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"Sauvons la Bourse, et pas les ours", la manif qui joue la provoc'

Edité par
le 06 avril 2012 à 10h56 , mis à jour le 06 avril 2012 à 15h23.
Temps de lecture
4min
Manifestation O-Vert-Dose à la Défense le 05/04/2012

Manifestation O-Vert-Dose à la Défense le 05/04/2012 / Crédits : S.. / TF1 News

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EnvironnementREPORTAGE - O-vert-dose, une association engagée pour le développement durable et l'écologie organisait jeudi à Paris, Lyon et Marseille une (petite) manifestation faussement anti-écolo. A la manière du collectif "Sauvons les riches", leurs messages jouent sur l'ironie... mais du coup, ne sont pas clairs pour tous.

18h30. Rendez-vous est donné sur le parvis de la Défense. Quelques jeunes sont déjà là. Le rendez-vous ? Il se fait avec les jeunes d'O-vert-dose. Inconnue pour vous ? C'est une association d'étudiants qui milite pour le développement durable et l'écologie. Comme tant d'autres...
Pas si sûr. Cette association fait partie du Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable (REFEDD). Un réseau créé en 2007 dans les grandes écoles et universités, car la sensibilisation à ce niveau d'études n'existait pas. Mais qu'est-ce qu'elle a de si particulier cette association ?
Alors que les étudiants arrivent au compte-goutte, les pancartes qu'ils brandiront dans quelques minutes sont au sol. On peut par exemple y lire "Polluer plus pour gagner plus", ou encore "Sauvons la bourse et pas les ours". On comprend alors petit à petit le second degré que ces jeunes ont voulu doner à leur manifestation. Et aussi beaucoup d'humour. Parce que, comme l'explique Stéphane, responsable Ile-de-France du REFEDD, "c'est dur de bouger les jeunes, même s'ils sont sensibles au problème de l'écologie".

 

Un message dans l'air du temps...
 
A un petit peu plus de deux semaines de la présidentielle, ces étudiants veulent remettre l'enjeu du développement durable au cœur des débats. Défi de taille, et ils en sont conscients. Mais ils ont fait les choses dans les règles. A part se mobiliser plusieurs fois dans l'année pour des projets ponctuels et concrets, ils ont envoyé à tous les candidats à la présidentielle une lettre pour leur montrer que, "on ne croirait pas comme ça, mais si, les jeunes sont sensibles à l'avenir de la planète". Et de les interpeller, "Et vous, que seriez-vous prêt à faire ?" Ils ont beau être sensibles à l'écologie, cela ne les fait pas voter vert pour autant. Ils s'en défendent, et expliquent qu'ils se rassemblent car c'est leur point commun. De gauche ou de droite, le développement durable est un sujet qui leur tient à coeur.
Une fois rassemblé, le cortège d'une cinquantaine d'étudiants se met en marche, mais pas sans un petit discours pour les motiver. A chaque cycliste qui passe près d'eux, ils hurlent. Et entonnent des slogans plus anti-écolo les uns que les autres. Enfin, ils se mettent en route. Au mégaphone, une jeune fille hyper motivée qui fait répéter à ses compagnons de manif des phrases choc pour susciter des réactions. "La fourrure, pourvu que ça dure !" La marche se fait dans la bonne humeur mais s'essouffle à plusieurs reprises. C'est que les jeunes, ils faut les stimuler sans arrêt...

 

... mais qui peine à passer
 
... Et les passants aussi. Après quelques mètres parcourus, les personnes qui croisent leur passage sourient, rigolent. Mais peu s'arrêtent. Est-ce parce qu'ils sont pressés de rentrer chez eux ? Ou bien, parce qu'ils ont tout de suite compris le second degré ? Rien n'est moins sûr.
Un homme d'une quarantaine d'années s'arrête, les regarde, éberlué. "Il faut être fou". "C'est contraire au bon sens. L'écologie, c'est l'avenir de notre planète". Une fois le concept expliqué, l'homme nous dit qu'il ne peut être qu'avec eux, mais reste un peu choqué par la méthode.
Le groupe continue d'avancer. Encadré par quelques policiers, il se dirige doucement mais sûrement vers les sièges d'Areva et Total. Les manifestants veulent leur montrer que les grandes entreprises qui génèrent de l'emploi et de la richesse en France, peuvent travailler en respectant le développement durable. Certains en restent bouche bée. Entre le rire et l'incompréhension, les passants s'arrêtent. Leur message a donc du mal à passer au premier abord. Il faut un certain temps pour que l'ironie fasse son chemin. Un rassemblement qui amuse beaucoup cette employée d'Areva. "Bien obligée" d'être sensible au développement durable, elle n'en revient pas et se met à les prendre en photos. Parce que legroupe s'est arrêté devant le siège d'Areva, à genou sur le bitume et vénère le dieu de la non-écologie à chaque slogan de son leader. "Fukushima, c'est pas si grave que ça !" Et une courbette. "Les pandas ? Bon débarras !" Une autre révérence.
Après s'être courbés plusieurs fois, les étudiants repartent, direction le point de ralliement. Sur le chemin du retour, un groupe de jeunes gens se fige à la vue de leurs slogans. Ils commencent à s'indigner : "C'est quoi cette attitude ?" "C'est égoïste ! Et vos enfants ?" Le message a, encore une fois, du mal à passer. Comme quoi, même si les slogans interpellent, font sourire voire rire, le vrai message lui, en est presque occulté. On ne retient pas forcément la suite.

Commenter cet article

  • acide19 : Savoureux..surtout lorsqu'on sait ce que sont les "ours" en langage boursier..Effectivement,alors, les sauver, n'a pas d'intérêt..

    Le 07/04/2012 à 16h09
  • bigraptor : Joli moi de "mai" ou de "mais"...qui peine à passer.

    Le 06/04/2012 à 13h59
  • ark : Excellent !

    Le 06/04/2012 à 13h46
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