© TF1/LCILa Société du pipeline sud-européen (SPSE) dont une conduite s'est rompue début août dans la réserve naturelle nationale de la Crau, provoquant une importante pollution aux hydrocarbures, a reconnu lundi que la nappe phréatique de la zone était touchée. "Des signatures (traces) en hydrocarbures sur certains des piézomètres (instruments de mesure installés autour de la zone polluée) ont pu être relevées", a indiqué la société qui appartient à plusieurs groupes pétroliers dont le français Total. "Une campagne de prélèvements et d'analyses faite sur les puits et captage d'eau potable à proximité ne révèle aucun signe de pollution", a ajouté la SPSE, qui compte déterminer la part de pollution de la nappe qui lui est "imputable" et pourrait mettre en œuvre un protocole de traitement de la nappe "en cas de pollution avérée". Des analyses doivent également mesurer les impacts éventuels sur la faune et la flore.
La rupture d'un oléoduc avait entraîné le 7 août le déversement de 4.000 m3 de pétrole dans la réserve. Selon une première estimation, les travaux de dépollution consistent à retirer 36.000 tonnes de terre sur cinq hectares touchés, avec une rotation d'environ 1.500 camions. Mais un volume de terre supplémentaire "très significatif" devra encore être retiré, la pollution ayant été, par endroits, plus profonde qu'initialement estimé, a précisé la SPSE.
Le processus de dépollution critiqué par les écologistes
Ces annonces interviennent alors que des associations de défense de l'environnement ont accusé lundi la société de procéder à "une dépollution qui accentue le désastre écologique" causé par la rupture de l'oléoduc. Ces associations "redoutent que la priorité pour la SPSE soit juste de remettre le pipeline en état de marche au plus vite", selon un communiqué signé notamment par France Nature Environnement (FNE), l'Union régionale du Sud-Est pour la sauvegarde de la vie, de la nature et de l'environnement (URVN) et la Ligue pour la protection des Oiseaux (LPO). Elles réclament une réunion urgente avec tous les acteurs concernés pour établir un cahier des charges sous tutelle de l'Etat, un suivi du chantier de dépollution et une analyse sur l'état des canalisations qui traversent la Crau.
Selon elles, "la circulation se fait de manière désordonnée" sur le chantier et "les engins roulent et écrasent végétaux et animaux sur plus de 13 hectares de milieu naturel protégé" alors qu'"aucune voie d'accès n'a été définie en accord avec la réserve naturelle". La SPSE a répondu à ces accusations dans son communiqué tout en reconnaissant quelques dérapages par rapport au protocole de dépollution retenu : il a fallu agir, selon elle, "dans une grande urgence" pour éviter une extension de la pollution par pénétration dans le sol et via des épisodes pluvieux. La société assure avoir mis en place "le maximum de mesures de protection et aujourd'hui il y a un plan de circulation très strict, avec une seule voie de passage", a expliqué une porte-parole. "Les camions entrent par convois, les pistes de circulation ont été réduites, on les arrose pour éviter les soulèvements de poussière", a-t-elle poursuivi, assurant que la SPSE travaillait en totale concertation avec les responsables de la réserve.
D'après agence
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