Champ dégagé en France pour la pomme de terre OGM

Par , le 28 juillet 2010 à 15h30 , mis à jour le 28 juillet 2010 à 17h49

La culture d'Amflora, premier OGM autorisé par la Commission européenne depuis 12 ans, ne présente pas de risque notable, selon le Haut conseil des biotechnologies, mais son utilité économique est "limitée".

La pomme de terre OGM Amflora, autorisée en Europe.La pomme de terre OGM Amflora, autorisée en Europe. © BASF

Y aura-t-il bientôt des pommes de terre OGM produites en France ? Un avis du Haut conseil des biotechnologies, que devrait suivre le gouvernement, écarte tout risque majeur pour la santé ou de dissémination dans l'environnement.

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En théorie, la pomme de terre Amflora, développée par une filiale du groupe allemand BASF, est destinée à la production d'amidon pour l'industrie du papier. Cependant, elle pourrait se retrouver fortuitement dans la chaîne alimentaire, car l'utilisation de sa pulpe dans l'alimentation animale a également été autorisée par les autorité européennes.

Si l'une des branche du Haut conseil, le comité scientifique, estime unanimement que la présence d'un "gène de résistance à des antibiotiques" dans la pomme de terre "ne constitue pas un risque singulier pour l'environnement et la santé", l'autre branche, le Comité économique, éthique et social, est plus divisée sur la question, certains de ces membres estimant que l'autorisation "véhiculerait un message négatif au regard des efforts de prévention des résistances aux antibiotiques"

Pas d'industriel intéressé en France pour le moment

Pas de risque pour la santé, donc. Pas de grand intérêt de la part de l'industrie, non plus, semble-t-il. "Aucun opérateur ne souhaite développer cette culture en France", signalent d'ailleurs un texte des ministres Jean-Louis Borloo (Ecologie),  Valérie Pécresse (Recherche), Bruno Le Maire (Agriculture) et Chantal Jouanno  (secrétaire d'Etat à l'Ecologie).

Sur l'interêt économique, le Comité économique, éthique et social est unanime pour établir que la pomme de terre "ne présente qu'une utilité limitée pour les acteurs des filières féculière et papetière française".

Bruxelles autorise la commercialisation de six maïs transgéniques

Parallèlement, la Commission européenne a autorisé mercredi la commercialisation dans l'Union européenne de six maïs génétiquement modifiés utilisés pour l'alimentation humaine et animale, faute d'accord entre les Etats membres sur une position commune.
Lors d'une réunion des ministres de l'Agriculture le 29 juin, aucune majorité ne s'était dessinée pour ou contre l'autorisation de ces six maïs. Comme le veulent les règles en vigueur au sein de l'UE, c'est alors la Commission qui a tranché, "pour sortir de l'impasse", a souligné le porte-parole de l'UE. Les autorisations sont valables dix ans.
Les maïs concernés sont destinés surtout à l'alimentation animale et ont obtenu un avis scientifique favorable. Cette autorisation va surtout permettre d'éviter le blocage des cargaisons de maïs naturels qui auraient été contaminées par des OGM, a précisé la Commission. La règle de la tolérance zéro prévoit en effet l'interdiction de débarquer dans l'UE toute marchandise dans lesquelles des traces de produits OGM non autorisés ont été décelées.
Bruxelles reconnaît que ce mécanisme d'autorisation est loin de donner satisfaction, car il la désigne comme "bouc émissaire" à la vindicte des opposants aux OGM.

Par David Straus le 28 juillet 2010 à 15:30
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