Un parc d'éoliennes. © TF1/LCILes députés doivent poursuivre ce mercredi l'examen du deuxième projet de loi Grenelle, déclinaison opérationnelle du New Deal écologique promis en 2007, déjà marqué par un affrontement entre pro et anti-éoliens. D'emblée, l'UMP a renoncé à faire passer sa disposition contestée visant à imposer un seuil minimum de 15 MégaWatts pour les nouvelles implantations de fermes éoliennes. Patrick Ollier, président UMP de la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée, a déposé un amendement en ce sens qui sera examiné ce mercredi en commission et devrait être confirmé par un vote en séance publique jeudi. "Comme cela, a-t-il commenté, il n'y aura plus de polémique sur ce plan-là". En revanche, le seuil minimum des cinq mâts par ferme, prévu par Patrick Ollier par "souci d'éviter le mitage" des paysages, sera maintenu.
Le Grenelle 2 examiné à l'Assemblée
Les députés analysent le projet de loi Grenelle 2 sur l'environnement, dans une ambiance qui s'annonce houleuse. L'encadrement de l'éolien prévu par le texte, est contesté.
Publié le 03/05/2010
Mamère et Jouanno : querelles sur fond de Grenelle II
Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat chargée de l'écologie, répond à Noël Mamère, député Vert de Gironde, qui a qualifié le Grenelle II "d'astre mort" et de "champs de ruine".
Publié le 04/05/2010
Ce seuil des 15 MW était dénoncé par les promoteurs de l'énergie éolienne et par les écologistes comme une entrave au développement de cette énergie renouvelable. Pour la Fédération de l'énergie éolienne, cette limite sonnait "l'abandon de plus de la moitié des projets en cours". Mais dans ce projet d'encadrement resserré, Patrick Ollier a reçu le soutien du député André Chassaigne (PCF) dénonçant "un lobby pro-éolien terrible" : "J'étais favorable à l'amendement de M. Ollier", a-t-il souligné, car "il y a des abus, des mini-parcs éoliens qui se mettent en place un peu partout". Et le recul annoncé de l'UMP a fait pousser les hauts cris à Marine Le Pen. La vice-présidente du Front national a estimé dans un communiqué que le gouvernement "cède au terrorisme vert" et que "sa majorité donne une nouvelle fois la preuve de son manque de fermeté dans son travail législatif".
Une centaine d'articles et 1600 amendements
En trente heures de débat d'ici la fin de la semaine, les députés devront éplucher plus d'une centaine d'articles et 1600 amendements au moins, qui fixeront les grandes orientations de la France en matière de bâtiment, transport, agriculture, biodiversité ou déchets. Alors que l'attitude du gouvernement depuis deux mois a semblé donner raison aux écolo-sceptiques (abandon de la taxe carbone; report de la taxe poids-lourds; propos du président Sarkozy au Salon de l'Agriculture: "L'environnement ça commence à bien faire"), le débat s'est crispé autour du sort de l'énergie éolienne, comme le montre la tentative d'apaisement de Patrick Ollier.
Ouvrant la discussion, le ministre du Développement durable, Jean-Louis Borloo, a appelé les députés à "dépasser les intérêts particuliers, les conservatismes, voire les pressions qui se sont exprimées récemment pour conserver telle ou telle pratique ancienne. Toutes les concertations nécessaires ont eu lieu alors, de grâce, osez ! inventez !", a-t-il lancé, estimant que le Grenelle 2 constituait un "monument législatif sans équivalent sous la Ve République et dans le reste de l'Europe".
Outre l'abandon du seuil des 15 MégaWatts, c'est l'éolien, encore, qui a provoqué une réaction tendue dans les rangs de la majorité : mardi matin, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno - déjà frondeuse sur l'abandon de la taxe carbone - s'avouait sur LCI "très réservée sur ces dispositions qui freinent l'éolien". Quelques heures plus tard, le président de la commission du Développement durable de l'Assemblée nationale, l'UMP Christian Jacob - chaleureusement applaudi - la mettait en garde : "Je ne voudrais pas que Chantal joue un jeu perso" avec la presse.
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