l’avion ou l’hélicoptère.
Aujourd’hui pour rallier Ammasalik en partant de Nuuk, ce sera avion plus bateau. Avec en prime une petite panne de moteur au départ et un atterrissage original sur une piste en gravier. Au terme de cette mission de dix jours, nous aurons effectué 10 trajets en avion, 4 en hélicoptères et 5 en bateau. Pas terrible le bilan carbone…
Aujourd’hui nous arrivons sur la cote Est. Les montages qui plongent dans la mer constellée d’icebergs offrent des paysages fabuleux. Demain nous embarquons (encore) dans un hélicoptère pour rejoindre l’Artic Sunrise, un brise-glace de Greenpeace. A son bord, une dizaine de scientifiques étudient les effets du réchauffement climatique au Groenland.
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| Sur le voilier de Charles Hedrich, au milieu des icebergs, près d'Ilulisat au Groenland |
Hier soir, vu qu’il passait dans le coin d’Ilulisat, il nous a passé un petit coup de fil pour nous inviter à bord de son voilier de 50 pieds spécialement conçu pour naviguer entre les glaçons. Invitation acceptée.
A bord nous discutons avec ce grand échalas aux allures de doux dingue mais qui a déjà un sacré palmarès derrière lui : sixième place au Paris Dakar en moto, tour du monde à la voile en solitaire, ascension de l’Everest par la voie tibétaine, record de la traversée de l’Atlantique à la rame, expéditions en Antarctique, et au Pôle nord…
"Je resterais à bord neuf mois"
Pour ce nouveau voyage de 50 000 kilomètres, Charles veut réaliser une autre première : partir du Groenland et rallier le détroit de Béring par la route du nord. "C’est devenu envisageable avec le réchauffement climatique mais on n’est pas sûrs de passer." Et si ça ne passe pas, l’aventure pourrait durer bien plus longtemps. "Si le glory of the seas était bloqué par la banquise, Charles serait évacué par hélico, mais moi je resterais à bord pendant les neufs mois d’hiver en attendant que ça fonde", nous explique sereinement Yoann Pageaud, le skipper de 34 ans .
Pour nous prouver la fiabilité de leur bateau, les deux hommes accostent le long d’un Iceberg. "Vous voulez qu’on aille faire l’interview dessus ?" Charles n’as pas eu à nous le demander deux fois. Nous aussi nous avons eu droit à notre petit morceau d’aventure.
Jeudi 20 août
Avec l'accent !
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| Vers Rodbay, au Groenland (TF1/LCI) |
Aujourd´hui, je dois faire rapide, la journee est chargee. Je n'ai pas d'accent sur le clavier groenlandais. J'ai demande aux equipes de LCI.fr de bien vouloir les ajouter pour vous rendre mon post quotidien plus lisible.
Alors voilà (ça marche, il y a un accent sur le a !). Loin, très loin de la canicule hexagonale, nous embarquons sous la pluie pour aller voir ces icebergs de plus près. La baie d'Ilulissat a été classée au patrimoine de l'Unesco. A quelques kilomètres d'ici, un gigantesque glacier avance chaque jour de plusieurs dizaines de mètres et rejette ces montagnes de glace sur l'océan. Le spectacle est saisissant.
Le pilote groenlandais nous explique qu'il est dangereux de s'approcher trop près car les icebergs sont instables. Une partie qui se détache peut produire une vague capable de retourner notre bateau. Nous faisons escale dans le petit village inuit de Rodbay. Cinquante habitants y vivent de chasse et de pêche dans un décor de bout du monde. Loin, très loin...
Mercredi 19 août
"L'hiver arrive"
Journée de transit vers Ilulisat, petit port de 5000 habitants cerné par de majestueux icebergs. Nous arrivons en fin d'après midi avec Alain, monteur et preneur de son, qui vient de nous rejoindre. Première constatation : le Groenland sous la pluie c'est définitivement beaucoup moins joli.
La complainte des 4000 chiens de traîneau de la ville résonne un peu partout. "L'hiver arrive, nous confie notre guide Silver, après la pluie, c'est la neige qui va bientôt tout recouvrir, ici en hiver, tout est blanc, c'est pour cela que les Groenlandais peignent leurs maisons de couleur vives c'est pour garder le moral en hiver."
En ce qui nous concerne le moral est bon. Au programme demain : petit tour de bateau entre les icebergs, ces gigantesques morceaux de glace d´eau douce detaches des glaciers, et repas traditionnel dans un petit village inuit.
Mardi 18 août
Peut-on lire l'avenir dans les carottes ?
7h30 du matin sur le tarmac de Kangerlussuaq. Le quadrimoteur Hercule C130 de L'US Air Force est prêt à décoller. L'équipage est venu spécialement de New York avec cet appareil capable de se poser sur la neige. A l'intérieur le confort est spartiate et le vacarme assourdissant. C'est donc avec des boules Quies bien calées au fond des oreilles que nous découvrons peu à peu l'inlandsis. Une gigantesque calotte glaciaire qui s'étale sur 2400 kilomètres de long et 1100 kilomètres de large. Epaisseur moyenne de la couche de glace : 2 kilomètres !
Deux heures trente de vol plus tard, de minuscules points noirs se détachent sur l'immensité blanche. Le Camp Neem. Perché sur cette montagne de glace de 2542 mètres d'épaisseur, 34 scientifiques de 14 pays différents creusent... Et tentent d'extraire les carottes de glace les plus anciennes possibles.
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| J.-P. Steffenson |
A notre arrivée, le thermomètre affiche moins 18 degrés, mais nous n'aurons pas le temps d'avoir froid car il faut faire vite. Nous ne disposons que d'une petite heure, le temps de l'escale de l'avion pour visiter les installations de la base. Emilie Capron, une jeune chercheuse Française qui vient de passer trois semaines nous décrit une vie quotidienne très organisée. Chaque jour la foreuse remonte de nouvelles carottes de glace qu'il faut découper, analyser, puis empaqueter. Les échantillons partiront ensuite dans des laboratoires scientifiques au quatre coins de la planète.
La calotte glaciaire du Grœnland est composée d'une multitude de couches : les chutes de neige qui se sont accumulées année après année, se sont progressivement transformées en glace. Ainsi, plus les carottages sont profonds et plus on remonte dans le temps. A NEEM Les scientifiques espèrent reconstituer l'histoire du climat il y a 125 000 ans. A l'époque la température du Groenland était 5 degrés plus chaude qu'aujourd'hui et le niveau moyen des océans était plus élevé de 4 à 6 mètres.
Comment s'est produit ce réchauffement ? L'augmentation des niveaux de gaz à effet de serre nous conduit-il vers ce même scénario à brève échéance ? Les réponses à ces questions se trouvent peut être dans les carottes de glace.
Lundi 17 août
Quelle star peut bien faire du tourisme à Kangerlussuaq ?
Quelques maisons posées au milieu de nulle part. Kangerlussuaq petit village de 400 habitants situé à 60 kilomètres au nord du cercle polaire a définitivement un air de bout du monde. Pourtant, le petit hall de l'aéroport est bondé, et l'on entend partout parler en français. Les passagers d'un paquebot de croisière ont fait ici leur dernière escale avant de rentrer en avion pour Paris.
Ancienne base militaire américaine jusqu'en 1992, l'aéroport est devenu l'un des passages obligés du tourisme des glaces. Nous y croisons l'actrice Marthe Villalonga "surprise qu'il fasse aussi chaud" et "déçue de ne pas voir vu plus d'icebergs". La tentation est trop forte nous lui demandons une photo souvenir sous un soleil de plomb. Mais nous reparlerons du tourisme plus tard, l'objectif de notre visite à Kangerlussuaq se trouve 1200 kilomètres plus au nord.
Des duvets au cas où...
Demain à l'aube, un avion de l'armée américaine partira ravitailler la base scientifique NEEM, située au cœur de la calotte glaciaire et nous comptons bien en profiter pour leur faire une petite visite. Nous avons donc rendez vous avec J.-P. Steffenson, coordinateur de la mission pour fixer les derniers détails.
Rassurant, ce professeur de mathématiques qui effectue sa 24e mission au Groenland nous distribue des duvets "au cas ou l'avion devrait se poser en urgence sur la glace et que vous deviez y passer la nuit ". Le scientifique nous explique les conditions de vie difficiles dans cette base ou la température oscille entre moins 15 et moins 30 degrés. Un coin idéal pour faire du camping. En forant la glace, qui a cet endroit fait plus de 2500 mètres d'épaisseur, les scientifiques tentent de reconstituer le climat qui régnait il y a plus de 130 000 ans. Ils nous expliqueront ça demain...
Une chute de température de soixante degrés !
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| Image d'archives |
"5h30 du matin dans l'aérogare de Roissy. Les voyageurs regardent nos anoraks avec étonnement. Difficile d'imaginer dans la torpeur hexagonale du mois d'août que l'on va perdre soixante degrés d'ici quelques heures. Dans nos sacs de voyages gants et bonnets ont remplacé les maillots de bain, et l'optique de la caméra a été spécialement regraissée pour résister aux grands froids qui nous attendent.
Les icebergs d'Illulisat à l'Ouest, les glaciers de la région de Kulusuk à l'Est et la visite de l'expédition de forage scientifique Neem dans le Grand nord, notre mission au Groenland doit durer 10 jours. Dix jours de reportage dans cette île glacée, grande comme trois fois la France, qui fond chaque année un peu plus.
Avec ses 2,7 millions de kilomètres cubes d'eau glacée le Groenland est le deuxième plus grand château d'eau du monde derrière l'antarctique. Là bas le réchauffement climatique est une réalité : la fonte progressive des glaciers est responsable d'une élévation du niveau des océans de 0,3 mm par an. C'est l'équivalent de la totalité des glaciers alpins qui fond chaque année. Depuis le milieu des années 90, la calotte polaire groenlandaise est sous haute surveillance.
Aujourd'hui nous partons à la découverte de cette contrée fragile, à la rencontre de ses habitants et des scientifiques qui travaillent sur place. Vous retrouverez bientôt nos reportages dans les différentes éditions des journaux de TF1, sur LCI Radio, et dans notre carnet sur LCI.fr où nous tenterons de vous faire partager notre quotidien de reporter du Grand Nord."
Par Mathieu Benoist
avec Iker ZABALA (caméra)
et Alain SIMONET (son et monatge)
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