L'Autorité de sûreté nucléaire a décidé de classer au niveau 2 un incident survenu sur le site du CEA à l'arrêt depuis 2003. Les travaux de démantèlement sont interrompus. © eTF1Les responsables du site du CEA à Cadarache, qui fête vendredi ses 50 ans, assurent n'avoir pas pris de risque inconsidéré lors du démantèlement de l'Atelier de technologie du plutonium (ATPu), où les dépôts de poussières résiduelles à l'issue de l'exploitation ont été fortement sous-estimés. Le parquet d'Aix-en-Provence a ouvert une enquête préliminaire, saisi du procès-verbal que lui a fait parvenir l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à la suite de l'incident.
L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a décidé mercredi de classer l'incident au niveau 2 de l'échelle de gravité Ines (qui en compte 7), reprochant en particulier au CEA d'avoir attendu le 6 octobre pour signaler officiellement cette sous-estimation connue depuis juin. "On a averti par téléphone l'ASN", et attendu de "comprendre d'où ça vient" avant de le faire par écrit, a affirmé jeudi soir devant la presse le directeur du centre CEA de Cadarache, Serge Durand, précisant que l'ATPu a été inspectée "vingt fois en trois ans".
Inauguré en 1964, l'ATPu a produit 345 tonnes de combustible Mox, mélange de plutonium et d'uranium, depuis 1986, selon M. Durand. C'est au cours de cette période que des poussières radioactives se seraient progressivement accumulées dans des recoins totalement inaccessibles, à l'intérieur des 450 "boîtes à gants" ou compartiments étanches servant à manipuler le combustible. Environ 150 boîtes à gants, soit un tiers du total, avaient été démantelées en juin, lorsque les responsables ont constaté que les résidus de plutonium atteignaient 22 kg, au lieu des 8 kg qu'ils avaient prévus de trouver répartis dans les 450 boîtes à gants. Au total, les dépôts pourraient, selon une nouvelle estimation du CEA, s'élever à 39 kg au sein de l'ATPu en cours de démantèlement depuis mars. "On a démantelé en premier les 150 boîtes qui contenaient le plus de matière, on est sûr que dans les 300 dernières il y en a moins", a déclaré M. Durand lors d'un dîner avec un groupe de journalistes. Il a aussi relevé que l'écart constaté avait été signalé en juin à l'Euratom et qu'aucune matière fissile n'avait pu sortir sans autorisation des installations.
Quant au risque d'accident, "c'est évident qu'on était loin des limites", a assuré M. Durand, surpris que l'ASN ait demandé l'arrêt des opérations de démantèlement. D'après Thierry Charles, directeur de la sûreté de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui a réalisé une inspection mardi, "on ne craignait pas l'accident", car les poussières "n'atteignaient pas les masses critiques", la limite étant de ne pas dépasser 11 kg par boîte à gant. L'IRSN avait estimé que le démantèlement pouvait "redémarrer sans problème s'il y avait moins de 200 grammes de résidus de plutonium dans une boîte à gant". Dans les autres cas, le redémarrage ne pouvait se faire avant "d'envoyer un dossier montrant que l'estimation était crédible", a-t-il dit.
D'après agence
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