René Marquèze, le chasseur qui a tué l'ourse Cannelle en novembre 2004 © TF1/LCIL'ourse Cannelle était la dernière ourse de souche pyrénéenne. Et sa mort avait provoqué l'émoi des associations écologistes en 2004. René Marquèze, le chasseur qui l'avait tuée, a été condamné jeudi en appel à payer près de 11.000 euros à plusieurs associations. Il avait pourtant été relaxé en première instance par le tribunal correctionnel de Pau, en avril 2008, du chef de "destruction d'espèce protégée". Mais la cour d'appel de Pau a examiné en mai dernier les demandes de dommages et intérêts, et a chiffré la note réclamée au chasseur pour faire droit aux demandes de sept des huit parties civiles.
La dernière ourse des Pyrénées finira au musée
Le cadavre de l'ourse Cannelle, tuée il y a sept ans par un chasseur, va être remis au Muséum de Toulouse. Cannelle, dernière ourse pyrénéenne de souche pure du côté français du massif, rejoindra ainsi Papillon, dernier mâle de souche pure, mort de vieillesse la même année.
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La défense de René Marquèze, qui avait soutenu que "l'intéressé avait agi en état de nécessité", n'a "pas exclu un pourvoi en cassation". Me Jean-Pierre Casadebaig, avocat du chasseur, s'est ému : "Il est difficile pour un profane de comprendre qu'on puisse être complètement innocenté sur le plan pénal et qu'on puisse, pour d'autres motifs, être déclaré responsable de la mort de l'ourse".
"Il faut que les chasseurs évoluent dans leur comportement"
Me François Ruffié, avocat de trois associations de protection de l'environnement, a au contraire affiché sa "grande satisfaction", lisant dans cette décision "un appel à la responsabilité individuelle" des chasseurs qui doivent "apprendre à s'autoréguler". Selon lui, "rien ne remplacera l'ourse qui a disparu", mais "le délit de destruction d'espèce protégée est constitué". René Marquèze n'écopera "d'aucune sanction mais il a commis un délit, pour nous, c'est essentiel", a-t-il dit. "Il faut que les chasseurs évoluent dans leur comportement, collectivement mais surtout individuellement", a ajouté l'avocat, estimant l'arrêt de la cour d'appel "porteur d'avenir pour préserver la chasse elle-même mais aussi pour les autres espèces qui restent", comme le loup et le lynx.
La mort de l'animal, en novembre 2004, avait incité le gouvernement à mettre en place un plan de "renforcement de la population d'ours bruns" dans les Pyrénées avec l'introduction de plantigrades slovènes. Ce plan avait été vivement contesté par les éleveurs de l'Ariège et des Hautes-Pyrénées.
D'après agence
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