La France va interdire le thon rouge, personne n'est content

Par D.H. (avec agence), le 03 février 2010 à 14h00 , mis à jour le 03 février 2010 à 22h11

Cette interdiction au nom de la sauvegarde de cette espèce menacée serait assortie d'un délai de 18 mois. Un délai "absurde", dénonce Greenpeace. "On va vers une grosse crise", prédisent de leur côté les thoniers.

                                                     

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La colère de Greenpeace



"On nous dit en substance : sauvons l'espèce, mais pas tout de suite !" Les réactions n'ont pas tardé mercredi à l'annonce du gouvernement, Greenpeace en tête. La France se prononce en effet pour l'interdiction du commerce international du thon rouge, espèce menacée de disparition en Méditerranée, mais après un délai de 18 mois pour évaluer l'état de la ressource, a déclaré mercredi un conseiller du gouvernement français. La France a "plié devant les pêcheurs" avec ce délai de 18 mois, a aussitôt estimé Greenpeace, jugeant que cela revenait à "attendre qu'il n'y ait plus de thons rouges pour agir". "Le délai demandé pour mettre en oeuvre l'interdiction du commerce international est absurde."
 
Le président du Syndicat des thoniers méditerranéens, lui, a réclamé "une réunion d'urgence" avec le président de la République, avant même l'annonce officielle de cette position sur le commerce du thon rouge. "On va vers une grosse crise. Je demande une réunion d'urgence avec le président de la République", a-t-il assuré à des journalistes, après un entretien au ministère de l'Agriculture. "Je lui demande de se rapprocher des scientifiques", a-t-il ajouté.
 
Position de Paris déterminante pour l'UE
 
"La position française est de soutenir la proposition de Monaco d'inscription à l'annexe I de la Cites, la France souhaitant par ailleurs que l'application soit (différée) de 18 mois", a alors confirmé officiellement le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo. Ce délai, a-t-il expliqué, permettra de procéder à l'analyse des stocks de cette espèce victime de la surexploitation. La décision a été arbitrée mardi soir, le dossier faisant l'objet de divergences entre Jean-Louis Borloo, favorable à l'interdiction totale, et le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire, partisan d'une mesure moins radicale. Cette décision est "scientifiquement fondée et inévitable", a justifié la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Chantal Jouanno. Et le délai l'est en raison, a-t-elle argué, de nouvelles expertises scientifiques attendues d'ici là, qui permettront de "se baser sur la science pour garantir une pêche durable". Bruno Le Maire, lui, a jugé que la position de la France était "équilibrée", garantissant à la fois la survie des thons tout en prenant en compte les intérêts des pêcheurs.
 
L'Italie s'était déjà engagée à soutenir la proposition d'interdiction mais la France tardait à s'exprimer. La position de Paris est déterminante pour la ligne que  l'Union européenne défendra sur le plan international, l'Espagne et Malte étant d'autres pays européens importants sur ce sujet. La pêche au thon rouge en France concerne environ 200 bateaux et un millier de marins qui doivent se partager en 2010 un quota de 2.019 tonnes, le plus important en Europe, auxquels s'ajoutent un millier d'emplois à terre.

Par D.H. (avec agence) le 03 février 2010 à 14:00
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36 Commentaires

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  • fdd66, le 04/02/2010 à 10h57

    Comme d habitude ! ! ! Rien de nouveau sous le soleil .

  • endiendo2, le 04/02/2010 à 07h28

    Et les pêcheurs râlent.. Si on ne fait rien, il n'y aura plus de thon du tout à pêcher, donc dans tous les cas les pêcheurs de thon avaient du soucis à se faire.. Mais évidemment dans l'immédiat ils n'ont plus de boulot.. mais ce n'était qu'une question de temps.. Et les pseudo-quotas, tout le monde sait qu'ils ne sont pas respectés.. Et ceux qui sont pêchés trop petit sont rejetés, sauf que c'est trop tard car ils sont déjà morts.. donc ne se reproduiront jamais.. Combien de gaspillage dans la pêche et combien de poissons morts pêchés et rejetés ensuite ?

  • ysgawin, le 04/02/2010 à 07h05

    Une interdiction claire et nette est plus contrôlable qu'un quota dont chacun peut prétendre que c'est l'autre qui dépasse... Donc c'est une mesure qui me parrait bonne. Et les 18 mois, c'est pour trouver une solution pour "recaser" les pécheurs. Là aussi, cela semble quelque chose de raisonnable. Dommage que les beaux bateaux que l'on va devoir ferailler aient été si largement subventionnés et donc payés avec nos impots. Mais, à l'époque, on ne savait pas...

  • liberty61, le 04/02/2010 à 01h42

    Les thons de méditerannée ne sont même pas péchés ... ils sont capturés et engraissés dans des fermes d'élevage, notamment espagnoles avant de finir sur l'étal des poissoniers en passant par des intermédiaires qui s'engraissent également ... Le drame c'est que nous ne mangeons même pas du naturel puisque les thons sont alimentés industriellement ! Le thon est un poisson qui se reproduit très mal en captivité. L'espèce est appelé à disparaître ! Dommage ...

  • tchan_59, le 04/02/2010 à 00h25

    Les disparitions progressives proviennent d'un problème de négligence du biotope grandement favorisé par multiplication des transports de marchandises. Nous sommes constitués pour manger avant tout ce qui pousse et vie dans notre région. Or quand on sait que tous les pays les plus reculés des océans en consomment régulièrement, ces réservoirs de vie se vident évidement à une vitesse folle et anormale, l'équilibre naturel ayant prévu qu'ils soient principalement un stock de nourriture accessible aux peuples côtiers. La pêche intensive destructrice de la faune marine répond à la demande des régions extra côtières.Personne ne semble souligner cette cause, et c'est cependant à mes yeux la plus fondamentale.

  • 61clementine, le 03/02/2010 à 23h01

    Et oui ! Interdiction de thon rouge dans les menus des restaurants japonais ... et contrôles sérieux à la clé !

  • atololo, le 03/02/2010 à 22h27

    A force de tirer sur la corde... Plutôt que de réduire les quotas de manière significative mais néanmoins progressive, on préfère surexploiter jusqu'au moment où on tire la sonnette d'alarme et où la situation est critique. Le thon n'est d'ailleurs pas la seule espèce menacée, la liste s'allonge. Après, à l'instar du sommet de Copenhague, une poignée de pays vont s'interdire la (sur)pêche pendant que d'autres pays (souvent hors UE) continueront de surexploiter les océans. Tant qu'un consensus international n'est pas trouvé, les poissons (et autres espèces vivantes) ont du souci à se faire...

  • nadock1, le 03/02/2010 à 22h06

    L'Espagne et Malte étant d'autres pays européens importants sur ce sujet ....et les libyens se frottent les mains !

  • vingue, le 03/02/2010 à 21h29

    Quoiqu'on en dise le ton est donné dans cette affaire. Et finalement que ce soit Greenpeace ou les marins personne n'est content ! Comme quoi alors, le thon même si c'est bon, ce n'est tout de même pas tout. Va t'on alors trouvé une issue satisfaisant l'idéal des uns et les intérêts économiques et financiers des autres ? Cela m'étonnerait bien.

  • gabiolo, le 03/02/2010 à 21h19

    Je n'ai jamais mangé de thon rouge, mais il était temps, les français sont encore respectueux de cette pêche, ce sont les étrangers qui pêchent en Méditerranée qui prennent tout....

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