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Arrêter la centrale de Fessenheim prendra cinq ans, selon l'ASN


le 15 janvier 2013 à 17h15 , mis à jour le 15 janvier 2013 à 17h29.
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Fermeture de la centrale de Fessenheim : le casse-tête des déchets nucléaire

La centrale de Fessenheim doit être démantelée en 2016. / Crédits : TF1/LCI

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EnvironnementFrançois Hollande a plusieurs fois répété vouloir fermer la doyenne des centrales nucléaires en 2016. Mais d'après l'Autorité de sûreté nucléaire, ce calendrier est trop serré pour fermer définitivement le site.

C'est deux ans de plus que l'échéance de fin 2016 souhaitée par François Hollande : la mise à l'arrêt définitif de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) nécessitera environ 5 ans, a affirmé mardi Pierre-Franck Chevet, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Contrairement à une mise à l'arrêt provisoire pour raisons de sécurité, "arrêter définitivement un réacteur nécessite des procédures lourdes, équivalentes à celles qui ont prévalu à sa création, soit environ cinq ans" avant qu'un décret puisse être pris par le gouvernement, a expliqué M. Chevet lors d'une rencontre avec la presse.

Le président de l'ASN en a informé le 4 janvier Francis Rol-Tanguy, délégué interministériel chargé de la fermeture du site voulue d'ici fin 2016 par le président de la République. Cela ne signifie pas pour autant que cette procédure administrative soit incompatible avec un arrêt de l'exploitation de la centrale fin 2016, a précisé à l'AFP Sophie Mourlon, directrice générale adjointe de l'ASN. "Un certain nombre  d'opérations peuvent être faites à l'avance, comme le retrait du combustible", selon elle. Cela revient à cesser effectivement l'exploitation du réacteur sans pour autant qu'il soit déjà administrativement considéré comme à l'arrêt définitif.

Strictement encadrée par la loi, la procédure de mise à l'arrêt définitif et de démantèlement "peut sembler relativement lourde mais elle est justifiée car l'installation change alors de nature et surtout de risques", a-t-elle expliqué. Cela nécessite de nouvelles dispositions pour prévenir ces risques, en particulier l'exposition des travailleurs aux rayonnements, prévoir la gestion des déchets, etc. "C'est important que ce soit bien fait mais ça ne veut pas dire qu'une centrale nucléaire ne peut pas être arrêtée", comme elles le sont d'ailleurs fréquemment pour des rechargements en combustibles ou des contrôles, rappelle Mme Mourlon.

Le démantèlement du site durera au moins 20 ans

Au total, les opérations de démantèlement de la doyenne des centrales françaises pourraient prendre entre 20 et 25 ans, avait estimé en octobre dernier le prédécesseur de M. Chevet, André-Claude Lacoste. L'ASN a autorisé la prolongation jusqu'à 40 ans de "la durée de vie" des réacteurs de 900 mégawatts équipant la centrale et d'autres sites français, sous réserve que l'exploitant EDF effectue un certain nombre de travaux pour renforcer le niveau de sécurité, a rappelé M. Chevet.

L'autorité indépendante, qui avait passé en revue le parc nucléaire français à la lumière de la catastrophe de Fukushima, a notamment prescrit pour la centrale alsacienne l'installation d'un "système d'appoint ultime d'eau en cas de problème, ce qui a été mis en œuvre fin 2012" comme prévu, a-t-il précisé. L'ASN demande également le renforcement du radier, le socle de béton sur lequel repose la cuve du réacteur numéro un, avant le 30 juin 2013. "Nous avons dit que le plan de travaux" soumis par EDF "était acceptable, reste à s'assurer que ces travaux seront effectivement réalisés, ce qui fera l'objet d'une prochaine inspection" à Fessenheim, a ajouté le président de l'ASN. L'ASN prendra position, au premier semestre 2013, sur l'aptitude à la poursuite de l'exploitation du réacteur n°2 de la centrale, dont la troisième visite décennale s'est terminée en mars 2012. Il est probable qu'elle demande à EDF d'y effectuer des travaux de renforcement similaires à celui du réacteur n°1.

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