© sxc.huEn matière de protection des baleines, le réalisme aura-t-il raison des bonnes intentions, et faudra-t-il autoriser de fait la pêche commerciale ? Depuis des années, les réunions de la Commission baleinière internationale tournent régulièrement à la foire d'empoigne face aux positions irréconciliables de ses membres favorables ou hostiles à la chasse à la baleine. Aujourd'hui, au terme de difficiles négociations en Floride entre les 88 pays membres de la Commission baleinière, les Etats-Unis se disent, à demi-mot, prêts à accepter une légalisation internationale de la pêche à la baleine.
Pêche à la baleine : à peine émis, un compromis déjà englouti
La Nouvelle-Zélande et l'Australie se sont prononcées vendredi contre la proposition de compromis de la Commission baleinière internationale pour résoudre les désaccords de longue date sur la chasse à la baleine.
Publié le 23/04/2010
Les négociations à St. Pete Beach n'ont pas permis de sortir du bras de fer qui oppose au premier chef Australiens et Japonais, grands amateurs de viande de baleine. Elles ont porté sur un projet de compromis qui autoriserait le Japon, la Norvège et l'Islande à poursuivre la chasse à la baleine, mais sous un strict contrôle et en acceptant une réduction drastique du nombre de cétacés tués. Or, l'Australie s'oppose bec et ongles à une reprise de la chasse commerciale, objet d'un moratoire depuis 1986. Le Japon poursuit cependant la chasse depuis cette date à des fins "scientifiques", tandis que la Norvège et l'Islande refusent d'observer le moratoire.
Vers un "moratoire sur le moratoire" ?
La CBI va se servir de ces discussions de Floride pour étoffer sa proposition afin de la soumettre aux pays membres avant le 22 avril, pour que ceux-ci puissent l'étudier avant la prochaine réunion de la Commission prévue en mai au Maroc. Les Etats-Unis, proches alliés des deux pays, n'ont pas encore arrêté leur position. Mais selon la négociatrice américaine Monica Medina, "ce qui compte, c'est de savoir combien de baleines pourraient être protégées par un tel accord". Une position difficile pour les Etats-Unis : "l'administration américaine ne prendra jamais une position qui autoriserait la chasse commerciale à la baleine. Mais d'un autre côté, nous n'avons pas les moyens actuellement de l'empêcher". En tout état de cause, Washington ne peut se prononcer sans connaître le nombre d'animaux dont la chasse serait autorisée chaque année au terme de la réduction des prises proposée à la CBI.
Mais du côté des opposants à la chasse, c'est plutôt l'amertume. "Les pays favorables à la protection (des baleines) sont allés très loin sur la voie d'un compromis mais ils n'ont reçu en échange aucune concession des pays chasseurs", dénonce Nicolas Entrup, de la Société de protection des baleines et dauphins, une association écologiste dont le siège est à Munich. Selon lui, le compromis sur la table reviendrait à légitimer la chasse à des fins commerciales. "Ce serait un moratoire sur le moratoire", s'alarme-t-il.
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