Les couches de vos bébés, future source d'énergie

Par , le 14 juin 2011 à 20h00 , mis à jour le 15 juin 2011 à 10h55

Interview - Suez Environnement a mis au point un système qui pourrait, à terme, permettre de transformer le million de tonnes de couches consommées chaque année en France par nos bambins en plastique, énergie et compost. Explications.

couche bébé nourrissonImage d'archives © DIDIER PALLAGES / AFP

TF1 News : Comment vous est venue cette idée de recycler des couches ?
Laurent Galtier, directeur du projet "Happy Nappy" (couche heureuse en anglais) chez Suez Environnement :
C'est venu d'un simple constat. Chaque bébé consomme en moyenne  6000 couches avant d'être propre, vers l'âge de deux ans. Cela représente, par an, au plan national, plus d'un million de tonnes de couches usagées qui sont jetées dans nos poubelles. C'est un volume considérable pour lequel il n'existe pas aujourd'hui de solution de recyclage. Les couches vont dans les poubelles classiques des ordures ménagères et partent dans les filières classiques d'élimination et de valorisation des déchets ménagers. D'où l'idée qui est née de voir si l'on était capable de proposer une solution spécifique pour le traitement de ces déchets.

TF1 News : Vous travaillez depuis deux ans sur la question. Etes-vous en mesure aujourd'hui de proposer une solution ?
L.G. :
IL y a deux ans, suite à ce constat, la Direction des grands projets a en effet monté un projet en partenariat avec le Centre de recherches de Suez Environnement, l'INRA de Narbonne, l'APESA et l'école d'agronomie de Toulouse. Et aujourd'hui, on a élaboré et conçu un pilote à l'échelle laboratoire qui permet de simuler un processus industriel. C'est une étape indispensable car ce pilote nous permet de produire, à partir des couches usagées, les différents sous-produits que l'on teste pour bien vérifier leur recyclabilité.

TF1 News : Concrètement, comment ça marche ?
L.G. :
Lors de leur récupération, les couches sont pliées en boule. La première étape consiste  donc à passer ces kilos de couches dans un broyeur, pour les déchiqueter et valoriser ainsi les composants qui sont à l'intérieur. Ensuite on va passer ces couches dans un système qui ressemble à un tambour de machine à laver qui va permettre d'isoler le plastique des autres composantes de la couche. Ce plastique, qui représente 15% à 20 % de la couche, peut dès lors être envoyé directement dans les filières de recyclage de plastique, ce qui est un sacré gain pour l'environnement. Le reste de la couche est composé essentiellement de matière organique : cellulose et matières fécales. Ces matières organiques sont transformées en énergie par un processus biologique qui s'appelle la méthanisation, qui permet de dégrader et convertir la matière organique en méthane et ensuite, en brûlant le méthane, on produit de l'énergie, de l'électricité. Comme quoi dans les couches il y a de l'énergie !

TF1 News : Ce projet de recyclage a-t-il des chances de voir le jour ?
L.G. :
Si tout va bien le projet doit être fini vers la fin de l'année. Pour le moment on évalue encore le potentiel agronomique, c'est-à-dire qu'une fois que l'on digère la matière organique dans le "digesteur" (ndlr : les stations d'épuration des eaux), il y a un résidu qui ne se dégrade pas. On doit encore vérifier que l'on peut l'envoyer en filière de compostage et ainsi lui permettre une valorisation agronomique. Au final, si tout fonctionne, on serait à 90% du recyclage du produit, avec une triple revalorisation  entre les plastiques,  l'énergie et  le compostage.  Les  10 % que l'on ne sait pas recycler étant les polymères superabsorbants qui, comme leur nom l'indique, absorbent l'urine dans les couches pour que le bébé reste au sec. Ultime étape pour nous, si tous les résultats sont bons : les simulations technico-économiques pour vérifier la rentabilité et la faisabilité économique d'un tel projet.

TF1 News :  Ne serait-il pas plus simple de demander aux fabricants de couches culottes  d'en changer des composants pour simplifier leur recyclage ?
L.G.
  : Ces fabricants nous ont justement contacté récemment, via l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), qui finance à 40% notre projet. Il semblerait qu'ils aient les mêmes préoccupations et nous devons nous rencontrer prochainement pour voir comment il serait possible, éventuellement, d'avoir des synergies en terme d'éco-conception.  Il y a des réflexions à mener notamment sur les polymères superabsorbants puisque l'on ne sait pas les recycler.

Par Alexandra Guillet le 14 juin 2011 à 20:00
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14 Commentaires

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  • sophie70000, le 15/06/2011 à 18h25

    Pourquoi pas ?!

  • parcy, le 15/06/2011 à 15h42

    Sinon il y a les lavables...

  • spounge_bob, le 15/06/2011 à 15h33

    Et les nombreux produits chimiques et toxiques contenus dans les couches, on va les recycler ?? ça promet ! mettez vous aux couches écolo ou mieux aux lavables (et non messieurs dames, ça ne coûte pas plus cher et ça ne pollue pas !)

  • cathyrurale, le 15/06/2011 à 14h04

    Déjà si vous lisez bien, une parti sera utilisée pour du composte....

  • cathyrurale, le 15/06/2011 à 14h02

    Faite des bébés.... :-)

  • franky37, le 15/06/2011 à 13h01

    Vous ne devez plus manger de légumes qui absorbent directement la m... qu'on met dans les jardins.

  • jghttc1, le 15/06/2011 à 11h07

    On transforme bien le lisier et le fumier agricole en méthane, alors pourquoi ne pas le tester sur les déjections ... humaines ?

  • noem6687, le 15/06/2011 à 10h55

    Moi je trouve que c'est une belle initiative. Nous produisons assez de déchets comme ça. autant vivre intelligemment.

  • aro-base, le 15/06/2011 à 10h20

    Belle initiative pour un pays dont certains de ses habitants ne trient même pas et ne savent pas ce qu'est le trie.

  • aro-base, le 15/06/2011 à 10h18

    Didounette4986 : Vous n'avez rien du tout compris. Posez-vous déjà la question de ce qu'est le recyclage et si vous recyclez vous-même.

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