En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Conférence sur l'environnement : Bové se réjouit, Parisot préoccupée


le 14 septembre 2012 à 14h54 , mis à jour le 14 septembre 2012 à 22h13.
Temps de lecture
5min
Nicolas Hulot, José Bové et Laurent Parisot

Nicolas Hulot, José Bové et Laurent Parisot / Crédits : AFP / montage TF1 NEWS

A lire aussi
EnvironnementJosé Bové, Nicolas Hulot ou encore Laurence Parisot ont réagi aux premières annonces de François Hollande, vendredi lors de la conférence sur l'environnement.

François Hollande a déminé le terrain vendredi sur l'épineuse question du nucléaire et du gaz de schiste en annonçant la fermeture de la centrale de Fessenheim pour 2016 et le rejet de sept permis d'exploration de gaz de schiste (Lire notre article : les propositions de François Hollande). Voici les principales réactions à ses annonces. 

Sur Fessenheim

"Cela va dans le bon sens, c'est un pas en avant mais il est beaucoup trop petit", a commenté André Hatz, de l'association Stop Fessenheim, alors qu'"on  estime à plus de 130 millions d'euros les travaux exigés par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour mettre la centrale aux normes à l'échéance de juin  2013". "On ne va pas faire de l'acharnement thérapeutique, cela ne sert plus à  rien", a-t-il affirmé. S'il (le chef de l'Etat) avait dit fin 2013, on aurait compris, mais fin  2016 c'est incompréhensible", a estimé M. Hatz, redoutant que M. Hollande "se rétracte une fois qu'EDF dira : avec tout l'argent injecté, on ne va quand même pas fermer cette centrale".
 
Jean-Marc Rettig, membre du Comité pour la sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin (CSFR), a rappelé que la doyenne des centrales françaises  était construite dans une zone sismique et qu'un accident "peut arriver chaque jour". "Il faut une fermeture le plus tôt possible, dès 2012 plutôt que fin 2016,  et dans de bonnes conditions", a-t-il ajouté. (Lire notre article : quelles sont les urgences ?)
 
Le sénateur du Haut-Rhin Jean-Marie Bockel (Gauche moderne) et le maire de Mulhouse Jean Rottner (UMP) ont pour leur part dénoncé "le caractère politique et emblématique" de l'annonce présidentielle. Celle-ci est un "gage donné aux Verts" qui ne repose "sur aucun élément rationnel concernant la sécurité et la qualité de la centrale", estiment les deux responsables. Cette fermeture "conduira à une augmentation du prix de l'électricité" et à "une dégradation de la balance commerciale de la France", disent-ils.

Même son de cloche pour Sébastien Huyghe, secrétaire national de l'UMP, qui a accusé le président de la République de "vouloir mettre à bas cet atout" du nucléaire. "Le nucléaire, c'est 400 000 emplois, c'est la garantie d'une électricité moins chère pour les entreprises et les ménages (...), a déclaré le député du Nord dans un communiqué. Pourquoi vouloir mettre à bas cet atout ? Pourquoi pénaliser à nouveau le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité des entreprises ? (...) François Hollande nous avait habitué à faire des discours sans poser d'actes, il nous habitue maintenant à poser des actes sans en mesurer les conséquences".
  
Sur le gaz de schiste

L'eurodéputé José Bové EELV (Europe-Ecologie-les- Verts) José Bové s'est réjoui que le président de la  République ait "sans ambiguïté fermé la porte au gaz de schiste". "C'est une décision très positive, ça met fin à une cacophonie suite aux déclarations des industriels, ça met un point final" aux explorations, a-t-il souligné en marge de la conférence. José Bové a dit cependant qu'il resterait "très vigilant" face à la  possibilité que cette technique soit utilisée pour "d'autres types d'hydrocarbures". Il s'est dit en outre "globalement satisfait" de la teneur du discours,  relevant que sur la transition énergétique "on a avancé", avec notamment des  engagements sur la rénovation thermique des logements, qualifiée par François Hollande d'une des "grandes priorités" de son quinquennat. "C'est au moins aussi important que les énergies renouvelables, parce que l'énergie qui pollue le moins, c'est celle qu'on n'utilise pas", a noté José Bové.

Le député EELV Noël Mamère s'est montré plus sévère. Pour lui, "pas grand-chose ne bouge dans le ciel de l'écologie", se disant "sceptique" sur la détermination du gouvernement à lancer la transition énergétique. Il a notamment reproché au ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg de penser "qu'on pourra les exploiter (les gaz de schiste) le jour ou la facture sera moins dangereuse pour l'environnement".

Les déclarations de François Hollande ont été très mal perçues par la présidente du Medef, Laurence Parisot. "Le président a semblé fermer complètement la porte, pas simplement à  l'exploitation es gaz de schiste mais au débat sur le sujet", a déclaré Laurence Parisot. "Cela me semble contraire à l'esprit de débat et contraire à l'idée  de progrès", a ajouté la présidente du Medef. "S'il y a une innovation, une rupture technologique, on ne peut pas se tenir prêt", a-t-elle interrogé. 

Le député UMP des Alpes-Maritimes et  ancien ministre de l'Industrie Christian Estrosi réclame une commission d'enquête parlementaire sur l'exploitation du gaz de schiste, se si la France peut se passer de ce "tournant industriel". "Nous sommes actuellement le seul pays du monde à interdire l'exploitation  de ces hydrocarbures de schiste obtenus grâce à la méthode de la fracturation hydraulique. Si je comprends et adhère au principe de précaution, je souhaite que nous puissions étudier les conséquences, les avantages et les inconvénients de l'exploitation de ces hydrocarbures au regard des nouveaux  éléments scientifiques, techniques et environnementaux dont nous disposons",  écrit M. Estrosi.
 
Sur le financement en général
La présidente du Medef Laurence Parisot s'est dite préoccupée après le discours de François Hollande. "Le président a mis de côté, ou en tous les cas s'est très peu exprimé, sur le modèle économique qui peut aller avec les objectifs qu'il a fixés. Nous partageons les objectifs généraux que le président a exprimés", a  affirmé Laurence Parisot, mais "il n'y a pas pour le moment de réflexion suffisamment construite et avancée du président de point de vue du modèle économique qui nous permettrait d'atteindre cette ambition".


  
Nicolas Hulot souhaite lui attendre la fin de cette conférence, même s'il demande au gouvernement des éclaircissement sur les mesures proposées, notamment sur le nucléaire:

 

La réaction de Corinne Lepage, présidente du mouvement écologiste Cap 21 et ancienne ministre de l'environnement :

Commenter cet article

  • tiznit-pn : Je trouve ce président pas à la hauteur, mais sur ce sujet c'est la meilleur décision qu'il fallait prendre, ne pas détruire la nature pour le profit, dommage qu'il ne l'ai prise que pour des raisons politiques, et, pas par conviction, mais il n'y a que le résultat qui compte, donc merci de cette bonne décision.

    Le 14/09/2012 à 15h50
      Nous suivre :
      Dark Vador en campagne pour les élections législatives ukrainienne

      Dark Vador en campagne pour les élections législatives ukrainienne

      logAudience