A Bordeaux, l'eau a un petit goût de perchlorate d'ammonium

le 20 juillet 2011 à 17h50 , mis à jour le 20 juillet 2011 à 18h12

Un quart des sites de captage d'eau de l'agglomération bordelaise est à l'arrêt pour une durée indéterminée. En cause : la présence dans l'eau d'un produit dangereux pour la santé, le perchlorate d'ammonium. La pollution pourrait durer des années.

eau robinet © LCI

Pour continuer à distribuer une eau parfaitement saine à ses 740.000 habitants, la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) a dû mettre à l'arrêt cinq sites de captage d'eau, qui assurent 25% de ses sources d'alimentation en eau. Des taux importants de perchlorate d'ammonium, un polluant qui  peut entraîner un dysfonctionnement de la thyroïde, ont été retrouvés fin juin dans plusieurs bassins de captage d'eau du Nord de Bordeaux.

Plus d'infos

Le perchlorate d'ammonium a été rejeté par le site industriel du groupe Safran SME, ex-SNPE Matériaux énergétiques (SME), qui l'utilise notamment pour la propulsion de missiles. Et c'est d'ailleurs lors d'un contrôle effectué au moment du rachat de SME par le groupe d'aéronautique et de défense Safran, en avril dernier, que des taux anormaux de perchlorate d'ammonium ont été découverts, certains atteignant 30 microgrammes par litre. Selon Antoine Bousseau, directeur régional d'Aquitaine de la Lyonnaise des eaux, délégataire du service de l'eau pour la CUB, il faudra "des années" pour que cette pollution se résorbe naturellement.

Aucune conséquence sur les habitants pour le moment

Pompages plus importants effectués dans d'autres zones, projets de forage...Tout est fait pour que les habitants de l'agglomération ne soient pas touchés directement par cette privation.  La situation pourrait toutefois "se tendre" à la rentrée, au plus fort de la consommation d'eau. La Lyonnaise des eaux a assuré que l'arrêt des sites de captage concernés par la pollution était une simple précaution, précisant que le maximum relevé dans l'eau distribué avant l'arrêt des sources polluées a été inférieur au seuil toxicité que devrait annoncer jeudi le ministère de la Santé.

Car hasard du calendrier, c'est ce jeudi que l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (ANSES) doit fixer des normes de toxicité pour le perchlorate d'ammonium. Une première pour un pays européen. L'ANSES devrait recommander un seuil de 15 microgrammes par litre pour les adultes et de 4 microgrammes par litre pour les nourrissons de zéro à six mois. Une pollution au perchlorate d'ammonium avait déjà été relevée fin janvier dans les eaux de la Garonne à Toulouse. La société SME était déjà responsable des fuites. La préfecture de Haute-Garonne avait alors pris un arrêté de mise en demeure pour réduire les rejets dans le fleuve. La préfecture de Gironde communiquera jeudi sur le sujet et pourrait envisager des poursuites judiciaires à l'encontre de la société Safran SME "dans le cadre du pollueur-payeur", d'après Antoine Bousseau. Le groupe écologiste (EELV) à la CUB, qui avait révélé la pollution dès mardi, a demandé qu'une "expertise environnementale de la zone et des milieux naturels soient diligentée par les services de l'Etat". 
 

le 20 juillet 2011 à 17:50
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

5 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • oliboli_du_62, le 21/07/2011 à 22h54

    C'est écrit dans l'article !

  • pascalcaen, le 21/07/2011 à 10h43

    Et surtout d'où vient-il? Les responsables seront-ils un jour inquiétés?

  • robdan1, le 21/07/2011 à 10h41

    C'est comme du Bordeaux, mais nettement moins bon .

  • al38240, le 21/07/2011 à 10h20

    Et d'où vient cette pollution ??

  • look165, le 20/07/2011 à 23h40

    Et ça a quel goût, le NH4ClO4 ?

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience