Marée noire : point final

Par TF1 News (D'après agence) , le 19 septembre 2010 à 09h46 , mis à jour le 19 septembre 2010 à 09h51

Le puits de secours creusé par BP dans le golfe du Mexique a permis d'isoler définitivement le gisement à l'origine de la marée noire. Mais le chapitre judiciaire de ce qui reste, à ce jour, l'une des pires catastrophes écologiques qu'aient connue les Etats-Unis, est loin d'être achevé.

Dispositif de BP mis en place dans le golfe du Mexique pour endiguer la marée noire (16 juillet 2010)Dispositif de BP mis en place dans le golfe du Mexique pour endiguer la marée noire (16 juillet 2010) © TF1/LCI

Après avoir été au centre des préoccupations de tous les Américains pendant des semaines, c'est dans une quasi-indifférence que l'épisode de la marée noire du golfe du Mexique trouve sa conclusion ce week-end. La fuite avait déjà cessé, et les nappes de brut qui souillaient la mer et les côtes ont été dissoutes ; mais les ingénieurs de BP devaient encore s'affairer pour clore définitivement le puits endommagé et écarter à jamais tout risque de nouvelle fuite. C'est chose faite, après d'ultimes tests de résistance. Après avoir successivement posé un dôme de confinement sur la fuite, le 15 juillet dernier, puis avoir injecté de la boue et du ciment sur la tête du puits le 5 août, un puits de dérivation foré par la compagnie y a été raccordé jeudi dernier et du ciment a été injecté par le fond. Une fois terminée cette opération "Bottom Kill", le puits de secours doit encore être bouché, puis abandonné.

Plus d'infos

Le forage de ce puits de secours - et celui d'un deuxième par précaution - avait commencé presque immédiatement après l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon, suivie de son naufrage le 22 avril, BP tentant en parallèle par tous les moyens de stopper la fuite. Le colmatage définitif du puits clôt désormais un chapitre de cette vaste pollution, la pire catastrophe écologique de l'histoire des Etats-Unis, qui a vu les côtes de plusieurs Etats souillées et a touché de nombreux Américains, pêcheurs et commerçants en tête.

Bataille judiciaire en vue

Mais le volet judiciaire et financier de l'affaire est loin d'être terminé. L'enquête sur les causes de l'accident se poursuit et BP a récemment montré qu'il comptait se défendre bec et ongles, clamant à l'issue d'une enquête interne que les torts étaient partagés et pointant du doigt les autres compagnies travaillant sur la plateforme, comme Transocean ou Halliburton.

Le groupe britannique a annoncé début septembre avoir déjà dépensé 8 milliards de dollars depuis le début de la catastrophe. Il a rappelé avoir accepté de créer un fonds de 20 milliards de dollars consacré à l'indemnisation des victimes. Selon des documents judiciaires rendus publics cette semaine, l'administration américaine n'exclut pas de poursuivre BP en vertu de la loi américaine sur la propreté de l'eau, lui permettant de réclamer au moins 1100 dollars par baril, soit plus de 5 milliards de dollars.

L'affaire a aussi des conséquences pour l'ensemble du secteur, le golfe du Mexique étant le pilier de l'extraction pétrolière américaine et produisant, selon une étude, un quart du pétrole et du gaz consommés dans le pays. L'administration Obama a dévoilé mercredi une nouvelle réglementation forçant les compagnies pétrolières présentes dans la zone à boucher les puits inactifs de manière définitive et à démonter les plateformes à l'abandon. Quelque 3500 puits inactifs sont actuellement uniquement obturés par des valves de sécurité bien moins fiables que des couvercles définitifs. Depuis le début du forage dans le golfe du Mexique en 1947, 40.000 puits ont été creusés.

Par TF1 News (D'après agence) le 19 septembre 2010 à 09:46
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