Le sommet de Manaus, bien que réduit à sa plus simple expression par l'absence de six chefs d'Etat sur les huit que compte l'Organisation du traité de coopération amazonienne (OTCA), dont le Vénézuélien Hugo Chavez, le Bolivien Evo Morales, le Colombien Alvaro Uribe et le Péruvien Alan Garcia, a répondu au moins en partie au voeu exprimé par Nicolas Sarkozy et son hôte, le président brésilien Lula.
Obama et la Chine pour un accord à "effet immédiat" à Copenhague
Lors de leur entrevue, les présidents américain et chinois ont convenu qu'il était nécessaire que la conférence sur le climat de Copenhague soit un "succès".
Publié le 17/11/2009
New York pour sauver Copenhague
Deux mois et demi avant la grande conférence prévue dans la capitale danoise, l'Onu tente d'aplanir les divergences sur la réduction des gaz à effet de serre.
Publié le 22/09/2009
Tous deux voulaient élargir le front de ceux qui réclament un accord contraignant au sommet de Copenhague et veulent faire pression en ce sens sur les Etats-Unis et la Chine. Dans une déclaration finale, les pays de l'OTCA "saluent l'initiative des gouvernements du Brésil et de la France". Un soutien dont la délégation française veut bien se contenter, en rappelant que certains Etats signataires dénonçaient il y a peu toute tentative d'impliquer les pays en développement dans la lutte contre le réchauffement climatique. "Que ces mêmes pays saluent l'initiative franco-brésilienne, c'est considérable", souligne la présidence française.
Nicolas Sarkozy va désormais tenter ce vendredi, dans l'archipel des Caraïbes de Trinité-et-Tobago, où se tient le sommet du Commonwealth, d'enrôler dans la croisade franco-brésilienne un bien plus gros morceau, l'Inde, ainsi que l'Afrique du Sud. Avant de s'adresser en séance plénière aux chefs d'Etat et de gouvernement des 53 pays du Commonwealth - une première pour un président français - il doit déjeuner avec le Premier ministre indien Manmohan Singh et s'entretenir avec le président sud-africain Jacob Zuma. En attendant, il s'est autorisé jeudi soir une petite leçon de diplomatie à l'adresse du président américain Barack Obama, qui a annoncé sa venue à Copenhague le 9 décembre, alors que les chefs d'Etat et de gouvernement n'y sont attendus que le 17.
Remontrances à Obama
Si Nicolas Sarkozy est prêt, selon l'Elysée, à participer à un éventuel mini-sommet le 9 décembre dans la capitale danoise et à y revenir le 17, il ne s'est pas privé de critiquer publiquement l'idée d'une rencontre intermédiaire. "Je ne voudrais surtout pas qu'on soit discourtois à l'endroit des Danois et des 66 chefs d'Etat et de gouvernement qui ont déjà donné leur accord" pour venir à la conclusion de la conférence, a-t-il dit lors d'une conférence de presse commune avec Lula et le président Bharrat Jagdeo du Guyana. Il a néanmoins jugé "extrêmement encourageantes" les propositions américaines de réduction des émissions de GES des Etats-Unis, ainsi que celles de la Chine. Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils proposeraient de réduire de 17% leurs émissions en 2020 par rapport à 2005 (3% par rapport à 1990), de 18% en 2025 par rapport à 1990 et de 32% d'ici 2030, également par rapport à 1990.
Nicolas Sarkozy a dit "comprendre qu'un certain nombre de pays commencent tout doucement et accélèrent par la suite". "Il y a une semaine nous n'avions pas encore des chiffres aux Etats-Unis ou en Chine", a pour sa part déclaré le président brésilien. "Actuellement, les Etats-Unis ont un chiffre. Ce n'est pas le chiffre que j'aimerais mais ils ont un chiffre". La Chine a pour sa part annoncé jeudi qu'elle se fixait pour objectif de réduire de 40 à 45% d'ici 2020 "l'intensité carbone" de son économie - la quantité de gaz à effet de serre rejetée pour chaque yuan de revenu national - par rapport à 2005. Pour la délégation française, cette position "très intéressante" demande encore à être ramenée à des dates de référence et des critères communs avec les engagements des autres pays participants aux négociations.
La conférence de Copenhague doit en outre aller au-delà d'engagements à réduire les émissions de CO2, ont estimé Lula et Nicolas Sarkozy, pour qui Copenhague doit prévoir le financement d'une aide aux pays en voie de développement. Il a ainsi estimé qu'une aide publique d'une dizaine de milliards de dollars par an devrait être prévue ces trois prochaines années pour aider les pays les plus pauvres à accéder à une énergie décarbonée sans attendre l'entrée en vigueur du traité sur le climat censé remplacer le protocole de Kyoto. Il a proposé que 20% de cette aide soient consacrés à la préservation de la forêt dans les principaux bassins forestiers du monde - l'Amazonie, le bassin du Congo et l'Indonésie.
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