La taxe carbone débarque le 1er janvier 2010 © Médiathèque de la Commission européenL'étude sur les biocarburants disponible sur le site de l'Ademe
Ils ont été portés aux nues, présentés comme la solution miracle à la crise de l'énergie, avant d'être accusés de tous les maux, et notamment d'empiéter sur les cultures destinées à la consommation humaine. Au bout du compte, les biocarburants sont-ils, ou ne sont-ils pas, une avancée pour la protection de l'environnement ? L'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (Ademe pour les intimes) a essayé de répondre à la question et a fait le bilan écologique des divers biocarburants. Un bilan qui, souligne-t-elle en publiant les résultats de son étude, varie beaucoup selon le type de cultures utilisé, du meilleur (la canne à sucre), au médiocre (le blé ou la betterave).
"La grande majorité" des agrocarburants de première génération s'avèrent ainsi moins émissifs de gaz à effet de serre (GES) que les carburants fossiles, représentant une économie moyenne de 60 à 80% pour les plus performants, conclut cette étude réalisée par le bureau Bio Intelligence Service pour le compte de l'Ademe. Au tableau d'honneur, le rapport accroche l'éthanol de canne à sucre (90% de GES en moins) et le diester produit à partir de graisse animale ou d'huile végétale usée. Dans la moyenne figurent l'éthanol de blé, le biodiesel de tournesol, l'huile de palme ou de soja.
Les facteurs pris en compte
Mais le bilan devient franchement médiocre pour la filière ETBE, issue des éthanols de betterave, de blé, de maïs: ceux-là, avec à peine 20% d'émissions en moins ne passeront tout simplement pas la rampe de la future directive européenne qui, à partir de 2017, exigera une économie de GES de 50% au moins.
Cette étude prend en compte le périmètre agricole des biocarburants, de la culture des plantes - énergie consommée, engrais... - jusqu'à leur transport et transformation industrielle. En revanche, souligne Jean-Louis Bal, directeur des Energies renouvelables à l'Ademe, elle n'intègre pas l'impact du changement d'affectation des sols. Par exemple, en transformant une prairie ou une forêt, capable de stocker du CO2 dans leur sol, en un champ de cultures qui va au contraire en émettre, on renverse le bilan environnemental des biocarburants.
"On peut avoir des émissions deux à quatre fois supérieures du fait du changement d'affectation des sols : on peut alors parler de bilans catastrophiques", indique Louis Bal, mentionnant l'exemple de l'huile de palme ou de soja, produites sur le sol d'anciennes forêts tropicales. "Globalement en France, on est sûr de ne pas avoir de changement d'affectation des sols direct et au sein de l'Union européenne, on a une certaine sécurité sur ce point", assure-t-il. "Mais si vous utilisez du blé pour produire de l'éthanol, cette culture sera compensée ailleurs dans le monde. Avec le risque qu'elle le soit sur une ancienne prairie, hors de l'UE", nuance-t-il. Produits à partir d'herbes et de résidus agricoles et forestiers, cette seconde génération permettrait d'utiliser une plus grande variété de plantes et ne se substituerait pas, a priori, à des cultures alimentaires.
D'après agence
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