Pyrénées: après les ours, les éleveurs veulent la peau des vautours

Par TF1 News (Avec agence), le 18 juillet 2010 à 14h39 , mis à jour le 18 juillet 2010 à 14h49

Les éleveurs de montagne des Pyrénées centrales, déjà mobilisés contre la réintroduction d'ours, se plaignent désormais d'agressions de vautours contre des bêtes bien portantes alors qu'ils se nourrissent normalement d'animaux morts.

[Expiré] Vautour en vol © www.sxc.hu

Après les maudits plantigrades, voici l'ère du satané volatile. Les éleveurs de montagne des Pyrénées centrales, déjà mobilisés contre la réintroduction d'ours, se plaignent désormais d'agressions de vautours contre des bêtes bien portantes alors qu'ils se nourrissent normalement d'animaux morts. Les officiels du Parc national des Pyrénées (PNP) récusent cependant les accusations selon lesquels ces animaux protégés seraient en passe de se muer de "charognards" en "prédateurs".

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Le chef du service scientifique du parc Eric Sourp, reconnaît simplement que "certains vautours en situation de famine peuvent s'attaquer à des animaux blessés, affaiblis, ou en situation de vulnérabilité comme lors d'un vêlage à problème". Philippe Serres, responsable de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), ajoute diplomatiquement que "les dégâts sont minimes mais pour des éleveurs en difficulté économique, ça peut-être la goutte d'eau qui fait déborder le vase".
 
De fait, les divers protagonistes ne s'accordent que sur l'ambiance "particulièrement lourde" entre montagnards et protecteurs de l'environnement. En marge d'une manifestation contre la réintroduction des ours dans les Pyrénées le 1er juillet à Saint-Girons (Ariège), le co-président de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen (ASPAP) Gérard Dubuc déclarait: "les vautours s'attaquent maintenant à des bêtes vivantes, mais on nous prend pour des menteurs". Un éleveur de moutons d'Hautacam (Hautes-Pyrénées), Jean-Pierre Prat, 39 ans, déclare six bêtes tuées en trois semaines et a fait monter deux fois à l'estive les agents du Parc national cette semaine. "Mercredi matin, j'ai trouvé une brebis encore vivante, percée sur le dos et sur l'arrière, il y avait du duvet de vautour à côté et une trentaine de volatiles étaient perchés sur une falaise à 200 mètres", explique-t-il, convaincu que ses brebis ont été attaquées bien portantes.

"Ces rapaces ont leur utilité mais il y en a trop"

Le chef de secteur du parc national des Pyrénées, Jean-Paul Crampe, est plus prudent. "La brebis avait des traces d'attaque, mais aussi des hématomes qui ne peuvent être imputables au vautour: on ne peut pas dire si elle a été attaquée parce qu'elle était tombée ou l'inverse", explique-t-il. Ce diagnostic hérisse M. Prat: "il n'en ont rien à foutre des brebis, ils sont pour les vautours. Ces rapaces ont leur utilité pour nettoyer les carcasses, mais il y en a trop et avec leurs réactions il faut faire quelque chose, j'irai jusqu'au préfet et aux élus", lance-t-il.
 
Quand les vautours sont devenus espèce protégée, en 1976, rappelle Philippe Serres, il n'y avait plus que quelques dizaines de couples dans les Pyrénées françaises, bien moins qu'en Espagne. Leur nombre s'est ensuite "développé de manière considérable jusqu'au début des années 2000", précise-t-il. Eric Sourp explique qu'il y a eu une explosion des plaintes d'éleveurs en 2007 côté français, de 40 à 130 environ, quand l'Espagne a appliqué plus strictement les directives européennes limitant les charniers de carcasses d'animaux morts. "Les vautours festoyaient jusque là, ils étaient 5000 couples en Espagne contre 500 à 600 en France. Ils ont dû se remettre à chercher leur nourriture, il y a eu des morts, d'autres sont venus vers les Pyrénées centrales françaises", peu habituées à leur présence, ajoute-t-il. Selon M. Sourp, le nombre d'attaques a baissé à nouveau depuis, avec 85 plaintes en 2009.
 
Quoiqu'il en soit, les organisations agricoles veulent une indemnisation des pertes de brebis liées aux vautours. Sans l'exclure, "lorsque la preuve est faite de l'attaque d'un animal vivant", le responsable de la LPO appelle au calme: "il faut raison garder, les services des vautours sont tellement plus importants que leurs nuisances".

Par TF1 News (Avec agence) le 18 juillet 2010 à 14:39
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11 Commentaires

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  • frozengod, le 19/07/2010 à 12h28

    Et vous vous vivez ou??? moi à la campagne, effectivement, j'ai jamias vu d'ours, mais j'ai déjà vu des renard, des heron cendrés, des aigrettes, sans parler des reptiles (vipères, couleuvres...)... et je trouve ca magnifique, et si j'ai un jours la chance de rencontrer un ours ou un vautours, alors j'espère avoir le temps de le prendre en photo avant qu'il ne soit effrayé par ma presence et ne s'enfuit !!!

  • tef_29, le 19/07/2010 à 09h08

    Et ça nous empeche de préserver la nature ??? à quoi bon vivre à la campagne quand on préfère détruire !!! les hommes ne sont pas propriétaires de la Terre c'est la Nature qu'il l'est !!!!!! Si vous comprenez pas ça alors changez de planète !!!

  • schnipp, le 18/07/2010 à 20h49

    Ils feraient mieux de s"insurger contre les normes européennes qui sont bien plus nuisibles à l'agriculture et à l'élevage français que les rapaces...

  • stelmaria0, le 18/07/2010 à 18h59

    On ne va pas aneantir tout les predateurs des Pyrennees pour faire plaisir aux eleveurs...

  • fentch, le 18/07/2010 à 18h58

    Ce qui me fait rire dans ces commentaires,c'est que la plus part viennent de "Bobo" qui se disent écolos et vivant dans un appartement en ville bien confortable.Je suis certain que à part au cinéma ou à la télé ils n'ont jamais vu un vautour ou un ours de leur vie.

  • stephan21, le 18/07/2010 à 18h42

    L homme l espece la plus nuisible !

  • marinebis, le 18/07/2010 à 18h27

    ça se dit défenseur de la nature et ça tire sur tout ce qui bouge... lamentable...

  • erleg71, le 18/07/2010 à 18h09

    Il faut toujours trouver un responsable : constante de notre société. Pauvres vautours !

  • harisona, le 18/07/2010 à 17h02

    C'est tout à fait ça . Je crois qu'il faudrait éradiquer toute vie animale autre que celle des brebis .

  • woman06, le 18/07/2010 à 16h55

    Il faudrait qu'ils comprennent à composer avec la Nature. Elle etait avant nous et sera la après nous. La solution n'est pas d'anéantir tout ce qui les gêne!!!

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