Que serait le monde avec 4 degrés en plus ?

Par , le 05 décembre 2009 à 05h00 , mis à jour le 11 septembre 2011 à 17h33

Dossiers : Le sommet de Copenhague, ECO2climat

A quoi ressemblera notre Terre si rien n'est fait pour lutter contre le réchauffement climatique ? Les experts nous prédisent un monde appauvri et traversé de changements brutaux.

L'assèchement progressif du lac Tchad a contraint ce pêcheur à devenir cultivateur.L'assèchement progressif du lac Tchad a contraint ce pêcheur à devenir cultivateur. © collectif Argos

Nous sommes en 2100 et la température moyenne du globe est de 4 degrés supérieure à celle qui prévalait dans les années 2000. Neige et glace sont devenues denrées rares : que ce soit sur les massifs alpins, dont les glaciers ont disparu, ou au Groenland, qui a perdu sa banquise. S'il ne s'agissait que de pleurer la disparition des aires de jeu pour skieurs, il n'y aurait pas grand mal. Mais avec les glaciers continentaux, ont disparu les réservoirs d'eau douce de pays entiers.

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Plus d'infos

Si les Etats occidentaux ont su s'adapter à grands frais, ceux qui en souffrent le plus sont les habitants de pays en développement : Afrique bien sûr, mais aussi Inde, dont les vastes cultures ont cédé la place à des zones désertiques faute des rivières qui dévalaient autrefois les flancs de l'Himalaya. Avec la hausse de la température, la productivité agricole a chuté et plus personne ne se souvient de ce début de XXIe siècle béni des dieux où seulement un petit milliard d'êtres humains souffraient de la faim.

Alors que l'eau douce manque, les océans n'ont jamais été aussi étendus au cours de l'histoire humaine. Si les Pays-Bas ont élevé leurs digues et que New York s'est dotée à son tour de son rempart contre la mer, Venise a disparu. Dans la Camargue submergée, on n'élève plus de chevaux, mais des poissons, qui compensent maigrement ce que la pêche en mer ne fournit plus.

Le Bangladesh entier n'est plus qu'une immense lagune ravagée à chaque tempête. Parmi les régions les plus peuplées au monde, bien peu échappent aux étés caniculaires scandés par d'immenses feux de forêts. Là encore, si l'Europe et les Etats-Unis pleurent la beauté partie en fumée de leurs massifs forestiers, les plus touchés sont ailleurs. L'Amazonie, autrefois poumon vert du globe et réserve écologique sans pareille, a disparu : ce que la surexploitation a épargné, les grands feux l'ont englouti.

Ce que l'on sait, ce que l'on devine

Catastrophisme ? Scénario exagéré ? C'est ce que plaident les sceptiques. Il est vrai que prévoir l'évolution du climat et ses conséquences est un exercice autrement plus complexe que prévoir le temps du week-end ; or la météorologie elle-même est loin d'être une science exacte. Pourtant, en l'état actuel des connaissances scientifiques, cette hypothèse de 4 degrés en plus d'ici 2100 semble plutôt en-deçà de ce à quoi on peut s'attendre.

Le climatologue Hervé Le Treut, qui participe aux travaux du GIEC (le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) évoque ainsi le rôle de facteurs aggravants : "dans les régions arctiques, où l'on attend un réchauffement double du réchauffement global, soit 7 à 8 degrés, la fonte du permafrost (le sol gelé) risque de libérer de grandes quantités de méthane, ce qui peut amplifier le changement climatique". 
 
D'autres experts du climat, comme sa collègue Valérie Masson-Delmotte, sont plus sceptiques sur cet impact du méthane actuellement piégé dans les sols. Mais la chercheuse, spécialiste des climats du passé et elle aussi membre du GIEC, note néanmoins, au cours des derniers millions d'années, "une forte corrélation entre les évolutions du climat et le cycle du carbone", les variations de l'un influant sur l'autre.

"Au cours des dernières glaciations, le cycle du carbone était ralenti, ce qui accentuait le refroidissement. Au contraire, durant les périodes plus chaudes, ce cycle était accéléré et accentuait le réchauffement". En clair, si la période industrielle, avec ses rejets massifs dans l'atmosphère de CO2, gaz à effet de serre dégagé par la combustion de matières carbonées, a été responsable du début du réchauffement actuel, le réchauffement lui-même provoquera des réactions en chaîne qui aggraveront la hausse des températures. Exemple typique : les grands feux de forêts en période de sécheresse.

Les zones menacées

La hausse des températures se traduira aussi par des déséquilibres régionaux dont l'ampleur est difficile à évaluer. "Les régions tropicales se réchaufferont moins que la moyenne car il y aura plus de pluies. Elles seront soumises en revanche à des tempêtes plus violentes. Les régions semi-désertiques, elles, s'assècheront complètement, et les zones arides vont s'étendre dans les régions subtropicales", note Hervé Le Treut. "Parmi les régions menacées de désertification : le pourtour méditerranéen, l'Australie, le sud-ouest des Etats-Unis". Mais les frontières entre ces zones qui deviendront plus humides ou plus arides sont difficiles à tracer : "Il y a, en particulier, une incertitude sur l'avenir des zones de mousson".

Incertitude aussi sur les espèces, animales ou végétales, qui sauront s'adapter et celles qui disparaîtront. Mais ces dernières seront nombreuses. Incertitude encore sur le niveau des océans. Ils monteront, mais de combien ? On évoque 2 m comme hypothèse plausible. Hervé Le Treut préfère se cantonner à la moitié, voire quelques dizaines de centimètres. "Il y a une inertie des océans : la montée des eaux ne peut qu'être un peu déconnectée du réchauffement", souligne-t-il.

Ce serait déjà trop pour des zones exposées comme les Maldives, condamnées à brève échéance. Mais dans tous les cas, les modèles mathématiques créés pour simuler le climat du futur s'accordent sur une chose : "Ce sera un climat mouvant, en évolution rapide, souligne Hervé Le Treut. Il  sera donc plein d'inconnues, d'événements qu'on ne saura pas prévoir".

Par Franck Lefebvre-Billiez le 05 décembre 2009 à 05:00
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8 Commentaires

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  • v62138, le 04/12/2009 à 14h02

    Superbe conclusion : "L'homme n'est en aucune façon responsable du réchauffement climatique". Quand les autruches auront été rayées de la surface du globe, vous serez de ceux qui gardent la tête dans le sable pour ne pas regarder la réalité en face. Vos réflexions "comme il y a mille ans" font sourire. Vous y étiez ? Connaissez-vous la théorie du papillon ? Apprenez-là vite, bientôt, il n'y aura plus de papillons non plus.

  • oxy-co2, le 03/12/2009 à 12h01

    La fin de l agro alimentaire,le debut de la nouriture moleculaire est le pire de tout. alors pour moi la terre peut bien bruler sous un soleil de plomb,et apres moi le deluge.il est bien ecrit dans la bible que l homme sera responsable de la fin d un cycle pour ne pas dire "du monde" qui nous impose le petrole qui polue la terre et les mers? qui nous impose les friches ? qui a detruit le monde rural ? ....................L ARGENT.

  • maije9, le 02/12/2009 à 23h00

    Yes ! Le cycle normal de notre terre sans compter sur celui du soleil qui finira par tout griller quoi qu'il en soit ! Je prends ma voiture vieille de 12 ans, je me chauffe au pétrole (d'autre solution pour 1300 euros de paie par mois pour mon fils et moi) qui veux me payer des fenêtres à doubles vitrage ? Je les installes promis même si je suis une femme !!! Et des réducteurs pour mes mitigeurs ? Des panneaux photovoltaïques ben vi j'en veux, mais qui me les paye ? Déjà que dans ma copro j'ai même pas droit à une poubelle "recyclage" !!! La seule chose qui soit recyclé, cest notre salaire, il devient impôt ou amende comme par enchantement... Et encore j'ai de la chance j'ai un toit... mais pour combien de temps...

  • michrog, le 02/12/2009 à 13h57

    Avec 4 degrés de plus on trouvera de la vigne en angleterre ( comme il y a mille ans ) des prairies au Groenland ( comme il y a mille ans ) encore de la vigne a Terre Neuve ( comme il y a mille ans ) et puis une nouvelle fois le climat redeviendra plus froid et tout celà repartira pour un cycle, comme celà se passe depuis la nuit des temps. L'homme n'est en aucune façon responsable du réchauffement climatique

  • apesantin, le 02/12/2009 à 13h44

    C'est complètement paradoxal ce commentaire : l'option du nucléaire est celle qui produit le plus d'énergie en émettant le moins de CO². Elle fait donc partie de celles qui répondent le mieux pour freiner le réchauffement !!!

  • twist1961, le 02/12/2009 à 12h35

    Toujours les"experts "du GIEC,il n'y a pas de rechauffement climatique, les chiffres officiels du GIEC donnent 0.2 degrés depuis 1997, ce qui indique une remarquable stabilité et affaibli la theorie du CO2 puisque dans le meme temps la teneur en Co2 a augmenté de près de cinquante pour cent;donc ou le CO2 ne provoque qu'un rechauffement negligable,ou pas du tout;de toute façon le vrai problème(soignieusement occulté)est celui de la surpopulation;10 ou15 milliards d'individus(c'est pour demain)creeront des problèmes autrement plus graves que 1 ou 2 degrés de plus.voir les sites:www.pensee-unique.fr et climatsceptique

  • tipoussy01, le 02/12/2009 à 08h21

    Le problème de nos scientifiques, c'est qu'ils ont besoin de preuves et que beaucoup sont soummis aux diverses groupes économiques ou gouvernementaux. Or, il n'est pas difficile de savoir ce qui va se passer, un peu de logique suffit. On ne peut pas comparer le réchauffement actuel avec d'autres périodes de la terre car il n'y a jamais eu 6 milliards d'Etres Humains à la surface, doté des moyens les plus modernes de destruction de la nature et continuant à se reproduire comme si de rien n'était, construisant de plus en plus de maisons, de bâtiments, de routes, de centre commerciaux en détruisant par là même les forêts, en polluant l'atmosphère, les sols, les rivières et les océans. Ca çà ne s'est jamais produit auparavant et nous allons en payer les conséquences.

  • chauve851, le 02/12/2009 à 06h14

    Il faut arrèter de deviner et "inventer" des trucs contre le réchauffement,ça ne sert à rien,seulement à embéter les pauvres gens.Déjà commencer par arreter le nucléaire,mais personne n'y pourra rien,c'est la vie.

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