Barack Obama, le 9 septembre 2009, lors de son discours au Congrès sur la Santé © ReutersLa conférence de Copenhague sur le climat s'annonce depuis mercredi sous de meilleurs auspices. Les Etats-Unis ont fait deux gestes. L'un, symbolique et internationalement salué : l'annonce de la participation de Barack Obama. L'autre, plus concret mais jugé en revanche notoirement insuffisant par les organisations écologistes : l'annonce d'objectifs chiffrés de réduction de leurs émissions polluantes.
Obama et la Chine pour un accord à "effet immédiat" à Copenhague
Lors de leur entrevue, les présidents américain et chinois ont convenu qu'il était nécessaire que la conférence sur le climat de Copenhague soit un "succès".
Publié le 17/11/2009
New York pour sauver Copenhague
Deux mois et demi avant la grande conférence prévue dans la capitale danoise, l'Onu tente d'aplanir les divergences sur la réduction des gaz à effet de serre.
Publié le 22/09/2009
Les regards internationaux étaient tournés vers Obama et les Etats-Unis avant cette conférence qui est censée aboutir à un traité prenant la relève du protocole de Kyoto, mais qui est confrontée aux intérêts difficilement conciliables des principaux protagonistes, des grands pays industriels aux pays en développement en passant par les puissances émergentes comme la Chine et l'Inde. La conclusion d'un nouveau traité à Copenhague paraît hors d'atteinte. Mais nombreux étaient ceux qui attendaient d'Obama qu'il tienne la grande promesse de rupture avec les politiques de son prédécesseur et qu'il donne l'exemple pour que Copenhague, du 7 au 18 décembre, s'achève au moins par un accord et non un échec et prépare le terrain pour l'avenir.
"Une séance photo sur le chemin d'Oslo"
Si le président américain a décidé de se rendre le 9 décembre à Copenhague, c'est parce qu'il a estimé que sa présence "donnera de l'élan aux négociations et, selon nous, augmentera les chances de succès", a souligné son conseiller. Et pour accroître cet élan, il ne se déplacera pas les mains vides : il mettra sur la table un objectif de 17% de réduction des émissions de gaz à effet de serre américaines d'ici à 2020 et par rapport à 2005. L'objectif à long terme de Barack Obama étant de réduire les émissions de 83% d'ici à 2050. La feuille de route de son administration pour y parvenir est : 17% d'ici à 2020 donc, 30% d'ici à 2025 et 42% d'ici à 2030, a dit son administration.
Enthousiasme poli et de rigueur du côté des Nations Unies : si Obama se déplace effectivement pour énoncer l'objectif de 17%, mais aussi pour s'engager financièrement à aider les pays les plus pauvres confrontés au réchauffement, cela donnera un "gros coup de fouet" à la conférence, a souligné Yvo de Boer, le responsable du climat à l'ONU. Tout aussi élogieux, mais nettement moins enthousiaste, le ministre français de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a vu là "une première réponse extrêmement encourageante", notant toutefois qu'après les annonces américaines, "on est loin des 25 à 40% en 2020" de réduction préconisés par les scientifiques. Enfin, pour l'organisation Greenpeace, vu que le président américain arrivera et repartira avant la plupart des dirigeants étrangers, et qu'il viendra avec des objectifs insuffisants, son voyage n'est "rien d'autre qu'une séance photo" sur le chemin d'Oslo, où il doit de toute façon se rendre le 10 décembre pour recevoir le prix Nobel de la paix.
Mais Obama fait face aux Etats-Unis aux fortes résistances motivées par la peur des effets qu'auraient sur une économie mal en point des engagements climatiques plus contraignants. Un sondage pour le Washington Post indique que le pourcentage des Américains qui croient à la réalité du changement climatique est tombé en un an de 80% à 72%. Les craintes des Américains sont manifestes au Congrès, qui peine à adopter une loi limitant les émissions de gaz à effet de serre. Les 17% annoncés mercredi sont conformes aux objectifs contenus dans un texte provisoire et qui paraissent maigres à beaucoup.
| La Chine aussi fait un geste |
Au lendemain des promesses de la Maison Blanche, et à dix jours de l'ouverture de la conférence de Copenhague sur le climat, la Chine a annoncé jeudi pour la première fois un objectif de réduction chiffrée de ses émissions de gaz à effet de serre par unité de PIB de 40 à 45% par rapport à 2005 en 2020. |
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