Il reste 24 heures pour débloquer la situation. Vendredi, environ 110 chefs d'Etat devraient être à Copenhague pour parachever la Conférence. En attendant, les ministres et autres délégués se font une guerre de position. Les discussions s'organisent autour de deux axes : - les pays riches doivent faire plus d'effort - mais l'ensemble de la communauté internationale doit contribuer à freiner le réchauffement. Ces deux axes sont acceptés par tous. Voilà déjà un premier accord ! C'est un affrontement entre pays riches et pays pauvres ou émergents. Et de manière encore plus vive, la confrontation entre les deux premiers états émetteurs de CO2, la Chine et les Etats-Unis. Les deux puissances qui n'ont pas participé à l'application de Kyoto. L'une ne l'a pas ratifié, l'autre n'y était pas contrainte. Elles savent que cette position n'est plus tenable. Elles tentent donc de gagner des points avant la fin de la Conférence qui se prolongera presque certainement samedi.
Un Américain émet 20 tonnes de CO2, le Chinois 6
Les Américains ne proposent pourtant que 17% de réduction par rapport à 2005 (soit 4% par rapport à 1990). La Chine, en plein développement, propose une réduction de 40 ou 45%. Bravo ! serait-on tenté de dire. Mais elle peine à s'engager sur la transparence quant à la mise en œuvre des mesures qu'elle entend prendre. Les Etats-Unis en prennent prétexte pour dire qu'ils veulent bien augmenter leur contribution financière (sans préciser le montant) mais que celle-ci est soumise à un accord sur la transparence. L'Union Européenne se dit "préoccupée par l'absence de progrès", renvoie dos à dos les Etats-Unis et la Chine et reviendra sur sa proposition de passer de 20 à 30% de réduction si les deux grands ne proposent pas des objectifs ambitieux. De leur côté, l'ensemble des pays émergents n'avanceront pas tant qu'un plan financier conséquent et précis n'est pas sur la table.
Et tout cela va se prolonger tard jeudi soir et vendredi matin sans doute avant que les chefs d'Etat n'entrent à 14H en séance plénière. Et là, beaucoup de choses devront se débloquer. Car personne ne veut, ne peut, se voir reprocher d'être la cause d'un échec. Les Etats-Unis ? Ils viennent à peine de reprendre avec leur nouveau président l'approche multilatérale. Les pays émergents ? Ils ont besoin de la contribution financière pour l'atténuation des effets du changement climatique et des technologies occidentales pour se développer tout en réduisant leur empreinte carbone. On ne sait pas quel accord ou projet d'accord ou simple feuille de route sortira de Copenhague samedi. Il faudra de toutes façons encore six mois pour rédiger un texte en termes à la fois habiles et contraignants.










