Image d'archives © REUTERSY consacrer deux euros par jour, limiter l'usage de la voiture, sa consommation de viande, mais aussi préférer le train à l'avion pour les déplacements inférieurs à 1.000 km... Voilà comment les Européens pourraient réduire de 40% leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, selon une étude de l'Institut de l'environnement de Stockholm commandée par les Amis de la Terre-Europe et publiée mardi.
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Il retient comme objectif une réduction d'ici 2020 des émissions de gaz carbonique de 40% par rapport aux niveaux de 1990. Plus ambitieux que l'Union européenne. Les Vingt-Sept ont décidé en décembre dernier de réduire leurs émissions de 20% d'ici 2020, voire davantage si d'autres pays riches suivent leur exemple.
"Changer son mode de vie"
"Il ne s'agit pas simplement d'investissements, il s'agit aussi d'un changement des modes de vie", explique Sonja Meister, des Amis de la Terre. "Ce rapport montre qu'une voie serait de réduire d'ici 2020 de 10% les déplacements par avion dans l'UE et de 4% les déplacements en voiture individuelle. Les déplacements en train progresseraient de 9%, et la consommation de viande baisserait de 60% environ", ajoute-t-elle. Pour de nombreux scientifiques, les engagements officiels de l'Union européenne sont insuffisants et les pays riches devront consentir à des réductions plus importantes pour contenir à 2°C l'élévation des températures moyennes du globe.
Selon l'Institut de l'environnement de Stockholm, l'objectif d'une baisse de 40% des émissions coûterait 2.000 milliards d'euros sur les dix ans à venir, soit 2% environ du PIB européen cumulé. "Formulé autrement, ce coût reviendrait à geler temporairement le PIB pendant un an environ avant un retour à une croissance normale", ajoute l'Institut suédois. C'est aussi l'équivalent de 2 euros par jour et par Européen, sans tenir compte des effets positifs escomptés (création d'emplois, baisse de la facture des importations d'hydrocarbures).
Le rapport, conformément aux convictions des Amis de la Terre qui réclament une sortie de la filière nucléaire et de toutes les énergies fissiles, exclut en outre le recours à l'énergie nucléaire ainsi que les technologies de "trappe à carbone". Il part en revanche du principe que les Européens accepteraient une taxation accrue et des changements majeurs dans leur mode de vie et repose sur un développement de l'énergie éolienne (de 3,3% de l'électricité produite aujourd'hui à 22% en 2020 et 55% en 2050). Dans un scénario maximaliste, qui verrait les Européens limiter l'usage de leurs voitures à 43% de la totalité de leurs déplacements (contre 75% aujourd'hui) et préférer le rail à l'aérien pour 80% des voyages actuellement effectués par avion, les rejets de gaz à effet de serre seraient diminués de 90% en 2050.
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