Image d'archives © TF1/LCIPremière mauvaise nouvelle pour les opposants au nucléaire en France : GDF Suez, assure le quotidien économique Les Echos, envisage la construction d'une nouvelle centrale dans la vallée du Rhône au cours des prochaines années. Ce nouveau réacteur ne serait pas l'EPR mais l'Atmea, conçu par Areva et le groupe japonais Mitsubishi, d'une capacité de 1000 mégawatts. "Le dossier est suffisamment mûr pour que le PDG, Gérard Mestrallet, ait envoyé en février un courrier au ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Jean-Louis Borloo, demandant à l'Etat de lancer ce projet dans la vallée du Rhône", précise le quotidien. Il ajoute que la mise en service serait prévue "peu après 2020" et précise que deux sites sont susceptibles d'accueillir un réacteur : Tricastin dans la Drôme et Marcoule dans le Gard.
Deuxième mauvaise nouvelle : alors que pointe ce nouveau projet, la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, pourrait obtenir, à l'issue de son actuelle inspection décennale, une autorisation d'exploitation inférieure à dix ans, selon l'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN). "Toutes les hypothèses sont ouvertes", a affirmé Pascal Lignières, chef de division à l'ASN, à propos de cette autorisation d'exploitation, traditionnellement délivrée pour dix ans, après un "check-up" complet tous les dix ans. Entrée en service en 1977, Fessenheim est la doyenne des centrales nucléaires françaises. Les anti-nucléaires réclament régulièrement sa fermeture en arguant de sa "vétusté" tandis que le gouvernement souhaite, au contraire, en prolonger le fonctionnement.
"C'est de l'acharnement thérapeutique"
L'ASN, qui mène depuis octobre dernier une inspection du réacteur numéro un - mis à l'arrêt pour l'occasion - doit rendre sa décision début 2011. Celle-ci peut être "un oui, un non, ou bien encore un oui sous réserve, et l'une des réserves que nous pourrions émettre, c'est que l'autorisation soit donnée pour une durée limitée, qui ne soit pas dix ans", a précisé Pascal Lignières. Au vu des inspections réalisées jusqu'à présent, "aucun écart majeur n'a été détecté", a-t-il cependant indiqué.
Le directeur de la centrale, Jean-Philippe Bainier, a annoncé qu'EDF comptait remplacer dès 2011, au lieu de 2012, les générateurs de vapeur du réacteur numéro 2, mais qu'en contrepartie il avait demandé à l'ASN - qui n'a pas encore donné sa réponse sur ce point - de repousser d'un an l'inspection décennale de ce réacteur, de 2010 à 2011. Ce point a suscité les interrogations des opposants à la centrale. Si EDF consent à un tel investissement avant même de savoir si elle est autorisée à poursuivre l'exploitation pour dix ans, cela pourrait signifier que "la décision a déjà été prise", s'est inquiété un militant anti-nucléaire, Jean-Pierre Frick, par ailleurs candidat aux prochaines élections régionales sur une liste "d'écologie sociale, solidaire et décroissante". Pour Claude Ledergerber, du Comité de sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin, "c'est de l'acharnement thérapeutique. Il y a un moment où il faut arrêter les frais".
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