Photo satellite du cyclone Gamède, "menace la plus sérieuse depuis trois ans" pour la Réunion selon Météo-France (23 février 2007) © TF1/LCITF1 News : Les perturbations actuelles du climat sont-elles sans équivalent dans l'histoire humaine, ou y a-t-il d'autres exemples passés ?
La bataille du climat, bataille diplomatique
Le sommet de Copenhague sera aussi un bras-de-fer entre les différents pays, institutions et chefs d'Etat présents. Revue d'effectifs des positions des principaux protagonistes.
Publié le 07/12/2009
Le coeur de la planète bat à Copenhague
30.000 personnes attendues, dont une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement : le sommet sur le climat est inédit par son ampleur, mais aussi par ses enjeux.
Publié le 07/12/2009
TF1 lance le 1er indice "carbone" mensuel
Lundi 7 décembre, le JT de 20h présentera un nouvel indicateur mensuel de la consommation en carbone des Français. Sur TF1 News, les internautes pourront mesurer leur consommation individuelle à l'aide d'une calculette.
Publié le 03/12/2009
Mobilisés pour éviter un désastre climatique
La conférence de Copenhague sur le climat s'est ouverte lundi sur un appel à saisir une chance qui ne se représentera peut-être jamais pour définir une riposte mondiale face au réchauffement qui menace la planète.
Publié le 07/12/2009
La police danoise sur le pied de guerre
Plus de la moitié des policiers danois mobilisés, un centre de détention monté pour l'occasion et une législation "anti-casseurs" adoptée à la hâte : Copenhague s'attend au pire pour le sommet sur le climat.
Publié le 07/12/2009
Greenpeace s'attaque aux déchets nucléaires français
A quelques heures de l'ouverture du sommet de Copenhague, un militant de l'association s'est enchaîné toute une nuit sur une voie ferrée pour empêcher le départ d'un chargement d'uranium appauvri pour la Russie.
Publié le 07/12/2009
Roulements de tambours à deux jours de Copenhague
Des centaines de personnes ont battu le tambour et tapé sur des casseroles samedi dans une dizaine de villes françaises, pour "monter le son" à deux jours de la conférence sur le climat.
Publié le 05/12/2009
Valérie Masson-Delmotte, climatologue (1): Au cours des 2000 dernières années, on a suffisamment d'archives pour se rendre compte que le climat a subi de petites variations de températures. L'un des exemples les plus connus est appelé "optimum climatique médiéval", période plus chaude entre les années 950 et 1350. Mais on pense aujourd'hui qu'il s'agissait d'un réchauffement purement régional concernant une partie de l'hémisphère Nord (Atlantique nord, Sibérie), quand d'autres zones comme le Pacifique étaient au contraire plus fraîches. Le réchauffement actuel, lui, est global.
TF1 News : Pourtant, les Vikings, en découvrant le Groenland, l'ont baptisé "terre verte", ce qui semble indiquer qu'il n'y avait pas de glaces...
VMD : C'est l'une des meilleures campagnes de pub de ceux qui nient le réchauffement climatique ! Mais on sait aujourd'hui quel type de végétation poussait au Groenland à l'époque des Vikings. Des sondages pratiqués dans des lacs dégelés durant l'été ont permis de recueillir d'anciens pollens. Et je peux vous dire que depuis 2000 ans, la végétation est la même : une toundra qui fleurit l'été sur une bande de terre de 20 km comprise entre l'océan et la calotte polaire. La calotte elle-même avait la même épaisseur au temps des Vikings qu'au XXe siècle : à peu près 3000 m d'épaisseur en son centre.
TF1 News : Quels facteurs naturels peuvent faire varier le climat ?
VMD : L'activité solaire, tout d'abord. On sait aujourd'hui que le soleil connaît des cycles : celui des taches solaires court sur 11 ans. L'énergie reçue par la Terre peut donc varier dans le temps. Si l'on remonte dans le passé, on constate des périodes prolongées d'activité solaire réduite. Elles nous sont connues notamment grâce aux observations des premiers astronomes, vers 1650. Mais aussi à travers des mesures des composants apportés par le soleil dans la haute atmosphère. Grâce à ces marqueurs, comme le carbone 14 ou le béryllium 10, on a une idée qualitative des variations de l'activité du soleil dans le temps.
Outre le soleil, le volcanisme a un impact important, notamment lors d'éruptions qui rejettent beaucoup de particules dans l'atmosphère : elles ont un "effet parasol" qui peut avoir des répercussions pendant des années sur le climat. C'est d'ailleurs ainsi que l'on pense pouvoir expliquer le fameux "optimum climatique médiéval" : une période assez longue sans éruption volcanique, suivie d'une période marquée par une activité solaire forte.
Au-delà de ces facteurs, d'autres peuvent avoir un effet limité dans le temps mais ressenti sur toute la planète, comme le phénomène d'oscillation thermique du Pacifique Oriental, marqué par l'alternance de courants chauds (El Niño) ou froids (La Niña).
TF1 News : Ces facteurs naturels ne pourraient-ils expliquer le réchauffement actuel ?
VMD : Si l'on essayait d'expliquer l'évolution du climat de ces cinquante dernières années en ne se basant que sur les phénomènes naturels, la logique voudrait que l'on aille vers un refroidissement. L'activité volcanique, par exemple, a été plus élevée que la moyenne. Par contre, si l'on fait des simulations prenant en compte le surplus de gaz à effet de serre et de poussières dégagé dans l'atmosphère par les activités humaines, on aboutit à un réchauffement.
Il est frappant de voir que les premières simulations du climat intégrant l'impact des activités humaines, qui ont été faites dans les années 80, ont calculé une amplitude de réchauffement très similaire à celle que l'on observe aujourd'hui. En résumé, le XXe siècle a marqué une transition entre une époque où le climat était essentiellement piloté par des facteurs naturels, et une époque où le poids des rejets des gaz à effet de serre est devenu prépondérant.
Pour citer un exemple, les variations de l'activité solaire se traduisent par des variations de l'énergie reçue par la Terre de 0,2 watts par m². A l'heure actuelle, l'impact du surplus de gaz à effet de serre correspond à un surplus de 0,5 watts par m².
TF1 News : On parle de l'effet de serre, mais l'a-t-on observé ?
VMD : Si le réchauffement était dû à des causes naturelles, toutes les couches de l'atmosphère devraient être concernées. Or, les profils verticaux des températures atmosphériques dont on dispose depuis les années 50 montrent un réchauffement des basses couches, mais un refroidissement des couches de haute altitude. Ce qu'on ne peut expliquer que par l'effet de serre : le surplus des gaz présents dans l'air piège la chaleur près du sol.
(1) Valérie Masson-Delmotte est spécialiste des variations climatiques passées et de la sensibilité du climat. Elle travaille au laboratoire des sciences du climat et de l'environnement de Gif-sur-Yvette. Elle fait partie du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).
Retour MYTF1
La bataille du climat, bataille diplomatique
Chargement en cours...

