Une marée noire à 4 milliards

Par TF1 News (avec agence), le 19 juillet 2010 à 07h00 , mis à jour le 19 juillet 2010 à 15h38

Le cauchemar de la marée noire joue les prolongations. La note monte et les inquiétudes restent : le nouveau coffrage de BP n'a pas cédé, la fuite n'a pas repris, mais une autre est peut-être en train de se former à peu de distance.

Nettoyage du brut déversé sur la plage de Biloxi Beach, MississippiNettoyage du brut déversé sur la plage de Biloxi Beach, Mississippi © www.abacapress.com

Le dernier bilan du coût de la marée noire du golfe du Mexique établi par BP avance des chiffres vertigineux : déjà 3,95 milliards de dollars (soit plus de trois milliards d'euros) en frais divers, y compris les dédommagements déjà versés. Cette somme inclut l'ensemble des dépenses effectuées par le groupe pour  contenir et nettoyer le pétrole, le forage de puits de secours, les sommes  versées aux Etats riverains et aux autorités fédérales. Mais les demandes de dédommagements pourraient représenter pour le groupe pétrolier dix fois cette somme. Pour couvrir une partie du coût de la marée noire, le géant pétrolier, pourrait se séparer de ses activités de raffinage et de distribution, peu rentables, a rapporté dimanche la presse britannique.

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Et le cauchemar n'en finit pas. Jusqu'à dimanche soir, les ingénieurs de BP pouvaient penser que le pire était passé pour eux. Le président du comté de Plaquemines en Louisiane, "Billy" Nungesser, se réjouissait déjà de la fin de la fuite. Mais depuis plusieurs heures, les nouvelles sont moins rassurantes. Le gouvernement américain a ainsi ordonné à BP de l'informer sur "une fuite détectée" près du puits à l'origine de la marée noire dans le golfe du Mexique. Dans une missive au directeur de BP, l'amiral Thad Allen, responsable des opérations de lutte contre la marée noire pour l'administration, a lancé une véritable mise en demeure dont le caractère d'urgence saute aux yeux : "Je vous ordonne de me fournir une procédure écrite pour pouvoir ouvrir la vanne d'étranglement aussi vite que possible sans endommager le puits si la fuite d'hydrocarbone à côté du puits est confirmée".

Un appel pressant 

Au final, après une entrevue avec les experts chargés de la lutte contre la fuite de brut, le gouvernement américain a autorisé BP à maintenir fermé le puits de pétrole pendant encore 24 heures. "A la condition, a souligné l'amiral Thad Allen, que BP respecte ses obligations de surveiller rigoureusement tout signe montrant que les tests de résistance pourraient faire empirer la situation". Une surveillance cruciale, la principale crainte désormais étant que le pétrole emprisonné dans le puits, et comprimé, ne finisse par créer des brèches et par se répandre à nouveau.

BP avait fermé le puits à l'origine de la catastrophe jeudi ; pour la première fois depuis le début de la catastrophe, le 20 avril, le brut avait dès lors cessé de se déverser par millions de litres dans les eaux du golfe. Et les équipes techniques avaient entamé une série de tests destinés à déterminer si le dispositif pouvait tenir. Il s'agissait notamment de vérifier la montée de pression à l'intérieur du puits. Une pression haute étant le signe que la fuite était contenue à l'intérieur du puits, une pression moindre pouvant être le signe que du brut continuait à fuir ailleurs... Dimanche, au 90e jour de la catastrophe, le directeur d'exploitation de BP, Doug Suttles, assurait au cours d'une téléconférence de presse destinée à faire le point sur les efforts de lutte contre la marée noire : "Le puits reste fermé et la pression continue de monter lentement", ce qui est "un très bon signe". Jusqu'à ces rumeurs de nouvelle fuite à peu de distance du puits...

Des dégâts irréversibles ?

BP n'attendait de toute manière pas de solution radicale de ce coffrage mis en place sur le puits. La compagnie continue de travailler sur deux puits de dérivation qui doivent intercepter le puits principal à plusieurs km sous terre et permettre de le "tuer" définitivement en le bouchant à l'aide de béton. Cette opération extrêmement complexe et délicate est prévue entre fin juillet et la mi-août. D'ici là, la possibilité que, emprisonné dans le puits bouché par un gigantesque entonnoir, le pétrole comprimé ne finisse par créer des brèches et par se répandre à nouveau dans l'océan constitue la principale inquiétude des autorités et des ingénieurs de BP.

Et que la fuite soit contenue ou qu'il faille encore attendre, les dégâts pour toutes les zones côtières voisines et les fonds marins sont sans doute déjà irréversibles. La marée noire empoisonne déjà la vie de tous les habitants des zones touchées, Texas, Louisiane, Mississippi, Alabama et Floride, qui vivent de la pêche et du tourisme. Le fait que le plancton soit mis à mal par le brut "pourrait avoir un effet sur tout l'écosystème" de la région, a du reste prévenu Doug Inkley, un scientifique de la fédération nationale de la faune et de la flore. 

Par TF1 News (avec agence) le 19 juillet 2010 à 07:00
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11 Commentaires

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  • nfilou, le 21/07/2010 à 14h43

    Quelle catastrophe !

  • eric-88200, le 19/07/2010 à 19h42

    Mais bien sûr ... Le rendement de ce puits est très facile à calculer ! Il suffit de comptabiliser les pétroliers qui sont venus 'faire le plein', leur tonnage, et leur fréquence de rotation ...

  • norm8739, le 19/07/2010 à 19h11

    Un accident comme vous dites, mais dû à des négligences de la part de BP et sous-traitants... donc cela reste de leur faute quand même !!!

  • stephanguillou, le 19/07/2010 à 19h11

    BP ne veut pas soulager la pression dans le puit en pompant le petrole à la surface, car dans ce cas on saurait exactement quel est le rendement de ce puits. Hors toute fuite ou mazoutage est accompagnée aux US d'une amende par nombre de barils déversés. A ce jour, avec seulement des estimations du volume dispersé dans l'océan, il est difficile d'infliger une amende à BP. Si on compare aux autres puits de la région, l'amende de BP pourrait s'élever à plus de 20 milliards de dollars! Voila pourquoi BP ne veut pas pomper pour réduire la pression, et espère que le bouchon tiendra jusqu'à ce que le puits soit bouché définitivement.

  • achtepa, le 19/07/2010 à 18h13

    La plus part des commentaires sont tellememt negatif sur cette histoire. J'aimerai rappeller que cette catastrophe est la consequence d'un accident. C'est vrai qu'ils ont mis du temps avant de boucher la fuite, mais il faut tenir compte que cette situation a ete une enorme surprise et personne n'y etait preparé. A une telle profondeur, la pression est enorme et je pense que BP s'en est quand meme pas mal sorti. Une autre compagnie aurait pu laisser fuir un mois de plus avant de trouver une solution.

  • johnfit, le 19/07/2010 à 15h48

    A croire qu'ils ne s'en sortiront pas de cette catastrophe.

  • depondy, le 19/07/2010 à 14h12

    ...ça va faire chère le litre à la pompe !!!...

  • garibaldich, le 19/07/2010 à 11h49

    Tout ce pognon foutu en l'air, alors qu'il aurait pu ettre utilisé a la recherche et develloppement d'un paliatif a cet or noir nefaste pour la faune et la flore. j'espere en tous les cas que cela fera reflechir les etats et que ceux ci interdiront le petrole offshore......on peut toujours rever.

  • hug81, le 19/07/2010 à 11h14

    Si l'on faisait l'addition de ce que coûtent toutes les catastrophes créées "par notre inconscience" et par "souci d'économies" on aurait de quoi éradiquer la misère, la famine et donner du bonheur aux gens sur toute cette planète que nous sommes en train de détruire ... A méditer s'il est encore temps !!

  • virg062, le 19/07/2010 à 10h42

    On parle plus des aspects économiques que du désastre écologique sans précédent!!! Ce qui compte, c'est l'indemnisation des victimes HUMAINES... Les conséquences écologiques à moyen et long terme ne semblent pas au centre des préoccupations. On vit une époque formidable...

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