Philippe Martin, président du conseil général du Gers, aux côtés de José Bové et Alain Lipietz © Conseil Général du Gers
Philippe Martin est un habitué du combat contre les OGM. Député PS du Gers, président du conseil général, secrétaire national-adjoint à l'environnement du PS, il était à l'origine d'une action entreprise contre les essais en plein champ dans son département qui avait abouti en décembre dernier, après un long parcours judiciaire, à une décision du Conseil d'Etat défavorable aux OGM. Fort de cette victoire acquise de haute lutte, il se lance désormais dans un nouveau combat, cette fois à l'échelle européenne : il compte saisir la Cour de justice de l'Union européenne pour faire annuler une décision de la Commission européenne prise le 28 juillet dernier. Décision qui a autorisé, en plein coeur de l'été, sans débat et sans réaction notable de la part des gouvernements européens, l'importation et la mise sur le marché de six maïs OGM sur le territoire de l'UE. Un combat digne de Don Quichotte face à ses moulins à vent ? Philippe Martin préfère la comparaison avec un d'Artagnan à la fougue toute gasconne... "et qui est mort à Maastricht", rappelle-t-il avec malice.
OGM : la France va prendre Bruxelles de court
Le gouvernement prendra une "clause de sauvegarde (pour interdire la mise en culture du Mon 810) avant la période des semailles mais pas trop tôt avant pour que la Commission européenne n'ait pas le temps de la remettre en cause", a annoncé lundi NKM.
Publié le 23/01/2012
Le maïs OGM n'est plus interdit, le gouvernement promet de réagir
Des arrêtés de 2007 et 2008 interdisant en France la commercialisation et l'utilisation des semences de maïs génétiquement modifiées Monsanto 810 ont été suspendus lundi par le Conseil d'Etat. Le gouvernement a aussitôt assuré étudier les moyens d'une nouvelle interdiction.
Publié le 28/11/2011
Les OGM sur la table des ministres européens
Irritée par les frondes et atermoiements des divers Etats membres sur la question des OGM, la Commission européenne propose de leur rendre la décision finale : à eux de choisir d'autoriser ou non les cultures transgéniques sur leur territoire. La proposition est en discussion ce lundi à Bruxelles.
Publié le 27/09/2010
Champ dégagé en France pour la pomme de terre OGM
La culture d'Amflora, premier OGM autorisé par la Commission européenne depuis 12 ans, ne présente pas de risque notable, selon le Haut conseil des biotechnologies, mais son utilité économique est "limitée".
Publié le 28/07/2010
OGM: Bruxelles propose la culture à la carte dans l'UE
La Commission européenne projette de donner aux Etats de l'Union, la liberté d'interdire sur leur territoire les cultures d'OGM, même si celles-ci ont été autorisées dans le reste de l'UE.
Publié le 13/07/2010
Une trêve dans la bataille des OGM en Europe ?
Barroso avait tenté de passer en force avant d'être désavoué par les gouvernements de l'UE. Face à la défiance générale des Européens vis-à-vis des OGM, Bruxelles compte proposer une trêve. Les écologistes dénoncent déjà "un marché de dupe".
Publié le 11/07/2010
Barroso veut imposer la culture des OGM
Le président de la Commission européenne veut relancer le processus d'autorisation de culture de deux OGM controversés au sein de tous les pays de l'UE : le maïs MON 810 et la pomme de terre Amflora.
Publié le 08/02/2010
Les OGM font leur retour en force
Feu vert à la culture d'une pomme de terre comportant un gène de résistance aux antibiotiques, feu vert à la commercialisation de trois maïs OGM de Monsanto : les écologistes européens ne décolèrent pas contre la Commission européenne.
Publié le 02/03/2010
TF1 News : Dans le débat sur les OGM, on a vu des cultures transgéniques fauchées, des moratoires pris par des Etats, des bras-de-fer interminables au niveau européen... mais saisir la Cour de justice, voilà qui est inédit. Qu'est-ce qui motive votre démarche ?
Philippe Martin : Ma démarche est double. Elle a un aspect environnementaliste : je ne souhaite pas que l'Europe devienne un grand champ d'expérimentation de cultures d'OGM. Mais c'est aussi une lutte contre le recul démocratique en Europe. En autorisant l'importation et la mise sur le marché de six nouveaux maïs OGM, la Commission européenne a pris une décision très importante, très lourde de conséquences, dans un domaine très controversé... et elle l'a prise sans que ni les Etats, ni les citoyens n'aient eu leur mot à dire. On nous avait promis, avec le traité de Lisbonne, que les politiques allaient reprendre les choses en main au niveau européen : c'est tout le contraire qui se passe aujourd'hui. Cette question des OGM montre bien l'hypocrisie des Etats - et de la France en particulier, trop heureuse de laisser à des technocrates le soin de prendre de telles décisions, tout en se targuant d'avoir pris un moratoire sur les cultures d'OGM. Moratoire qui pourra très bien disparaître du jour au lendemain, laissant alors le champ libre aux OGM en France...
TF1 News : Mais vous n'êtes pas élu européen. Quelle est votre légitimité dans ce débat ?
P. M. : La question des OGM est un sujet qui intéresse tous les citoyens des 27 pays membres de l'Union européenne. Et notre département, le Gers, est tout particulièrement concerné par ce problème. Il a longtemps été un laboratoire pour les groupes semenciers qui y ont lancé des essais en plein champ. Or, plus de 6% de la surface cultivée y est consacrée à l'agriculture bio. Et l'un des grands dangers des OGM, outre ceux qui pèsent sur la santé humaine, c'est la contamination involontaire des autres cultures. Un problème que John Dalli, le commissaire européen en charge de la Santé et de la Protection des consommateurs, reconnaît alors même qu'il a donné son feu vert à la mise sur le marché de nouveaux produits contenant des maïs OGM... Il est originaire de Malte. Et peu avant d'accorder cette autorisation, il admettait que des cultures d'OGM ne pourraient être envisagées à Malte car c'est un "petit espace" et que les OGM ne pourraient y cohabiter avec d'autres cultures ! Pourquoi ce qui est mauvais pour Malte serait-il bon ailleurs ?
TF1 News : Qu'est-ce qui vous différencie des faucheurs volontaires dans ce débat sur les OGM ?
P. M. : Le fauchage d'OGM est une forme de violence. Mais elle répond à une menace sur nos productions de qualité qui s'assimile elle aussi, à mon sens, à une forme de violence. Voilà pourquoi j'ai cherché une autre voie plus respectueuse de la démocratie. Notamment en tentant d'organiser un référendum citoyen départemental sur les OGM. Le conseil général avait recueilli plus de 14.000 signatures lors d'une consultation des électeurs visant à organiser ce référendum - mais jamais la préfecture ne nous a permis de passer de cette consultation à l'étape suivante du référendum.
TF1 News : Quelles sont, à votre avis, les chances de voir aboutir la procédure que vous lancez au niveau européen ?
P. M. : Le combat peut sembler déséquilibré. Mais nous avons déjà remporté une victoire en France. Malgré, là encore, l'opposition systématique de la préfecture... Lorsque le conseil général a pris, en 2005, une délibération marquant notre opposition aux essais en plein champ, les préfets successifs nous ont traînés en justice pour la faire annuler. Jusqu'à ce que le Conseil d'Etat finisse par nous donner raison... et condamne l'Etat à 3000 euros d'amende, en reconnaissant que le conseil général du Gers avait délibéré à bon droit sur cette question des OGM, compte tenu du caractère significatif de l'agriculture dans notre département, et de la présence significative de cultures bio. Aujourd'hui, je reprends mon bâton de pèlerin, et je passe au niveau européen. Sachant que mon but, c'est avant tout d'empêcher que les décisions sur les OGM puissent passer inaperçues. Il s'agit de réveiller les consciences. On ne peut pas laisser le débat aux mains des seuls technocrates.
TF1 News : Ne vous sentez-vous pas isolé dans une telle croisade ?
P. M. : J'en suis loin : il y a des dizaines, des centaines de milliers de citoyens en Europe qui comprennent que si l'on veut avancer vers une transition environnementale qui apparaît aujourd'hui nécessaire, si l'on veut changer nos modèles de production et de consommation, il faut revenir à plus de régulation publique. Un retour des Etats est nécessaire pour ne pas laisser le champ libre aux grands groupes semenciers. Car la Commission européenne est plus préoccupée par la santé financière des grands groupes que par la santé des consommateurs européens. Elle est précisément au service de ces groupes semenciers qui continuent, aujourd'hui encore, à promouvoir un modèle d'agriculture productiviste qui a largement épuisé les ressources de la planète.
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