Copenhague, un sommet soumis au principe de réalité

Par Arnaud LAPEYRE , le 16 décembre 2009 à 16h03 , mis à jour le 16 décembre 2009 à 18h04

Dossier : Le sommet de Copenhague

Il ne reste plus que deux jours pour finaliser les termes d'un accord mondial sur le réchauffement climatique. Malgré la menace d'un échec, cette nécessité de parvenir à un compromis ne s'est jamais imposée avec une urgence aussi pressante.

planète climat CopenhagueImage d'archives © REUTERS

Dans deux jours, les 120 chefs d'Etat, rassemblés à Copenhague, devront finaliser les termes d'un accord mondial sur le réchauffement climatique. Malgré la menace d'un échec qui plane sur la conférence, la nécessité de parvenir à un compromis ne s'est jamais imposée avec une  urgence aussi pressante.

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Plus d'infos

 
L'accord de Kyoto arrive en effet à échéance en 2012. Il ne concerne que 30% des émissions mondiales. Seulement 38 pays industrialisés ont accepté de le signer. Aujourd'hui, les principaux pollueurs, c'est-à-dire la Chine, l'Inde et les Etats-Unis, ne sont pas contraints par ce traité. Or, pour espérer limiter avec efficacité la hausse des températures, il faut inclure dans le processus de réduction des émissions l'ensemble de la communauté internationale. Le renoncement aux engagements de Kyoto, consécutif à un échec des négociations dans la capitale danoise, constituerait un retour en arrière lourd de conséquences. Ni les pays pauvres, ni les Etats-Unis n'envisagent cette issue. Faute d'accord, les pays du sud subiraient sans contrepartie l'absence de financement susceptible d'atténuer l'impact du réchauffement climatique dans les états potentiellement les plus touchés. Quant à la Maison Blanche, elle a indiqué que le président Obama croit à la conclusion d'un accord opérationnel à la fin de la conférence.
 
L'adaptation des économies aux contraintes climatiques représente en effet une opportunité pour les pays industrialisés. La "croissance verte" n'entraîne pas seulement des transferts de technologies, elle est potentiellement créatrice d'emplois et d'activité dans un contexte de crise.
 
Existe-t-il une alternative à  ce nouveau modèle de développement ?
En cas d'échec, les pays industrialisés qui ont déjà réalisés des efforts substantiels de réduction des émissions pourraient menacer de modifier les règles du jeu. Exemple, la proposition d'instaurer une taxe carbone aux frontières de l'Europe. Elle pénaliserait lourdement les pays émergents. Cette taxe obligerait, indirectement, les pays importateurs de biens de consommation vers l'Europe à payer le prix de leur inaction. Le principe de réalité exige donc un consensus, fut-ce pour un accord à minima.
 
Quel serait l'impact  sur l'économie mondiale d'un éventuel échec à Copenhague ?
Il n'y aura pas de vainqueur à Copenhague. Mais en cas d'échec il y aura des perdants car l'inaction serait encore plus couteuse que l'action. Les milieux économiques dans les pays industrialisés, notamment le Medef en France, sont d'ailleurs parmi les premiers à plaider pour la signature d'un engagement juridique avec des contraintes et des contrôles,  bien au delà des simples déclarations d'intentions. Le premier ministre britannique Gordon Brown a précisé dans une formule lapidaire les conséquences de l'inaction. Ne rien faire entraînerait "une réduction de notre revenu national de 20%, une catastrophe économique équivalente à l'impact de deux guerres mondiales et de la grande dépression". Dont acte.

Par Arnaud LAPEYRE le 16 décembre 2009 à 16:03
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