© AFPPour éviter une réédition de l'échec de Copenhague, il y a un an, les 194 Etats représentés à la conférence de l'ONU sur les changements climatiques qui se tient à Cancun s'efforcent de combler les divergences entre riches et pauvres. L'absence d'accord à l'issue de ce rendez-vous mexicain affecterait la capacité des Nations unies à traiter les problèmes internationaux d'un XXIe siècle marqué par l'émergence de la Chine et de l'Inde, ont averti les ministres de l'Environnement de plusieurs Etats membres. "Je pense que ce qui est en jeu ici, c'est aussi le multilatéralisme", a confirmé Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'Action pour le climat. "Il est absolument essentiel que ce processus, le seul que nous ayons, (...) puisse faire la preuve qu'il peut donner des résultats", a-t-elle ajouté.
Cancun: un fonds vert sur le climat, mais Kyoto encore repoussé
Les 200 pays rassemblés à Cancun ont décidé samedi de repousser à 2011 les négociations sur l'avenir du protocole de Kyoto, en contrepartie de nouvelles mesures pour lutter contre le changement climatique.
Publié le 11/12/2010
Après les désillusions de Copenhague, quel espoir à Cancun ?
Le sommet de Cancun s'annonce crucial pour la crédibilité du processus de négociation sur le climat, lancé sous l'égide de l'ONU il y a 18 ans.
Publié le 29/11/2010
La conférence de Cancun, qui s'est ouverte le 29 novembre, doit s'achever vendredi. Ses ambitions sont plus modestes que celles de Copenhague, mais de profondes divergences subsistent quant à l'avenir du protocole de Kyoto, qui fixe aux seuls pays industrialisés des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre jusqu'en 2012. Japon, Canada et Russie menacent de ne pas lui donner de successeur si les pays en développement refusent de s'engager eux aussi dans la réduction des émissions. Emmenés par la Bolivie, ces derniers veulent voir au préalable les pays industrialisés adopter des objectifs plus ambitieux pour 2013.
"Une question de vie ou de mort"
"Je pense qu'un dispositif ambitieux, large et équilibré est à notre portée. Cela ne signifie pas que nous l'ayons d'ores et déjà entre les mains", a commenté Patricia Espinosa, chef de la diplomatie mexicaine. "Je pense que c'est possible. C'est encore en discussion", a renchéri le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Liu Zhenmin.
Les discussions de Cancun portent sur la création d'un fonds pour aider les pays en développement à faire face aux changements climatiques, sur les moyens à mettre en oeuvre pour protéger les forêts tropicales et sur la mise en place d'un mécanisme de partage des technologies propres. L'absence d'accord sur ce modeste ordre du jour serait un échec retentissant après celui du sommet de Copenhague, qui s'est achevé sur un accord vague et non contraignant, alors que beaucoup en attendaient un nouveau traité.
Faisant état de progrès sur plusieurs des sujets principaux, un délégué ayant requis l'anonymat a toutefois jugé que de nouveaux contentieux pouvaient encore émerger. Plusieurs délégations ont tracé un parallèle entre l'impasse de Cancun et l'impuissance de Barack Obama à faire adopter une législation sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis, qui donnerait l'impulsion nécessaire au niveau mondial. "On ne peut pas se permettre d'être les otages des retards de l'un des pays développés. Il s'agit d'une question de vie ou de mort pour Tuvalu", a souligné Enele Sosene Sopoaga, Premier ministre de l'archipel polynésien, évoquant la montée des eaux due au réchauffement.
| Un sommet qui laissera son empreinte (carbone) dans l'histoire |
20.000 tonnes de CO2. Tel devrait être le bilan carbone de 12 jours de conférence de l'ONU sur le climat à Cancun, où plus de 190 pays réfléchissent au moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Deux hôtels de luxe et un autre espace pour les ONG, des autobus qui transportent les 20.000 participants depuis et vers leurs propres hôtels, l'air conditionné, la lumière, les systèmes de communication... Tout a été calculé, a assuré mercredi le ministère mexicain de l'Environnement. "Nous allons compenser" toute l'empreinte carbone de la conférence, a promis un responsable du ministère, Manuel Herrero. 20.000 tonnes représente l'émission moyenne par an d'environ 1050 Américains ou encore 20.000 Philippins. Le gouvernement mexicain, en coopération avec l'ONG Pronatura, a annoncé qu'il débloquerait des fonds pour des communautés rurales de l'Etat de Oaxaca afin qu'elles conservent 1400 ha de forêts, efficaces puits à carbone. Mais ce bilan carbone ne prend pas en compte le transport par avion des délégués, ministres, membres d'ONG et journalistes qui sont venus de plus de 190 pays, des quatre coins de la planète. |
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