© AFPLes algues vertes ont-elles tué un homme cet été ? Un salarié de 48 ans d'une société de transport des Côtes d'Armor est décédé le 22 juillet alors qu'il venait de vider un caisson d'algues vertes en état de décomposition à la déchetterie de Lantic. Selon le quotidien Ouest France, qui révèle l'affaire samedi, c'était son troisième aller-retour de la journée.
Dix minutes après son dernier déchargement, cet habitant de Lanvollon, avait été retrouvé mort, au pied de son camion. Son camion avait fini sa course contre le mur d'une habitation. Dans un premier temps, les autorités avaient cru à un malaise cardiaque. Mais certaines associations en lutte contre les algues vertes soupçonnent un lien de cause à effet avec le travail de la victime. Un chercheur du CNRS émet également de forts soupçons. Selon Claude Lesné, médecin au CNRS et au Département de santé publique de l'université de Rennes 1, qui dit ne disposer "d'aucun document écrit" mais a rassemblé des informations, "le chauffeur du camion avait transporté des caissons d'algues vertes en état de décomposition et a été exposé". M. Lesné a expliqué que "les scénarios" d'intoxication aux algues vertes, dûs au gaz dégagé par la décomposition, ressemblaient "étrangement" à ce décès. "D'après ce qu'on m'a dit il était cyanosé", a-t-il ajouté, expliquant que l'exposition aux algues vertes en décomposition pouvait, entre autres, provoquer un oedème pulmonaire et aussi un accident cardiaque. Le préfet a été alerté de l'affaire. Il a transmis le dossier à la justice.
"Risque mortel"
Début août, les algues vertes avaient défrayé la chronique après la mort d'un cheval enlisé sur une plage près de Lannion (Côtes-d'Armor). Selon les enquêteurs, le cheval était mort "empoisonné" après s'être enlisé dans une zone mouvante proche de la plage de Saint-Michel-en-Grève, près de Lannion (Côtes d'Armor), fortement touchée par les algues vertes. Son cavalier qui se trouvait à côté de lui avait été sauvé de justesse par un témoin de la scène après avoir perdu connaissance. Après cette affaire, le Premier ministre François Fillon s'était rendu sur place le 20 août et avait promis la "prise en charge" du nettoyage des plages envahies d'algues vertes, dont la toxicité est officiellement confirmée.
Un rapport commandé par le gouvernement a en effet relevé sur la plage de Saint-Michel-en-Grève des niveaux de gaz "présentant un risque mortel en quelques minutes". "Le principal composé mis en évidence, l'hydrogène sulfuré, est toxique par inhalation", confirment les experts. Ajoutant : "l'étude a mesuré des valeurs très localisées [1.000 ppm (parties par million), NDLR] présentant un risque mortel en cas d'exposition pendant une durée de quelques minutes". La prolifération de ces algues est associée aux engrais (nitrates) utilisés dans l'agriculture mais aussi à certaines activités urbaines et industrielles.
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