Climat: après des tensions, Ban Ki-moon appelle à redoubler d'efforts

Par TF1 News (D'après agence), le 14 décembre 2009 à 19h18 , mis à jour le 14 décembre 2009 à 22h30

Dossier : Le sommet de Copenhague

Le chef de l'ONU a rappelé que "chaque pays devait prendre sa part pour sceller un accord à Copenhague", après que les pays africains eurent brièvement suspendu leur participation pour exprimer leur frustration.

[Expiré] [Expiré] sécheresse Copenhague climat réchauffement climatique © AFP

picto sommet copenhagueIl a remis les pendules à l'heure en rappelant que le temps était compté. Depuis New York, le secrétaire général de l'ONU a mis en garde les négociateurs : "Ce n'est plus le moment de gesticuler (...) chaque pays doit prendre sa part pour sceller un accord à Copenhague, a lancé Ban Ki-Moon. Si on laisse aux dirigeants le soin de tout régler à la dernière minute, on risque d'avoir un accord faible, ou pas d'accord du tout".

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Les délégués de 193 pays -dont plus de 110 chefs d'Etat attendus en sommet le 18 décembre- doivent s'accorder d'ici vendredi sur la meilleure façon de limiter le réchauffement à 2°C, au-dessus des niveaux pré-industriels pour éviter le chaos climatique. Le président américain Obama, attendu vendredi matin, entend aboutir à un accord "qui exige des pays qu'ils prennent des mesures significatives", a souligné à Washington Robert Gibbs, porte-parole de la Maison Blanche.
 
A l'ouverture de la deuxième semaine des négociations, des maladresses de procédure ont exacerbé la frustration des pays africains qui ont brièvement suspendu leur participation aux travaux. A la fin de cette journée de tensions, la présidente danoise de la conférence, Connie Hedegaard, a dédramatisé la colère africaine, tout en prédisant d'autres "mini-crises" d'ici vendredi car il y a "beaucoup d'intérêts en jeu", a-t-elle expliqué.
 
"De nombreuses questions à résoudre"
 
Les 53 pays africains, emmenés par l'Algérie, entendaient protester contre le manque d'attention portée à l'avenir du Protocole de Kyoto, qui impose des contraintes aux pays développés jusqu'à fin 2012. "C'est le seul instrument qui nous garantisse que les uns et les autres prendront des engagements minimaux" pour réduire les gaz à effet de serre au-delà de 2012, plaide le délégué du Gabon. "Pour les Africains et la plupart des pays en développement, un bon Kyoto vaut mieux que deux tu l'auras", note l'ambassadeur de France pour le climat, Brice Lalonde.
 
Mais Japon et Australie refusent de discuter de nouveaux engagements tant que les débats ne progressent pas sur ceux des Etats-Unis et des grands pays émergents. Et l'Union européenne répugne à froisser les milieux économiques en affichant des ambitions que d'autres ne partageraient pas, selon Brice Lalonde. Mais selon un observateur européen, la crise a surtout pris racine en raison d'une maladresse de la présidence danoise, qui a "voulu avancer trop vite" en réunissant dès samedi, et de nouveau dimanche, les premiers ministres de l'environnement arrivés à Copenhague, alors que la plupart des pays n'enverront les leurs qu'à partir de mardi soir. "Les choses sont rentrées dans l'ordre. La présidente a joué un rôle utile, pertinent et décisif" après consultations, a assuré Jean-Louis Borloo.
 
Reste que la conférence a perdu une demi-journée de travail, à quatre jours de l'échéance et alors que des divergences importantes continuent d'opposer pays développés - parfois entre eux - et pays en développement sur les points cruciaux : financement de l'accord, engagements de réductions d'émissions et mécanismes de contrôle. "De nombreuses questions sont à résoudre dans les prochains jours", a prévenu le ministre britannique du Climat. De son côté, le Premier ministre australien a exhorté chacun à davantage de souplesse : "Pour parvenir à un accord fort, il va falloir plus de compromis, de toutes parts", a-t-il dit en évoquant un "risque d'échec" encore possible. A Bruxelles, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a également lancé une mise en garde : "De quoi aurons-nous l'air, vendredi ou samedi, s'il y a plus de 100 chefs d'Etat et de gouvernement venus du monde entier et que nous disons au monde qu'il n'a pas été possible de se mettre d'accord ?", s'est-il interrogé, jugeant un tel scénario "impensable". D'avance, la Chine a exclu toute responsabilité dans un éventuel échec.

Quelques incidents à la manifestation de lundi

La manifestation qui s'est déroulée lundi après-midi à Copenhague à l'initiative du collectif "Climate no borders" pour réclamer notamment l'ouverture des frontières aux réfugiés climatiques s'est terminée par quelques incidents.
 
Plusieurs dizaines de manifestants vêtus de noir et proches des groupuscules ultra-violents des "Black Blocs" se sont en effet mêlés au défilé Arrivés dans l'après-midi en face du Parlement, les jeunes gens ont déterré un lampadaire et détaché un ballon géant symbolisant une tonne de CO2, qu'ils ont fait rouler sur quelques centaines de mètres dans l'avenue longeant le château de Christiansborg. Les forces de l'ordre ont réussi, à l'aide de chiens policiers, à repousser peu à peu les derniers manifestants vers le quartier de Christianshavn, hors du centre-ville, qui abrite le grand squat alternatif de Christiania. Une quinzaine de personnes ont été arrêtées.

Par TF1 News (D'après agence) le 14 décembre 2009 à 19:18
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