Une pompe à essenceQuel est le but de cette taxe carbone, ou contribution climat énergie (CCE) ?
L'objectif visé est de réduire la consommation des énergies fortement émettrices de gaz à effet de serre, en premier lieu de CO2, responsables du réchauffement climatique. L'idée est donc de "donner un prix au carbone" pour inciter ménages et entreprises à modifier leurs comportements.
Sur quels produits portera-t-elle ?
La CCE s'appliquera aux seules consommations d'énergie fossiles (pétrole, gaz, charbon) des ménages et des entreprises. François Fillon a en revanche exclu que la consommation d'électricité soit concernée, en affirmant que "si la France rejette moins de carbone que les autres pays, c'est grâce à l'électricité, elle-même très majoritairement issue du nucléaire".
Combien coûtera la CCE ?
François Fillon annoncé que cette taxe serait calculée sur la base de 14 euros par tonne de CO2 émise, ce qui correspond à son prix actuel sur le marché des droits d'émission. Mais Nicolas Sarkozy a ajouté que rien n'était décidé de ce côté là. Il réfléchit encore.
Le rapport Rocard sur la CCE préconisait 32 euros par tonne. Sur la base des calculs de ce rapport, à 14 euros cette taxe devrait rapporter quelque 3,5 milliards de recettes à l'Etat et coûte de 75 à 130 euros en moyenne par an aux ménages. Le litre de carburant augmenterait ainsi de 3 à 3,5 centimes.
Qui la paiera ?
Tous les ménages devraient y être assujettis. Pour les entreprises, elle ne concernera pas les plus gros pollueurs (producteurs d'électricité, cimentiers, chimistes, sidérurgistes...), déjà assujettis au système européen des quotas.
Cela se traduit-il par une hausse des impôts en France ?
François Fillon a promis que la CCE n'aboutirait pas à une hausse des prélèvements obligatoires. "La taxe carbone est un transfert de fiscalité, pas une taxe nouvelle", a-t-il assuré. Reste à savoir si l'intégralité de la CCE sera redistribuée et à qui.
Quelles compensations pour les ménages ?
Ils "bénéficieront d'une diminution de la fiscalité sur le travail, soit par l'impôt sur le revenu, soit par une baisse des cotisations sociales", selon le Premier ministre. "Les sommes versées" au titre de la taxe carbone seraient rendues "la même année" aux ménages, selon le ministre du Budget, Eric Woerth. Les contribuables les plus défavorisés, les "inactifs" et les "habitants des territoires ruraux", pour lesquels il est plus difficile d'opter pour des modes de déplacement propres, François Fillon envisage "des mesures financières d'accompagnement", sans plus de précision.
Pour les entreprises ?
Selon François Fillon, la taxe "sera compensée par une suppression de la part de la taxe professionnelle qui porte sur les investissements", réforme décidée par le président Sarkozy mais dont les modalités restent à définir. Toutefois, sous la pression du patronat, qui réclame un "chèque vert", des "allègements de charges" voire "un crédit impôt recherche sur les économies d'énergie", certains, comme le secrétaire d'Etat aux PME Hervé Novelli, disent réfléchir à une compensation pour les entreprises les plus touchées.
Quand sera-t-on fixé sur ce dispositif ?
Une "réunion d'arbitrage" est prévue vendredi avec Nicolas Sarkozy, qui devrait trancher dans les jours qui viennent, afin que la CCE puisse être inscrite dans le projet de budget 2010, qui doit être présenté au plus tard le 30 septembre.
(Agence)
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