Des aérosols nocifs pour la santéL'expérience menée par l'association UFC-Que choisir est inédite. Pour sensibiliser aux dangers pour la santé d'une mauvaise qualité de l'air dans les appartements, l'association a choisi de tester les lieux de vie de parlementaires français. L'air intérieur, explique l'UFC est "encore plus pollué que l'extérieur en raison de la myriade de substances émises par les éléments de notre quotidien."
35 députés et sénateurs, ainsi que la secrétaire d'Etat à l'Environnement, Chantal Jouanno, se sont prêtés à la traque de substances nocives dans leurs appartements entre mars et mai dernier. Les résultats sont sans appel : il ne fait pas bon respirer chez nos parlementaires. Sur les 36 analyses effectuées, 29 révèlent une qualité de l'air mauvaise (dont 9 très mauvaise), 7 moyenne, mais aucune ne peut prétendre à la mention "bonne". Benzène, substance cancérigène ou formaldéhyde, classé polluant prioritaire par l'Observatoire de la Qualité de l'Air Intérieur, figurent parmi les substances nocives détectées.
Objectif : faire évoluer la règlementation
En queue de peloton, le député PS de l'Allier Jean Mallot, dépasse chez lui plus de quatre fois la valeur recommandée de formaldéhyde. Pour le benzène, le député UMP de l'Isère Georges Colombier obtient la valeur la plus importante, tandis qu'André Flajolet (UMP, Pas de Calais) et Jérôme Lambert (PS, Charente) obtiennent des résultats conformes aux recommandations.
Ces constats, précise l'UFC, ne vise en rien la stigmatisation des parlementaires, mais plutôt de susciter "une prise de conscience sur ce problème généralisé de santé publique", et surtout inciter le législateur à s'emparer du problème. L'association réclame une vérification systématique du niveau d'émanation des produits de consommation courante susceptible de dégager des substances nocives, l'interdiction de commercialiser les produits qui dépassent les seuils d'émanation nocive, un durcissement du barème d'étiquetage.
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