L'Amérique du Nord échappe à deux marées noires

Par TF1 News (D'après agences), le 03 septembre 2010 à 07h27 , mis à jour le 03 septembre 2010 à 07h31

Quelques mois après le drame du golfe du Mexique, une autre plate-forme de forage a été incendiée dans la même zone. Mais sans marée noire. Un pétrolier s'est aussi échoué dans l'Arctique canadien. Il n'y a pas eu de fuite. Un double miracle qui laisse craindre des lendemains sombres.

Vermilion Bay plateforme pétrolièreLa plateforme pétrolière au large de Vermilion Bay (Louisiane) entourée par des bateaux des gardes-côtes © LCI

Le naufrage de la plate-forme de forage Deepwater Horizon dans les profondeurs du golfe du Mexique a provoqué une catastrophe sans précédent aux Etats-Unis, avec une marée noire géante et des dégâts dont les traces resteront visibles pendant des décennies, dans une zone (les bayous de Louisiane, notamment) à l'écosystème particulièrement fragile. Mais à peine la région se remet-elle de ce drame qu'arrive une autre alerte : un incendie s'est déclaré jeudi sur une plate-forme pétrolière et gazière. Elle est située à 145 km au sud de Vermilion Bay, en Louisiane, et à l'ouest du puits Macondo de BP, là même où une explosion avait fait onze morts le 20 avril et provoqué la pire marée noire de l'histoire des Etats-Unis.

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Dans un premier temps, des observations en mer avaient fait état d'une fuite de brut. Observations hâtives, semble-t-il, puisqu'il n'y a finalement pas eu de marée noire. Une nouvelle inspection en hélicoptères de la plate-forme et de l'eau alentour est néanmoins prévue ce vendredi. L'incendie a duré plusieurs heures avant d'être éteint. L'équipage a été évacué vers le continent et transporté à l'hôpital, mais il n'y a pas de blessés. La cause du sinistre reste pour l'heure inconnue mais il ne s'agissait ni d'une explosion ni d'une fuite soudaine de pétrole ou de gaz sur le puits, s'st empressé de souligner un porte-parole de la compagnie Mariner Energy, propriétaire de la plate-forme. Les systèmes automatisés ont interrompu le pompage de pétrole et de gaz des sept puits exploités lors de l'incendie, évitant tout risque d'aggravation des dommages ou de pollution.

Les risques à venir

Pendant que le golfe du Mexique échappait ainsi à une nouvelle marée noire, on apprenait qu'un pétrolier transportant quelque neuf millions de litres de diesel s'était échoué dans la voie maritime du passage du Nord-Ouest, dans l'Arctique canadien. Le Nanny, armé par le groupe canadien Woodward's Oil, venait ravitailler la petite communauté inuit de la province nordique du Nunavut, qui vit sur les rives de la mer de Beaufort, à environ 250 km au nord du cercle arctique. Le brise-glace Henry Larsen, des garde-côtes canadiens, est rapidement arrivé sur place. Aidé de l'hélicoptère du navire, l'équipage a inspecté la zone et n'a remarqué aucune trace de brut dans les eaux polaires. "Pour le moment, il n'y a ni pollution, ni dommages sur le navire", a indiqué le responsable de la lutte contre les catastrophes écologiques pour les garde-côtes canadiens. Les garde-côtes attendent désormais "les plans du propriétaire du navire pour mener les opérations (visant à remettre à flot le Nanny) de la manière la plus prudente". La prochaine étape devrait consister en un transfert "d'une partie du produit vers un autre bateau de sorte que le navire puisse flotter à nouveau".

Tout comme le golfe du Mexique, le grand Nord canadien a donc échappé à la marée noire. Mais dans un cas comme dans l'autre, les groupes écologistes redoutent que ces alertes ne soient que les signes de catastrophes futures, d'autant plus que les grands groupes pétroliers sont engagés dans une quête fébrile de nouveaux gisements d'hydrocarbures, toujours plus difficilement accessibles, à l'exploitation toujours plus risquée. Dans le golfe du Mexique, les plates-formes sont légion. Le groupe Mariner Energy, propriétaire de celle qui a brûlé jeudi, participe à lui seul à 35 projets off-shore dans la zone et exploite directement la moitié d'entre eux. Il s'agit du cinquième incendie signalé sur un de ses sites depuis octobre 2006, selon le service fédéral qui supervise l'exploitation des ressources dans l'océan.

Mais les menaces les plus graves pèsent sans doute sur le grand Nord. Avec l'accélération de la fonte des glaces, l'Arctique canadien n'a cessé de gagner de l'intérêt aux yeux d'Ottawa, mais aussi des groupes spécialisés dans le transport maritime et l'exploitation d'hydrocarbures. Les fonds marins de l'océan Arctique pourraient receler 13% des réserves de pétrole et 30% des réserves de gaz naturel non découvertes de la planète, selon l'agence américaine de recherche géologique. Et, désormais libre de glaces pendant quelques semaines estivales, le passage du Nord-Ouest est vu par certains comme une voie d'avenir pour relier en peu de temps l'Europe et l'Asie. Ecologistes, Inuits et certains élus canadiens se sont régulièrement inquiétés des risques de catastrophe écologique et humaine que pourrait engendrer le naufrage d'un pétrolier. A la différence de la Russie qui dispose de plusieurs bases le long du passage du Nord-Est, le Canada ne possède aucun port en eau profonde en Arctique. Et sa flotte de brise-glaces paraît modeste face à l'étendue à surveiller et protéger.

Par TF1 News (D'après agences) le 03 septembre 2010 à 07:27
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